Il fait gris, je suis triste et je n’ai décidé de ne sortir de chez moi que demain pour aller voter.
Aussi, ai-je décidé de regarder un film pareil à ma personne : un sujet triste traité avec humour.
Adam (Joseph Gordon-Levitt, le héros cool de «500 jours ensemble») a 27 ans, un boulot de cool à la radio, un pote méga drôle : Kyle (Seth Rogen que je marierais bien) et une copine rousse.
Son seul problème est celui de bien de mes admirateurs : n’avoir point fait l’amour depuis vingt et un jours.
Jusqu’à ce que son médecin lui en ajoute un encore plus sérieux : il est atteint d’un cancer de la colonne vertébrale.
Sa réaction immédiate :
«Je ne bois pas, je ne fume pas, je recycle.»
Alors Adam googelise à mort et apprend qu’il a 50% de chances de survie, d’où le titre de ce film que j’ai aimé et qui m’a fait comprendre que si l’on pouvait rire du cancer, on pouvait aussi rire du résultat des élections présidentielles de demain, quel qu’il soit.
Sa copine, démunie face à la nouvelle, lui offre un chien monstrueux qu’il appelle Skeletor et son ami Kyle tente de le rassurer en lui citant plein de stars qui ont survécu au cancer, dont le mec de Dexter.
Lors de sa première chimiothérapie, il copine avec de vieux cancéreux qui lui offrent des macarons à l’herbe en lui annonçant qu’après avoir perdu ses cheveux, c’est sa b*** qui rétrécira :
«Plus un cancer a de syllabes, plus il est grave.»
Mais Adam décide d’en rire, surtout quand il demande à Kyle de lui tondre le crâne avec son «rasoir à burnes» et que ce dernier à la vue du spectacle lui dit :
«On dirait Worf de Star Trek»
Kyle est un malin, il se sert du cancer d’Adam pour draguer et lors d’un vernissage, il aperçoit Rachel sortant avec un hippie de merde.
Adam quitte Rachel.
Heureusement, sa thérapeute est jeune.
Le divan le mènera t-il au lit?
Afin que vous voyiez ce film, je ne vous donnerai pas la réponse ni ne vous dirai si Adam va guérir, juste cet indice : Kyle, à la fin du film dit à Adam :
«On dirait Quatto dans Total Recall».
Louez ce DVD.
J’ai ri pendant ce film parce que Kyle est drôle, Adam rigolo et que l’amitié entre ces deux là est plus métastasée que le plus grand des cancers.
Mais j’ai pleuré aussi car je me suis sentie Rachel un peu :
Il y a quelques années quand j’étais 100/100 égoïste, j’ai connu un garçon qui a appris son cancer en même temps que son amour pour moi.
Mais au lieu de l’aider et de faire la mâle, je me suis fait la malle.
Je le regrette.
Petit garçon que j’ai aimé, je te dédie ces mots. (Ne te moque pas, ne pense pas à cette chanson : "A toutes les filles que j'ai aimées avant")
En DVD depuis le 24 avril 2012
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samedi 5 mai 2012
mercredi 18 avril 2012
17 filles
C'est plus pour la frime
Que pour le frisson
Qu'un soir de déprime
Un gentil couillon
A eu le grand bonheur
De gagner l'pompon,
De cueillir sa fleur
Avant la saison.
«Elle a vu le loup», Renaud.
Etre un bébé ou en avoir?
Telle est la question.
Lorient, petite ville au bord de l’océan : Camille (Louise Grinberg), à l’issue d’une visite médicale au lycée confie à l’infirmière (la toujours excellemment juste Noémie Lvosky) : «Je crois que je suis enceinte.»
Camille marche au bord de l’amer, puis à travers champs. Camille n’a même pas 17 ans.
Puis elle retrouve ses copines sur la plage :
«De toutes manières, vous pouvez pas comprendre ce que je ressens.»
Puis elle rentre chez elle, cuisine pour sa mère (Florence Thomassin) qui rentre après le dîner puis repart.
Camille n’a pas de maman, alors elle en deviendra une.
«Ce sera comme si j’avais deux vies : une au bahut et une avec le bébé, une vie à 200%. Et puis j’aurai quelqu’un qui m’aimera toute la vie, sans condition.»
Et si le changement, c’était maintenant?
Tout le lycée est vite au courant de la grossesse de Camille puis sa mère, contrariée.
«-Je croyais que tu ne voulais pas d’une petite vie de merde!
-Au moins, moi je lui parlerai pas comme ça à mon enfant. Et puis je l’aimerai.»
17 filles, c’est l’histoire d’une fille qui décide d’être mère parce que la sienne ne l’a jamais été.
Mais Camille refuse de vivre cette expérience seule et c’est au Mac do qu’elle propose à ses copines d’être toutes enceintes avec elles :
«On sera libres, heureuses, responsables et on restera toujours ensemble.»
Qu’importe si ces jeunes filles sont mues par l’innocence de la jeunesse ou d’un mal de mai 68, c’est l’amour qui les guide. Et jamais la réalisatrice Muriel Coulin ne les jugera.
Elles décident de tomber enceintes en même temps lors d’une soirée.
Puis peu à peu, quinze filles tombent enceintes et un groupe se forme.
Les professeurs se réunissent : «Et si c’était politique?»
«Non messieurs, ni poly-triques d’ailleurs», aurais-je répondu, professeur chiante, drôle et associale que je suis.
Elles s’installent dans un mobile home désaffecté, s’y retrouvent pour fumer des joints tout en parlant prénoms d’enfants.
L’affaire intéresse les médias, des réunions de parents s’organisent. Tout le monde veut comprendre sans se soucier que comprendre, ça veut dire prendre avec. C’était ma seconde chiante france culture, pardonnez-moi.
Après son accouchement, Camille disparaît, ses copines retournent au lycée et élèvent chacune leur enfant séparément.
Ensemble, c’est tout mais ensemble c’est quand même bien reulou.
«On ne peut rien contre une fille qui rêve» est la dernière phrase du film".
Sans contrefaçon, je suis un garçon.
En DVD depuis le 18 avril 2012
Que pour le frisson
Qu'un soir de déprime
Un gentil couillon
A eu le grand bonheur
De gagner l'pompon,
De cueillir sa fleur
Avant la saison.
«Elle a vu le loup», Renaud.
Etre un bébé ou en avoir?
Telle est la question.
Lorient, petite ville au bord de l’océan : Camille (Louise Grinberg), à l’issue d’une visite médicale au lycée confie à l’infirmière (la toujours excellemment juste Noémie Lvosky) : «Je crois que je suis enceinte.»
Camille marche au bord de l’amer, puis à travers champs. Camille n’a même pas 17 ans.
Puis elle retrouve ses copines sur la plage :
«De toutes manières, vous pouvez pas comprendre ce que je ressens.»
Puis elle rentre chez elle, cuisine pour sa mère (Florence Thomassin) qui rentre après le dîner puis repart.
Camille n’a pas de maman, alors elle en deviendra une.
«Ce sera comme si j’avais deux vies : une au bahut et une avec le bébé, une vie à 200%. Et puis j’aurai quelqu’un qui m’aimera toute la vie, sans condition.»
Et si le changement, c’était maintenant?
Tout le lycée est vite au courant de la grossesse de Camille puis sa mère, contrariée.
«-Je croyais que tu ne voulais pas d’une petite vie de merde!
-Au moins, moi je lui parlerai pas comme ça à mon enfant. Et puis je l’aimerai.»
17 filles, c’est l’histoire d’une fille qui décide d’être mère parce que la sienne ne l’a jamais été.
Mais Camille refuse de vivre cette expérience seule et c’est au Mac do qu’elle propose à ses copines d’être toutes enceintes avec elles :
«On sera libres, heureuses, responsables et on restera toujours ensemble.»
Qu’importe si ces jeunes filles sont mues par l’innocence de la jeunesse ou d’un mal de mai 68, c’est l’amour qui les guide. Et jamais la réalisatrice Muriel Coulin ne les jugera.
Elles décident de tomber enceintes en même temps lors d’une soirée.
Puis peu à peu, quinze filles tombent enceintes et un groupe se forme.
Les professeurs se réunissent : «Et si c’était politique?»
«Non messieurs, ni poly-triques d’ailleurs», aurais-je répondu, professeur chiante, drôle et associale que je suis.
Elles s’installent dans un mobile home désaffecté, s’y retrouvent pour fumer des joints tout en parlant prénoms d’enfants.
L’affaire intéresse les médias, des réunions de parents s’organisent. Tout le monde veut comprendre sans se soucier que comprendre, ça veut dire prendre avec. C’était ma seconde chiante france culture, pardonnez-moi.
Après son accouchement, Camille disparaît, ses copines retournent au lycée et élèvent chacune leur enfant séparément.
Ensemble, c’est tout mais ensemble c’est quand même bien reulou.
«On ne peut rien contre une fille qui rêve» est la dernière phrase du film".
Sans contrefaçon, je suis un garçon.
En DVD depuis le 18 avril 2012
lundi 16 avril 2012
Sleeping beauty
Je ne suis pas allée voir Sleeping beauty, de Julia Leigh dés sa sortie ciné car ce film me semblait trop blanc, trop lent, trop chiant : comme la vie avant le printemps.
Mais aujourd’hui, alors que je disais à une amie que la vie était une pute, je me suis dit, pourquoi pas ne pas voir un film de pute, pourquoi ne pas regarder la vie?
Ainsi ai-je vu sleeping beauty.
Lucy (Emily Browning) est rousse, pâle, frêle, étudiante et jolie.
Elle se fait faire des lavements dans la gorge pour gagner de l’argent, se fait tirer par un inconnu rencontré dans un bar après avoir tiré à pile ou face puis rentre chez elle et se fait engueuler par son colocataire qui lui demande de payer le loyer et de laver les joints de la salle de bain.
Puis elle fait des photocopies dans une grande entreprise, va chez son amant Birdmann (Ewen Leslie) qu’elle vouvoie en lui servant des céréales à la vodka.
Lucy n’est pas dans la chanson des Beatles et elle veut changer ça.
Ainsi accepte-t-elle une étrange mission professionnelle.
Lors de l’entretien, son employeuse lui dit :
«-Votre vagin ne sera pas pénétré : votre vagin est un temple.»
Lucy devient Sara, se fait pédicurer, manucurer, épiler le maillot à la cire et souffrir le martyr et lorsqu’elle rencontre ses collègues pour la première fois, l’une d’entre elles lui suggère de choisir le rouge à lèvres qui sera le plus assorti à ses grandes lèvres.
Demain, j’irai chez Séphora, j’y montrerai mon abricot et j’exigerai de la vendeuse qu’elle me trouve une teinture de rouge à lèvres à son niveau.
Sa première mission Mâlepower consiste à servir à boire en sous-vêtements à des mecs vieux et chics lors d’un dîner en ville : la routine.
Ses sous-vêtements sont blancs alors que toutes ses collègues en portent des noirs. Parce que vous comprenez, Sara, c’est la pureté.
Cette soirée semble sympathique : une ambiance Eyes Wide Shut/Histoires d’O/Apolonide sponsorisée par Paris Première.
Ou une impression de regarder Arte sans être défoncé.
Lucy continue à faire des photocopies, à voir Birdmann qu’elle semble aimer et à accepter de plus en plus de missions.
Voilà en quoi consiste son boulot : Elle se rend dans la maison de son employeuse Clara qui l’endort, la met dans un lit et des mecs vieux (des vieux mecs parfois aussi) ont le droit de l’utiliser à la condition de ne point la pénétrer ni lui laisser de trace.
Elle se réveille alors chaque matin comme si de rien n’était.
Ses clients sont tellement vieux qu'en toute situation elle demeure leur belle aux bois dormant.
Métro, boulot, lexo : Tel est son nouveau crédo.
Lucy se trouve un bel appart, se fait virer avec joie du photocopiage, perd Birdmann qu’elle aimait et continue de se faire endormir pour subsister et que de vieux messieurs vivent leur vit.
Elle a raison Lucy : ne vivant point de rêve éveillé, autant vivre ses cauchemars endormie.
«La peur de la mort est un grand canular», dit-elle.
La fureur du vit aussi.
Sleeping beauty n’est pas un film de pute, c’est un putain de film.
En DVD depuis le 20 mars 2012
Mais aujourd’hui, alors que je disais à une amie que la vie était une pute, je me suis dit, pourquoi pas ne pas voir un film de pute, pourquoi ne pas regarder la vie?
Ainsi ai-je vu sleeping beauty.
Lucy (Emily Browning) est rousse, pâle, frêle, étudiante et jolie.
Elle se fait faire des lavements dans la gorge pour gagner de l’argent, se fait tirer par un inconnu rencontré dans un bar après avoir tiré à pile ou face puis rentre chez elle et se fait engueuler par son colocataire qui lui demande de payer le loyer et de laver les joints de la salle de bain.
Puis elle fait des photocopies dans une grande entreprise, va chez son amant Birdmann (Ewen Leslie) qu’elle vouvoie en lui servant des céréales à la vodka.
Lucy n’est pas dans la chanson des Beatles et elle veut changer ça.
Ainsi accepte-t-elle une étrange mission professionnelle.
Lors de l’entretien, son employeuse lui dit :
«-Votre vagin ne sera pas pénétré : votre vagin est un temple.»
Lucy devient Sara, se fait pédicurer, manucurer, épiler le maillot à la cire et souffrir le martyr et lorsqu’elle rencontre ses collègues pour la première fois, l’une d’entre elles lui suggère de choisir le rouge à lèvres qui sera le plus assorti à ses grandes lèvres.
Demain, j’irai chez Séphora, j’y montrerai mon abricot et j’exigerai de la vendeuse qu’elle me trouve une teinture de rouge à lèvres à son niveau.
Sa première mission Mâlepower consiste à servir à boire en sous-vêtements à des mecs vieux et chics lors d’un dîner en ville : la routine.
Ses sous-vêtements sont blancs alors que toutes ses collègues en portent des noirs. Parce que vous comprenez, Sara, c’est la pureté.
Cette soirée semble sympathique : une ambiance Eyes Wide Shut/Histoires d’O/Apolonide sponsorisée par Paris Première.
Ou une impression de regarder Arte sans être défoncé.
Lucy continue à faire des photocopies, à voir Birdmann qu’elle semble aimer et à accepter de plus en plus de missions.
Voilà en quoi consiste son boulot : Elle se rend dans la maison de son employeuse Clara qui l’endort, la met dans un lit et des mecs vieux (des vieux mecs parfois aussi) ont le droit de l’utiliser à la condition de ne point la pénétrer ni lui laisser de trace.
Elle se réveille alors chaque matin comme si de rien n’était.
Ses clients sont tellement vieux qu'en toute situation elle demeure leur belle aux bois dormant.
Métro, boulot, lexo : Tel est son nouveau crédo.
Lucy se trouve un bel appart, se fait virer avec joie du photocopiage, perd Birdmann qu’elle aimait et continue de se faire endormir pour subsister et que de vieux messieurs vivent leur vit.
Elle a raison Lucy : ne vivant point de rêve éveillé, autant vivre ses cauchemars endormie.
«La peur de la mort est un grand canular», dit-elle.
La fureur du vit aussi.
Sleeping beauty n’est pas un film de pute, c’est un putain de film.
En DVD depuis le 20 mars 2012
lundi 19 mars 2012
Pauline à la plage
Ce matin, j’étais au salon du livre, j’y ai entendu plein de gens qui parlaient comme dans un livre et ça m’a vite donné envie de rentrer pour revoir un film de Rohmer.
Pauline à la plage fait partie du cycle des comédies et proverbes et montre pour la première fois à l’écran les seins d’Arielle Dombasle qui eux, sont des plus sérieux.
«Qui trop parole, il se mesfait.»
Marion (Arielle Dombasle) passe ses vacances en Bretagne avec sa jeune cousine Pauline (Amanda Langlet) à la recherche de l’amour.
A la plage, elles croisent le beau Pierre (Pascal Greggory), professeur de planche à voile, vieil ami et amoureux transit qui lui présente Henry (Féodor Atkine), un libidineux qui ne se contente pas d’être chauve mais se vante en plus d’être ethnologue en Océanie.
Marion, Pauline, Pierre et Henry exposent dans ce film érotico-éducatif chacun leur vision de l’amour.
Marion, c’est moi : grande, blonde, athlétique, ultra agaçante avec son accent de bourgeoise décadente.
Une enfant qui subit son sublime corps de femme alors qu’elle s’en croit responsable.
Elle s’apprête à divorcer d’avec un homme qui ne la faisait pas brûler mais refroidir.
Comme moi, elle confond amour et passion et préfère vivre quelques moments d’exaltation avec un gros dégueulasse plutôt que de vivre des années durant avec le confort d’un Jean-Jacques qui lui lèguerait sa vie.
«L’amour, c’est quand sous la surface on saisit d’un coup d’oeil toute la profondeur d’un être.»
Tous les hommes pour qui j’ai brûlé m’ont consumée au premier regard. Fragilisée et quelque peu choquée par ces violentes rencontres, je n’ai jamais pu les aimer avec sérénité, opposant ainsi amour et quiétude : Marion se targue d’avoir toujours eu «la fascination du danger»
L’amour a toujours été pour moi le contraire du confort, ainsi suis-je à la rue aujourd’hui.
«Je ne cherche pas quelqu’un qui me ressemble mais qui me complète.» confie t-elle à Pierre :
Ici réside notre différence :
Je suis tellement parfaite que je n’ai pas besoin de complément.
Pauline, 15 ans, c’est la maman que je n’ai jamais eue : Elle a tout compris : que les vieux sont hypocrites, qu’ils tombent amoureux des personnes qui leur font du mal.
Du haut de son mètre quarante sept, elle sait qu’elle ne tombera pas amoureuse de quelqu’un qu’elle ne connaît pas, que l’amour est dans le temps.
Pierre, comme Marion, est un enfant. Il est amoureux fou de cette dernière qui n’a d’yeux que pour Henry et même si elle le repousse, il continuera de l’aimer. Pierre pense que l’amour vient à l’usure. Il est jaloux, maladroit : Blond.
Henry, c’est le vieux papa, avide de conquêtes pour vider sa quéquette.
Pour lui, «L’amour est un rêve.»
Cette philosophie légitime son comportement de lâche, tendance pervers narcissique avec Marion, on ne peut pas lui en vouloir car s’étant jetée sur lui, elle n’a pas su de lui se faire désirer. Il n’a donc pas pu rêver donc l’aimer.
Pierre aime Marion qui aime Henry qui n’aime personne.
Moi j’aime Rohmer qui aime Pierre, Marion, Henry et moi qui ne suis personne.
Pauline à la plage (1982)
REALISATEUR:Eric Rohmer
ACTEURS:Amanda Langlet, Arielle Dombasle, Pascal Greggory
GENRE:Romance, Comédie dramatique
EDITEUR:Les films de ma vie
DATE DE SORTIE:03 février 2009
Pauline à la plage fait partie du cycle des comédies et proverbes et montre pour la première fois à l’écran les seins d’Arielle Dombasle qui eux, sont des plus sérieux.
«Qui trop parole, il se mesfait.»
Marion (Arielle Dombasle) passe ses vacances en Bretagne avec sa jeune cousine Pauline (Amanda Langlet) à la recherche de l’amour.
A la plage, elles croisent le beau Pierre (Pascal Greggory), professeur de planche à voile, vieil ami et amoureux transit qui lui présente Henry (Féodor Atkine), un libidineux qui ne se contente pas d’être chauve mais se vante en plus d’être ethnologue en Océanie.
Marion, Pauline, Pierre et Henry exposent dans ce film érotico-éducatif chacun leur vision de l’amour.
Marion, c’est moi : grande, blonde, athlétique, ultra agaçante avec son accent de bourgeoise décadente.
Une enfant qui subit son sublime corps de femme alors qu’elle s’en croit responsable.
Elle s’apprête à divorcer d’avec un homme qui ne la faisait pas brûler mais refroidir.
Comme moi, elle confond amour et passion et préfère vivre quelques moments d’exaltation avec un gros dégueulasse plutôt que de vivre des années durant avec le confort d’un Jean-Jacques qui lui lèguerait sa vie.
«L’amour, c’est quand sous la surface on saisit d’un coup d’oeil toute la profondeur d’un être.»
Tous les hommes pour qui j’ai brûlé m’ont consumée au premier regard. Fragilisée et quelque peu choquée par ces violentes rencontres, je n’ai jamais pu les aimer avec sérénité, opposant ainsi amour et quiétude : Marion se targue d’avoir toujours eu «la fascination du danger»
L’amour a toujours été pour moi le contraire du confort, ainsi suis-je à la rue aujourd’hui.
«Je ne cherche pas quelqu’un qui me ressemble mais qui me complète.» confie t-elle à Pierre :
Ici réside notre différence :
Je suis tellement parfaite que je n’ai pas besoin de complément.
Pauline, 15 ans, c’est la maman que je n’ai jamais eue : Elle a tout compris : que les vieux sont hypocrites, qu’ils tombent amoureux des personnes qui leur font du mal.
Du haut de son mètre quarante sept, elle sait qu’elle ne tombera pas amoureuse de quelqu’un qu’elle ne connaît pas, que l’amour est dans le temps.
Pierre, comme Marion, est un enfant. Il est amoureux fou de cette dernière qui n’a d’yeux que pour Henry et même si elle le repousse, il continuera de l’aimer. Pierre pense que l’amour vient à l’usure. Il est jaloux, maladroit : Blond.
Henry, c’est le vieux papa, avide de conquêtes pour vider sa quéquette.
Pour lui, «L’amour est un rêve.»
Cette philosophie légitime son comportement de lâche, tendance pervers narcissique avec Marion, on ne peut pas lui en vouloir car s’étant jetée sur lui, elle n’a pas su de lui se faire désirer. Il n’a donc pas pu rêver donc l’aimer.
Pierre aime Marion qui aime Henry qui n’aime personne.
Moi j’aime Rohmer qui aime Pierre, Marion, Henry et moi qui ne suis personne.
Pauline à la plage (1982)
REALISATEUR:Eric Rohmer
ACTEURS:Amanda Langlet, Arielle Dombasle, Pascal Greggory
GENRE:Romance, Comédie dramatique
EDITEUR:Les films de ma vie
DATE DE SORTIE:03 février 2009
lundi 12 mars 2012
Lunes de fiel
L’amour physique est sans issue.
Gainsbourg
J’ai vu La boum 14 fois et Lunes de fiel, 16 fois.
Le premier parce que j’aurais voulu être Vic ado et le 2ème parce qu’après l’adolescence, c’est Mimi (Emmanuelle Seigner dans lunes de fiel) que je suis devenue.
La première fois que j’ai regardé Lunes de fiel, c’est sous le conseil de mon premier amoureux qui, fort de me considérer comme un auteur dramatique, me considérait surtout comme une amoureuse dramatique : je le dominais outrageusement et le punissais quand il oubliait de penser à moi plus de soixante fois par seconde.
A la fin, c’est lui qui m’a punie en se débarrassant de moi.
Il m’a laissée seule avec ce DVD de Polanski, que chaque année, je regarde en pensant à lui.
Lunes de fiel est l’adaptation d’un essai du même nom de Pascal Bruckner et traite des dérives de la passion, pas de l’amour que je n’ai jamais connu par peur de tuer avec lui mes 85 % de créativité, non, de la passion qui fait si mâle qu’on en ressort plus Homme.
Oscar (Peter Coyotte) est un écrivain américain qui s’exile à Paris pour trouver l’inspiration et l’inspiratrice. Il rencontre Mimi (Emmanuelle Seigner) dans un bus et est tout de suite attiré par son innocence, son charme enfantin, sa pureté mêlés à son immense sensualité, son animalité et surtout par le fait qu’elle me ressemble mais Polanski, si pudique, ne nous le laisse deviner qu’à demi maux.
Il l’invite à manger des croissants au petit matin puis ils s’aiment pendant des jours, des mois, ils se mangent le corps tout le temps.
Puis la lassitude d’Oscar s’installe, il perd l’inspiration, le désir et outre leur corps, c’est leur coeur et leur âme qu’ils se dévorent. Mais Mimi s’accroche à Oscar, acceptant de lui toute humiliation plutôt que l'expiation.
Jusqu’à la rupture. Puis l’accident.
Quelques années plus tard, Mimi revient pour se venger de l’avoir tant aimé.
Pendant que je te voulais m’aimer, toi tu me voyais mémé, semble t-elle avoir ruminé.
Des années passent et le couple perdure, dans la douleur, la vengeance, le sado-masochisme.
Mimi semble avoir repris le dessus, mais sur l’amour qu’elle voue à Oscar, rien n'est moins sûr.
C’est sur un bateau de croisière pour la nouvelle année que se déroule le coeur de l’intrigue.
Un bateau sur lequel Mimi et Oscar, en fin de liaison, font la connaissance d’un jeune couple : Nigel (Hugh Grant, épatant de lâcheté) et Fiona (Kristin Scott Thomas).
Nigel est tout de suite infiniment attiré par Mimi et Oscar, s’en rendant compte, propose à ce dernier de lui raconter toute son histoire avec elle en lui promettant qu’à la fin, elle lui sera offerte...
Malgré ses longueurs, ses clichés, l’absence de message catholique que ce film délivre, le jeu parfois caricatural d’Emmanuelle Seigner, j’ai adoré ce film parce que toutes mes copines vont se marier et la lune de miel, je trouve ça d'un cliché.
Lunes de fiel (1992)
Acteurs : Emmanuelle Seigner, Peter Coyote, Hugh Grant, Kristin Scott Thomas, Victor Banerjee
Réalisateur : Roman Polanski
Studio : StudioCanal
Date de sortie du DVD : 9 janvier 2006
Gainsbourg
J’ai vu La boum 14 fois et Lunes de fiel, 16 fois.
Le premier parce que j’aurais voulu être Vic ado et le 2ème parce qu’après l’adolescence, c’est Mimi (Emmanuelle Seigner dans lunes de fiel) que je suis devenue.
La première fois que j’ai regardé Lunes de fiel, c’est sous le conseil de mon premier amoureux qui, fort de me considérer comme un auteur dramatique, me considérait surtout comme une amoureuse dramatique : je le dominais outrageusement et le punissais quand il oubliait de penser à moi plus de soixante fois par seconde.
A la fin, c’est lui qui m’a punie en se débarrassant de moi.
Il m’a laissée seule avec ce DVD de Polanski, que chaque année, je regarde en pensant à lui.
Lunes de fiel est l’adaptation d’un essai du même nom de Pascal Bruckner et traite des dérives de la passion, pas de l’amour que je n’ai jamais connu par peur de tuer avec lui mes 85 % de créativité, non, de la passion qui fait si mâle qu’on en ressort plus Homme.
Oscar (Peter Coyotte) est un écrivain américain qui s’exile à Paris pour trouver l’inspiration et l’inspiratrice. Il rencontre Mimi (Emmanuelle Seigner) dans un bus et est tout de suite attiré par son innocence, son charme enfantin, sa pureté mêlés à son immense sensualité, son animalité et surtout par le fait qu’elle me ressemble mais Polanski, si pudique, ne nous le laisse deviner qu’à demi maux.
Il l’invite à manger des croissants au petit matin puis ils s’aiment pendant des jours, des mois, ils se mangent le corps tout le temps.
Puis la lassitude d’Oscar s’installe, il perd l’inspiration, le désir et outre leur corps, c’est leur coeur et leur âme qu’ils se dévorent. Mais Mimi s’accroche à Oscar, acceptant de lui toute humiliation plutôt que l'expiation.
Jusqu’à la rupture. Puis l’accident.
Quelques années plus tard, Mimi revient pour se venger de l’avoir tant aimé.
Pendant que je te voulais m’aimer, toi tu me voyais mémé, semble t-elle avoir ruminé.
Des années passent et le couple perdure, dans la douleur, la vengeance, le sado-masochisme.
Mimi semble avoir repris le dessus, mais sur l’amour qu’elle voue à Oscar, rien n'est moins sûr.
C’est sur un bateau de croisière pour la nouvelle année que se déroule le coeur de l’intrigue.
Un bateau sur lequel Mimi et Oscar, en fin de liaison, font la connaissance d’un jeune couple : Nigel (Hugh Grant, épatant de lâcheté) et Fiona (Kristin Scott Thomas).
Nigel est tout de suite infiniment attiré par Mimi et Oscar, s’en rendant compte, propose à ce dernier de lui raconter toute son histoire avec elle en lui promettant qu’à la fin, elle lui sera offerte...
Malgré ses longueurs, ses clichés, l’absence de message catholique que ce film délivre, le jeu parfois caricatural d’Emmanuelle Seigner, j’ai adoré ce film parce que toutes mes copines vont se marier et la lune de miel, je trouve ça d'un cliché.
Lunes de fiel (1992)
Acteurs : Emmanuelle Seigner, Peter Coyote, Hugh Grant, Kristin Scott Thomas, Victor Banerjee
Réalisateur : Roman Polanski
Studio : StudioCanal
Date de sortie du DVD : 9 janvier 2006
vendredi 2 mars 2012
Le skylab
Je n’aime pas Julie Delpy même si ses films m’ont toujours été agréables.
Je n’aime pas Julie Delpy parce qu’elle a une tête de végétarienne, alter-mondialiste, une tête à manger du tofu, vêtue d’un sarouel sur le canal saint-Martin.
J’ai donc attendu d’être bien malade pour voir Le skylab.
Ca se passe en 1979 (cette information est la plus fondamentale de tout mon article puisqu’en 1979, je naquis) en Bretagne et plein de gens se réunissent dans une grande maison pour l’anniversaire d’une vioque. Le scénario français de base. A l’image de Nos jours heureux que j’avais bien aimé.
Donc Anna (Julie Delpy) joue son propre rôle de bobo (bohème-bouffie) et elle y excelle : elle est artiste de rue, bassine sa fille de 11 ans avec des films intellos allemands, est féministe et trotskiste et aime Barbara. Je valide ce dernier point.
Son mari, c’est Jean (Eric Elmosino) : un mélange de Carlos en maigre, d’Antoine et de Philippe Gelluck. Il est sympa mais artiste de rue.
C’est un vieux bobo dégueulasse mais il connaît Les anarchistes, de Léo Ferré, ça rattrape.
Autour d’eux plein de caricatures attachantes dont Monique(Noémie Lvosky), la femme aux gros seins qui chante du Dalida, Tante Linette (Aure Atika) en chignon, pas du tout crédible.
Les autres adultes importent peu tant les enfants leur volent la vedette. Albertine est la fille de Marie et Jean, elle est grassouillette et tombe amoureuse d’un beau gosse de 13 ans, elle sait déjà qu’il existe de catégories de journaux : Le monde et d’autre part «Les conneries de droite».
Normal, quand les belles vivent, les moches, elles, savent.
En bien sûr, il y a Christian (Vincent Lacoste) : A 17 ans, il se plaint d’être encore assis à la table des enfants, il fume et boit en cachette, emballe des filles du village qu’il appelle les pupuces (pucelles), il danse, il est beau, drôle et heureusement que j’ai vu ce film après JC comme Jésus Christ car je le re-aime Vincent Lacoste.
Et même si je suis carnivore et capitaliste, j'ai aimé le skylab.
En DVD depuis le 8 février 2012
Je n’aime pas Julie Delpy parce qu’elle a une tête de végétarienne, alter-mondialiste, une tête à manger du tofu, vêtue d’un sarouel sur le canal saint-Martin.
J’ai donc attendu d’être bien malade pour voir Le skylab.
Ca se passe en 1979 (cette information est la plus fondamentale de tout mon article puisqu’en 1979, je naquis) en Bretagne et plein de gens se réunissent dans une grande maison pour l’anniversaire d’une vioque. Le scénario français de base. A l’image de Nos jours heureux que j’avais bien aimé.
Donc Anna (Julie Delpy) joue son propre rôle de bobo (bohème-bouffie) et elle y excelle : elle est artiste de rue, bassine sa fille de 11 ans avec des films intellos allemands, est féministe et trotskiste et aime Barbara. Je valide ce dernier point.
Son mari, c’est Jean (Eric Elmosino) : un mélange de Carlos en maigre, d’Antoine et de Philippe Gelluck. Il est sympa mais artiste de rue.
C’est un vieux bobo dégueulasse mais il connaît Les anarchistes, de Léo Ferré, ça rattrape.
Autour d’eux plein de caricatures attachantes dont Monique(Noémie Lvosky), la femme aux gros seins qui chante du Dalida, Tante Linette (Aure Atika) en chignon, pas du tout crédible.
Les autres adultes importent peu tant les enfants leur volent la vedette. Albertine est la fille de Marie et Jean, elle est grassouillette et tombe amoureuse d’un beau gosse de 13 ans, elle sait déjà qu’il existe de catégories de journaux : Le monde et d’autre part «Les conneries de droite».
Normal, quand les belles vivent, les moches, elles, savent.
En bien sûr, il y a Christian (Vincent Lacoste) : A 17 ans, il se plaint d’être encore assis à la table des enfants, il fume et boit en cachette, emballe des filles du village qu’il appelle les pupuces (pucelles), il danse, il est beau, drôle et heureusement que j’ai vu ce film après JC comme Jésus Christ car je le re-aime Vincent Lacoste.
Et même si je suis carnivore et capitaliste, j'ai aimé le skylab.
En DVD depuis le 8 février 2012
mercredi 29 février 2012
La collectionneuse
«La laideur, c’est une insulte pour les autres.» Eric Rohmer
Prétentieuse, romantique, esthète et littéraire, je suis une fan d’Eric Rohmer. On me dit souvent que j’ai un accent précieux ou que je parle comme dans un livre. Ou comme dans un film de Rohmer. A chaque fois qu’on me dit ça, je tombe encore un peu plus amoureuse de moi.
Pour ma première critique rohmerienne, j’ai choisi un titre accrocheur car prometteur sur Twitter: La collectionneuse.
La collectionneuse s’inscrit dans les délicieux contes moraux de Rohmer, c’en est le quatrième volet.
Les contes moraux, c’est comme les fables de La Fontaine mais avec des hommes, c’est également plus long, plus beau et érotique.
Sinon, pour le commun des mortels aka les gueux, c’est chiant, long, bavard et prétentieux.
Comme moi.
Adrien (Patrick Bauchau), grand dandy méché, passe ses vacances dans une grande maison du sud de la France en quête du néant. Mais ce projet est troublé par celui avec qui il cohabite : Daniel (Daniel Pommereule), sorte de Phlippe Katerine philosophe et surtout : Haydée (Haydée Politoff), nymphette offrant à bien des hommes, ses délicieuses gambettes.
La scène d’ouverture, de deux minutes environ nous montre Haydée marchant au bord de la mer. On y voit sa nuque beaucoup, ses genoux, ses hanches.
On sait dés lors qu’Haydée sera l’objet du film, le lumineux objet de désir.
Haydée est très jeune, en quête de bonheur. Ainsi, elle couche avec beaucoup d’hommes pour y parvenir. En vain. Adrien, quant à lui est en quête de repos, il cherche à ne rien faire si ce n’est lire et se baigner. En vain. Haydée et Adrien se tournent autour et plus Haydée se rapproche d’autres hommes qu’Adrien (dont Daniel), plus Adrien est titillé.
Malgré son titre pseudo érotique, La collectionneuse n’est pas un film sur la quéquette mais sur la conquête. Et comme dans beaucoup de films de Rohmer, il pose des questions sur l’infidélité : Un désir? Un besoin? Ou commence t-elle? Existe t-elle? A t-on besoin de faire l’amour pour être infidèle? N’est-elle après tout pas plus qu’un concept comme l’amour, le nihilisme et le bonheur?
C’est aussi un film sur la liberté-Attention, je vais me la péter-
Haydée est une incarnation de la Grâce qui vient troubler le nihilisme philosophique d’Adrien (en gros, le fait qu’il soit méga reulou à se prendre autant la tête) : il est immédiatement troublé, tombe malgré lui amoureux d’elle, mais au dernier moment, pêche par quête de pouvoir (C’était du bluff sa quête nihiliste, trop beau pour être nihiliste) et renonce à son bénéfice pour retrouver une illusoire liberté.
Sa liberté n’est en effet pas la liberté volontaire infinie de Descartes : l’infinité divine elle-même —En effet, si Adrien tombe sous les charmes enfantins d’Haydée, c’est parce qu’il en a pris l’intime décision en refusant de rejoindre sa régulière à Londres, il est conditionné par son refus d’aimer celle qui l’aime, par sa soif d’absolu et d’aventure et tout à la fois par la morale qui le condamnera une fois cette soif repue.
C'est monstrueux comme je me la suis pétée.
Disponible en DVD
Editeur : Opening
Zone : 2
Date de sortie : 22/09/2006
Bonus: Court métrage : UNE ÉTUDIANTE D’AUJOURD’HUI (1966)
lundi 13 février 2012
Un heureux évènement
Victime de la morve,
Tel est son nom de code.
Une de mes dernières disputes avec l’une de mes dernières conquêtes roulait autour du thème du chiard :
«J 'ai toujours voulu un enfant. Jusqu'à toi. J'espère que l'envie reviendra."
Je pensais qu'Un heureux événement allait trancher à ma place alors lâchement, j'ai regardé ce film.
Pio Marmaï est le parfait sosie d'un de mes ex, un marin.
Donc forcément, dans ce film, je me suis vue avant. Et il incarne le héros de ce film : Nicolas, l'amoureux de Louise Bourgoin : Barbara.
Ils sont beaux, il travaille dans un vidéo club, elle étudie la philosophie alors ils s'aiment.
Ils sont naïfs alors ils font un enfant.
Ils veulent un 3 pièces alors il se fait embaucher dans une boite de connards où ses horaires de connard l'éloignent de sa femme. Qui pète les plombs.
Le réalisateur Rémi Bezançon a du adorer l'hilarant "En cloque, mode d'emploi" de Judd Apatow mon héros. (Regardez ce film, je l'ai adoré et si vous adorez les films que j'aime, peut être qu'un jour vous ne serez plus des étrangers et qu'avec vous tous, j'aurai un bébé).
En effet, la scène de sexe où Nicolas n'ose pas faire l'amour à Barbara pendant la grossesse pour ne pas abîmer le bébé avec son sexe est la pâle copie d'une des scènes de la comédie américaine dont Rémi Bezançon s'inspire timidement. S'il nous dit le contraire, c'est qu'il bluffe Rémi.
En France hélas, la comédie pure est quasiment ovnie, parce que tu comprends, nous les Français on a des vrais problèmes de fond, on réfléchit vachement au réchauffement climatique et à la TVA, à la saucisse et à la poésie de nos statuts facebook.
En France,tu comprends, on est des intellos alors on fait des comédies dramatiques.
Qu'est-ce que je suis française.
L'originalité du film tient dans le fait qu'on y voit abordés les problèmes de couple après la naissance du bébé, les disputes incessantes, la solitude de la mère victime d'une dictature hormonale.
Et l'originalité de ma personne, c'est que tous ces problèmes je les vis avant le bébé, c'est chouette : j'y suis préparée.
Ainsi, je n'ai pas trouvé la réponse dans ce film, celle de se coltiner ou non, des mois durant, un nain morveux qui jamais ne la ferme sauf quand il dort et qu'endormi, on aime alors à la folie.
Hier soir, quand je déclarais ne pas vouloir d'enfant, j'avais raison. Aujourd'hui, j'en veux et j'ai toujours raison.
Et si c'était mieux demain?
En DVD depuis le 1er février 2012. J'ai aimé alors louez-le.
Et pour les retardataires et/ou les couples qui veulent éviter d'avoir à se parler le soir de la Saint-Valentin :
En cloque, mode d'emploi (Knocked Up)
2007
de Judd Apatow
avec Seth Rogen, Katherine Heigl
Tel est son nom de code.
Une de mes dernières disputes avec l’une de mes dernières conquêtes roulait autour du thème du chiard :
«J 'ai toujours voulu un enfant. Jusqu'à toi. J'espère que l'envie reviendra."
Je pensais qu'Un heureux événement allait trancher à ma place alors lâchement, j'ai regardé ce film.
Pio Marmaï est le parfait sosie d'un de mes ex, un marin.
Donc forcément, dans ce film, je me suis vue avant. Et il incarne le héros de ce film : Nicolas, l'amoureux de Louise Bourgoin : Barbara.
Ils sont beaux, il travaille dans un vidéo club, elle étudie la philosophie alors ils s'aiment.
Ils sont naïfs alors ils font un enfant.
Ils veulent un 3 pièces alors il se fait embaucher dans une boite de connards où ses horaires de connard l'éloignent de sa femme. Qui pète les plombs.
Le réalisateur Rémi Bezançon a du adorer l'hilarant "En cloque, mode d'emploi" de Judd Apatow mon héros. (Regardez ce film, je l'ai adoré et si vous adorez les films que j'aime, peut être qu'un jour vous ne serez plus des étrangers et qu'avec vous tous, j'aurai un bébé).
En effet, la scène de sexe où Nicolas n'ose pas faire l'amour à Barbara pendant la grossesse pour ne pas abîmer le bébé avec son sexe est la pâle copie d'une des scènes de la comédie américaine dont Rémi Bezançon s'inspire timidement. S'il nous dit le contraire, c'est qu'il bluffe Rémi.
En France hélas, la comédie pure est quasiment ovnie, parce que tu comprends, nous les Français on a des vrais problèmes de fond, on réfléchit vachement au réchauffement climatique et à la TVA, à la saucisse et à la poésie de nos statuts facebook.
En France,tu comprends, on est des intellos alors on fait des comédies dramatiques.
Qu'est-ce que je suis française.
L'originalité du film tient dans le fait qu'on y voit abordés les problèmes de couple après la naissance du bébé, les disputes incessantes, la solitude de la mère victime d'une dictature hormonale.
Et l'originalité de ma personne, c'est que tous ces problèmes je les vis avant le bébé, c'est chouette : j'y suis préparée.
Ainsi, je n'ai pas trouvé la réponse dans ce film, celle de se coltiner ou non, des mois durant, un nain morveux qui jamais ne la ferme sauf quand il dort et qu'endormi, on aime alors à la folie.
Hier soir, quand je déclarais ne pas vouloir d'enfant, j'avais raison. Aujourd'hui, j'en veux et j'ai toujours raison.
Et si c'était mieux demain?
En DVD depuis le 1er février 2012. J'ai aimé alors louez-le.
Et pour les retardataires et/ou les couples qui veulent éviter d'avoir à se parler le soir de la Saint-Valentin :
En cloque, mode d'emploi (Knocked Up)
2007
de Judd Apatow
avec Seth Rogen, Katherine Heigl
lundi 6 février 2012
We need to talk about Kevin
Eva (Tida Swinton) est un mélange entre Carrie (Sissy Spaseck), Wendy Torrance (Shelley Duvall dans Shnining de Kubrick) et le démon qu’on ne voit jamais dans Rosemary’s baby puisque c’est un démon.
Sauf qu'Eva est une femme ordinaire, qu'on pourrait croiser à la Poste ou dans un roman de Houellebecq.
Une mère improvisée, contrainte pour les yeux noirs de sa progéniture, de mettre de côté sa vie professionelle, sexuelle, amoureuse et sociale.
Comme toutes les mères.
Sauf que la progéniture est du genre malin (revoyez le sens de ce mot) et que cinéma indépendant anglais oblige, la réalisatrice Lynne Ramsay prend le parti de montrer, non pas une femme béate d'admiration devant un micro être plein de vomi-caca mais tellement chou mais une femme effondrée par l’arrivée de son fils, impuissante devant lui, incapable du moindre geste affectif, à la limite permanente de le la dépression nerveuse.
Donc Eva est mariée avec le toujours nounours John C.Reilly et une nuit sous acides-c’est du moins ce que suggère les couleurs rouges et floues de la nuit d’»amour»-c’est Kevin (Ezra Miller qui a réveillé la cougar en moi) qu’ils conçoivent.
Kevin grandit, on dirait un amérindien, un mini clone de Keanu Reeves et d’Edward Furlong.
Il est rebelle Kevin : il fait caca dans sa couche jusqu’à cinq ans, pleure plus fort qu’un marteau piqueur, désobéit à sa maman et fait mine d’adorer son papa pour rendre sa maman marteau.
Et plus Kevin se montre teigneux, plus la mère s’en éloigne et se mue en robot.
Quand machinalement Eva dit à son fils qu’elle l’aime, il répond «Na, na, na».
Il est surdoué Kévin, il n’est pas de «ces enfants qui croient vraiment ce que disent les grands". Il n'a pas écouté les chansons de Patrick Bruel Kevin.
Patrick Bruel mis à part, Eva en bave tant avec Kevin qu’elle fait un autre enfant, comme pour annuler le premier.
C’est une fille, elle est blonde, donc elle est gentille.
Et Kevin devient de plus en plus teigneux, jusqu’au drame.
Un drame tel que Kevin passera bientôt dans "Faites entrer l'accusé". Veinard.
We need to talk about Kevin est un film sur la légitimité d’être exaspéré(e) par l’arrivée d’un enfant mais aussi sur l’amour inconditionnel que ce dernier porte néanmoins à sa mère.
Lynne Ramsay ne juge pas, ne pointe pas Eva comme l’origine du mal.
J’ai regardé ce film avec une personne qui me disait tout le temps :
"-Normal que Kevin soit comme ça, sa mère ne l’aime pas.»
Et moi de répondre :
"-Non, c’est pas vrai, regarde comme elle jubile quand il se sert dans ses bras un soir dans son lit quand elle lui raconte une histoire : ellle attend des signes, c’est tout».
Tu sais ma mère, c’est une Eva et pourtant, je ne passerai jamais dans «Faites entrer l’accusé», faut dire que je n’ai pas besoin d’elle, j’ai tant d’amis sur facebook et tant de lecteurs sur mon blog."
Il n'est pas de criminel dans ce film, ni même de mauvaise mère.
Juste une femme et son fils qui, sans dire mot, se hurlent à s'en casser la voix le sempiternel «Aime-moi».
Disponible en DVD depuis le 1er février 2012
Sauf qu'Eva est une femme ordinaire, qu'on pourrait croiser à la Poste ou dans un roman de Houellebecq.
Une mère improvisée, contrainte pour les yeux noirs de sa progéniture, de mettre de côté sa vie professionelle, sexuelle, amoureuse et sociale.
Comme toutes les mères.
Sauf que la progéniture est du genre malin (revoyez le sens de ce mot) et que cinéma indépendant anglais oblige, la réalisatrice Lynne Ramsay prend le parti de montrer, non pas une femme béate d'admiration devant un micro être plein de vomi-caca mais tellement chou mais une femme effondrée par l’arrivée de son fils, impuissante devant lui, incapable du moindre geste affectif, à la limite permanente de le la dépression nerveuse.
Donc Eva est mariée avec le toujours nounours John C.Reilly et une nuit sous acides-c’est du moins ce que suggère les couleurs rouges et floues de la nuit d’»amour»-c’est Kevin (Ezra Miller qui a réveillé la cougar en moi) qu’ils conçoivent.
Kevin grandit, on dirait un amérindien, un mini clone de Keanu Reeves et d’Edward Furlong.
Il est rebelle Kevin : il fait caca dans sa couche jusqu’à cinq ans, pleure plus fort qu’un marteau piqueur, désobéit à sa maman et fait mine d’adorer son papa pour rendre sa maman marteau.
Et plus Kevin se montre teigneux, plus la mère s’en éloigne et se mue en robot.
Quand machinalement Eva dit à son fils qu’elle l’aime, il répond «Na, na, na».
Il est surdoué Kévin, il n’est pas de «ces enfants qui croient vraiment ce que disent les grands". Il n'a pas écouté les chansons de Patrick Bruel Kevin.
Patrick Bruel mis à part, Eva en bave tant avec Kevin qu’elle fait un autre enfant, comme pour annuler le premier.
C’est une fille, elle est blonde, donc elle est gentille.
Et Kevin devient de plus en plus teigneux, jusqu’au drame.
Un drame tel que Kevin passera bientôt dans "Faites entrer l'accusé". Veinard.
We need to talk about Kevin est un film sur la légitimité d’être exaspéré(e) par l’arrivée d’un enfant mais aussi sur l’amour inconditionnel que ce dernier porte néanmoins à sa mère.
Lynne Ramsay ne juge pas, ne pointe pas Eva comme l’origine du mal.
J’ai regardé ce film avec une personne qui me disait tout le temps :
"-Normal que Kevin soit comme ça, sa mère ne l’aime pas.»
Et moi de répondre :
"-Non, c’est pas vrai, regarde comme elle jubile quand il se sert dans ses bras un soir dans son lit quand elle lui raconte une histoire : ellle attend des signes, c’est tout».
Tu sais ma mère, c’est une Eva et pourtant, je ne passerai jamais dans «Faites entrer l’accusé», faut dire que je n’ai pas besoin d’elle, j’ai tant d’amis sur facebook et tant de lecteurs sur mon blog."
Il n'est pas de criminel dans ce film, ni même de mauvaise mère.
Juste une femme et son fils qui, sans dire mot, se hurlent à s'en casser la voix le sempiternel «Aime-moi».
Disponible en DVD depuis le 1er février 2012
samedi 4 février 2012
Un été brûlant
J'en ai confirmation, c'est Francis Ford Coppola qui donna à Monica Belluci son meilleur rôle dans Dracula : parce qu'il lui avait demandé de la fermer.
Dans un été brûlant, cette dernière ressemblant dorénavant à Monique, vieux travelo dégueulasse, enchaîne les pleurs, les cris et les moues.
On dirait Isabelle Adjani dans la journée de la jute avec ses cheveux en rideau sur le visage pour cacher une tête-boule de billard.
Ou Penelope Cruz dans Vicky Cristina Barcelona gonflée à l'hélium et aux épisodes de sous Hélène et les garçons.
Quant à Louis Garrel autrefois icône de mes jours et feu de mes nuits n'est plus dans ce film que cause toujours, tu m ennuies.
Un été brûlant, c'est Sous le Soleil version film érotique sur RTL9 : mêmes costumes, même maquillage, même musique d'André Rieu.
Un sous sous-Woody Allen (Vicky Christina Barcelona) avec ce quatuor amoureux.
Et pourtant Garrel père et fils, c'était ma famille cinématographique.
Je vais me rabattre sur une autre famille : Coppola père et fille.
Non, je déconne.
En DVD depuis le 1er février 2012
Dans un été brûlant, cette dernière ressemblant dorénavant à Monique, vieux travelo dégueulasse, enchaîne les pleurs, les cris et les moues.
On dirait Isabelle Adjani dans la journée de la jute avec ses cheveux en rideau sur le visage pour cacher une tête-boule de billard.
Ou Penelope Cruz dans Vicky Cristina Barcelona gonflée à l'hélium et aux épisodes de sous Hélène et les garçons.
Quant à Louis Garrel autrefois icône de mes jours et feu de mes nuits n'est plus dans ce film que cause toujours, tu m ennuies.
Un été brûlant, c'est Sous le Soleil version film érotique sur RTL9 : mêmes costumes, même maquillage, même musique d'André Rieu.
Un sous sous-Woody Allen (Vicky Christina Barcelona) avec ce quatuor amoureux.
Et pourtant Garrel père et fils, c'était ma famille cinématographique.
Je vais me rabattre sur une autre famille : Coppola père et fille.
Non, je déconne.
En DVD depuis le 1er février 2012
lundi 30 janvier 2012
L'Apollonide
Madame rêve d'apesanteur
Des heures des heures
De voltige à plusieurs.
Alain Bashung
Je n'ai pas vu l'Appolonide lors de sa sortie cinéma car je craignais qu'il fût, fort de son réalisme branché, un film Assommoir.
Mais Zola a aussi écrit Nana et ce film en est sa version féministe et sensuelle.
Pas un film sur les serviettes hygiéniques, oh non.
J'ai aussi retrouvé Maupassant et mes années lycée à travers la partie de campagne des filles, leur seule sortie, leur pique-nique.
Voilà, j'ai placé mes références Inrocks.
L'Apolonide n'est pas une ode aux filles joie : c'est un film sur le Monstre = celui qu'on montre du doigt.
Ils sont beaux mes seins? Elles sont belles mes fesses? Il est défiguré mon visage? Il me demandera en mariage un jour, tu crois?
C'est un film sur le désir de l'autre.
L'Autre, ceux sont les clients aux désirs qui font mâle :
-taillader une fille,
-demander à une autre d'arrêter de poser des questions et de parler japonais, même pour de faux,
-demander à une autre d'être une poupée.
"Ça pue le sperme et le Champagne ici."
Et non ce n'est pas une phrase volée à Thierry Ardisson lors de sa découverte des Chandelles mais une phrase de putain. Car ""Putain est un métier de putain."
Ça pue aussi les dettes, les maladies, le renoncement, la perte au Je.
Et pourtant l'Apolonide, qui remportera le César de la meilleure photographie parce que je ne me trompe jamais, est magnifique.
On s'y cache, on y danse avec des loups, on y fait l'amour à plusieurs sur fond de concerto numéro 23 en A majeur de Mozart et on se rend compte que cette musique n'est pas la création originale de la pub Air France.
Plus le propos est douloureux et plus le film est beau.
Comme moi.
En DVD depuis le 8 février 2012
Des heures des heures
De voltige à plusieurs.
Alain Bashung
Je n'ai pas vu l'Appolonide lors de sa sortie cinéma car je craignais qu'il fût, fort de son réalisme branché, un film Assommoir.
Mais Zola a aussi écrit Nana et ce film en est sa version féministe et sensuelle.
Pas un film sur les serviettes hygiéniques, oh non.
J'ai aussi retrouvé Maupassant et mes années lycée à travers la partie de campagne des filles, leur seule sortie, leur pique-nique.
Voilà, j'ai placé mes références Inrocks.
L'Apolonide n'est pas une ode aux filles joie : c'est un film sur le Monstre = celui qu'on montre du doigt.
Ils sont beaux mes seins? Elles sont belles mes fesses? Il est défiguré mon visage? Il me demandera en mariage un jour, tu crois?
C'est un film sur le désir de l'autre.
L'Autre, ceux sont les clients aux désirs qui font mâle :
-taillader une fille,
-demander à une autre d'arrêter de poser des questions et de parler japonais, même pour de faux,
-demander à une autre d'être une poupée.
"Ça pue le sperme et le Champagne ici."
Et non ce n'est pas une phrase volée à Thierry Ardisson lors de sa découverte des Chandelles mais une phrase de putain. Car ""Putain est un métier de putain."
Ça pue aussi les dettes, les maladies, le renoncement, la perte au Je.
Et pourtant l'Apolonide, qui remportera le César de la meilleure photographie parce que je ne me trompe jamais, est magnifique.
On s'y cache, on y danse avec des loups, on y fait l'amour à plusieurs sur fond de concerto numéro 23 en A majeur de Mozart et on se rend compte que cette musique n'est pas la création originale de la pub Air France.
Plus le propos est douloureux et plus le film est beau.
Comme moi.
En DVD depuis le 8 février 2012
samedi 28 janvier 2012
J'aime regarder les filles
Comme j’ai Pierre Niney dans mes amis facebook et que je vais l’inciter à lire cet article, je me dois de parfaitement critiquer le film qui l’a révélé au grand public :
«J’aime regarder les filles».
Car homme qui me lit à moitié dans mon lit.
Comme Pierre Niney, le scénario est mignon et fleure bon le film socialo-communiste :
A la veille de l’élection de Mitterrand de 1981, Primo (Pierre Niney) le prolo tombe amoureux de la riche Gabrielle (Lou de Laâge qui semble avoir mis des prothèses PIP dans la bouche mais en fait non).
Afin de lui plaire, il s’invente un pedigree, une vie.
Son meilleur ami le rasta ne comprend pas qu’il se travestisse pour plaire à une «pétasse de BCBG» et l’impossibilité de son amour avec Gabrielle rend sa fougue d’autant plus forte.
Mais Gabrielle est riche et comme le propos est socialo-communiste, cette dernière ne s’intéresse qu’à elle, à son apparence, ses copains méchés passant leurs étés à Ramatuelle et de Primo n’est qu’attirée que par la différence. Et Bourdieu en filigrane vient nous souffler qu’il y a impossibilité de mixité sociale et qu’on est condamné. Primo se fourvoie dans le mensonge et son âme le rattrape.
Vous trouvez pas qu’on dirait du Zola? Et bien, pas que.
Marcel Achard est aussi dans la place, Pierre Niney faisant preuve d’une légèreté telle qu’on dirait Jean de la lune, sorte de marionnette romantique flottant au dessus de la vie.
Il y a un peu d’amour dans ce film,de poésie pas mal et d'amitié beaucoup (la scène de la bouteille de vin sur les toits de Paris entre Malik (le rasta, meilleur et seul ami de Primo : Ali Marhyar, convaincant) est plus forte que n’importe scène d’amour.
La morale est absurdo-mignonne, Pierre Niney aura le Césoir du meilleur espoir.
Et surtout, Bourdieu perd à la fin.
EN DVD depuis le 3 janvier 2012
«J’aime regarder les filles».
Car homme qui me lit à moitié dans mon lit.
Comme Pierre Niney, le scénario est mignon et fleure bon le film socialo-communiste :
A la veille de l’élection de Mitterrand de 1981, Primo (Pierre Niney) le prolo tombe amoureux de la riche Gabrielle (Lou de Laâge qui semble avoir mis des prothèses PIP dans la bouche mais en fait non).
Afin de lui plaire, il s’invente un pedigree, une vie.
Son meilleur ami le rasta ne comprend pas qu’il se travestisse pour plaire à une «pétasse de BCBG» et l’impossibilité de son amour avec Gabrielle rend sa fougue d’autant plus forte.
Mais Gabrielle est riche et comme le propos est socialo-communiste, cette dernière ne s’intéresse qu’à elle, à son apparence, ses copains méchés passant leurs étés à Ramatuelle et de Primo n’est qu’attirée que par la différence. Et Bourdieu en filigrane vient nous souffler qu’il y a impossibilité de mixité sociale et qu’on est condamné. Primo se fourvoie dans le mensonge et son âme le rattrape.
Vous trouvez pas qu’on dirait du Zola? Et bien, pas que.
Marcel Achard est aussi dans la place, Pierre Niney faisant preuve d’une légèreté telle qu’on dirait Jean de la lune, sorte de marionnette romantique flottant au dessus de la vie.
Il y a un peu d’amour dans ce film,de poésie pas mal et d'amitié beaucoup (la scène de la bouteille de vin sur les toits de Paris entre Malik (le rasta, meilleur et seul ami de Primo : Ali Marhyar, convaincant) est plus forte que n’importe scène d’amour.
La morale est absurdo-mignonne, Pierre Niney aura le Césoir du meilleur espoir.
Et surtout, Bourdieu perd à la fin.
EN DVD depuis le 3 janvier 2012
jeudi 26 janvier 2012
Melancholia
Le monde s’écroule mais le monde, c’est quoi? Juste une grosse boule qui roule sous nos pas.
Julien Baer
Justine (Kirsten Dunst) épouse Michael dans le somptueux manoir de pété de tunes et pragmatique John (Kiefer Sutherland), époux de sa soeur, la triste Claire (triste? Charlotte Gainsbourg, sans blague.)
Au fil des festivités que lui organise la très rationelle Claire, Justine sombre dans une profonde mélancolie et elle confie à sa mère (Charlotte Rampling en pleine caricature d’elle même) qu’elle a peur, ce à quoi, évidemment, la mère répond «Fuck off».
Normal les gars, Lars Von Trier, c’est trop un ouf.
Puis les scandales éclatent parce que Lars Von trier est trop un provocateur de la mort : Justine insulte son patron en lui disant que son agence de pub, c’est du vide (légère métaphore de l’Oeuvre du réalisateur en passant), faute avec un ex futur collègue et perd en une soirée son mari et le courage d’être heureuse.
Allégoriquement, le film aurait pu s’arrêter après le mariage qui signe déjà la fin d’un monde : celui de Justine.
Mais le mystère ne planerait pas autant autour de Lars Von Trier si ce dernier était bon et concis.
Justine sent la fin du monde venir, elle sait que la planète Mélacholia (comme c’est romantique ce nom, Lars), qui se rapporoche de plus en plus de la Terre, tous viendra les emporter, elle a le Shining Justine, elle a lu Stephen King et maté des films de Kubrick, sûr.
«La terre est mauvaise, inutile de se lamenter sur elle», dit-elle à Claire qui se désagrège au fil du drame.
Surtout si la lamentation dure plus de deux heures, Lars.
Quand une aurait suffi.
Melancholia est un film sur l’instinct de survie.
C’est un beau film, tout le monde m’avait dit : «Vois Melancholia, c’est un beau film.»
Wagner envoie du bon son aussi et le thème autant que la réalisation se défendent, contrairement à ceux d’"Antichrist» qui m’avait faite mourir de rire alors que ce n’était pas le propos.
Un film de l’instinct, donc. Dommage que ce soit aussi un film de l’instant.
Alors comment ne pas finir sur un autre philosophe que Lars, le non moins grand Joe Dassin :
Si tu t’appelles Mélancholia, on est fait pour l’oublier ensemble.
EN DVD depuis le 3 janvier 2012
Julien Baer
Justine (Kirsten Dunst) épouse Michael dans le somptueux manoir de pété de tunes et pragmatique John (Kiefer Sutherland), époux de sa soeur, la triste Claire (triste? Charlotte Gainsbourg, sans blague.)
Au fil des festivités que lui organise la très rationelle Claire, Justine sombre dans une profonde mélancolie et elle confie à sa mère (Charlotte Rampling en pleine caricature d’elle même) qu’elle a peur, ce à quoi, évidemment, la mère répond «Fuck off».
Normal les gars, Lars Von Trier, c’est trop un ouf.
Puis les scandales éclatent parce que Lars Von trier est trop un provocateur de la mort : Justine insulte son patron en lui disant que son agence de pub, c’est du vide (légère métaphore de l’Oeuvre du réalisateur en passant), faute avec un ex futur collègue et perd en une soirée son mari et le courage d’être heureuse.
Allégoriquement, le film aurait pu s’arrêter après le mariage qui signe déjà la fin d’un monde : celui de Justine.
Mais le mystère ne planerait pas autant autour de Lars Von Trier si ce dernier était bon et concis.
Justine sent la fin du monde venir, elle sait que la planète Mélacholia (comme c’est romantique ce nom, Lars), qui se rapporoche de plus en plus de la Terre, tous viendra les emporter, elle a le Shining Justine, elle a lu Stephen King et maté des films de Kubrick, sûr.
«La terre est mauvaise, inutile de se lamenter sur elle», dit-elle à Claire qui se désagrège au fil du drame.
Surtout si la lamentation dure plus de deux heures, Lars.
Quand une aurait suffi.
Melancholia est un film sur l’instinct de survie.
C’est un beau film, tout le monde m’avait dit : «Vois Melancholia, c’est un beau film.»
Wagner envoie du bon son aussi et le thème autant que la réalisation se défendent, contrairement à ceux d’"Antichrist» qui m’avait faite mourir de rire alors que ce n’était pas le propos.
Un film de l’instinct, donc. Dommage que ce soit aussi un film de l’instant.
Alors comment ne pas finir sur un autre philosophe que Lars, le non moins grand Joe Dassin :
Si tu t’appelles Mélancholia, on est fait pour l’oublier ensemble.
EN DVD depuis le 3 janvier 2012
mardi 24 janvier 2012
Blue Valentine
Ryan Gosling signe ici son premier grand rôle et comble de tout : il parle et est très drôle.
Je suis tombée amoureuse de Ryan grâce à Blue Valentine et Drive +les marches du pouvoir ont annihilé sa mémoire.
Blue Valentine, c'est L'amour dure trois ans 3, le dernier volet.
Dean (Ryan Gosling) tombe amoureux de Cindy (la blonde ex nympho de Dawson) parce qu'elle est blonde et qu'elle fait des études et que lui est déménageur et pauvre donc romantique.
Il la fait rire, lui joue du yukulélé donc elle l'aime.
Normal.
Mais Cindy est enceinte de son ex et Dean l'épouse et devient mari et fan, mari et père mais pas mari et pair.
En effet, Dean est peintre en bâtiment, boit chaque jour comme un trou et caresse son chien plus que sa femme qui elle, est devenue médecin.
C'est à la mort du chien qu'on arrive dans le dernier volet de l'amour.
C'est le début du film.
De flash backs en flash backs, on comprend pourquoi Ryan s'est mis à boire, pourquoi il a aimé Cindy pourquoi Cindy n'a pas pu refuser sa demande en mariage : il lui a fait un cuni dés le premier rapport. On comprend aussi que l'amour se nourrit d'argent, de culture, de muscles et de vie sociale et que même si tu t'appelles Ryan Gosling, que tu chantes, joues du yukulélé et fais des blagues, tu peux pas garder éternellement une fille si tu restes pauvre et alcoolique.
Sauf si cette fille c'est moi.
EN DVD depuis le 30 novembre 2011
Je suis tombée amoureuse de Ryan grâce à Blue Valentine et Drive +les marches du pouvoir ont annihilé sa mémoire.
Blue Valentine, c'est L'amour dure trois ans 3, le dernier volet.
Dean (Ryan Gosling) tombe amoureux de Cindy (la blonde ex nympho de Dawson) parce qu'elle est blonde et qu'elle fait des études et que lui est déménageur et pauvre donc romantique.
Il la fait rire, lui joue du yukulélé donc elle l'aime.
Normal.
Mais Cindy est enceinte de son ex et Dean l'épouse et devient mari et fan, mari et père mais pas mari et pair.
En effet, Dean est peintre en bâtiment, boit chaque jour comme un trou et caresse son chien plus que sa femme qui elle, est devenue médecin.
C'est à la mort du chien qu'on arrive dans le dernier volet de l'amour.
C'est le début du film.
De flash backs en flash backs, on comprend pourquoi Ryan s'est mis à boire, pourquoi il a aimé Cindy pourquoi Cindy n'a pas pu refuser sa demande en mariage : il lui a fait un cuni dés le premier rapport. On comprend aussi que l'amour se nourrit d'argent, de culture, de muscles et de vie sociale et que même si tu t'appelles Ryan Gosling, que tu chantes, joues du yukulélé et fais des blagues, tu peux pas garder éternellement une fille si tu restes pauvre et alcoolique.
Sauf si cette fille c'est moi.
EN DVD depuis le 30 novembre 2011
lundi 23 janvier 2012
La piel que habito
Si je ne suis pas allée voir ce film à sa sortie cinéma, c'est parce que je craignais, au regard de la bande annonce, que ce dernier soit trop ethéré, vide, symétrique et ennuyeux comme un loft en banlieue.
Mais outre la photographie et le montage par trop milimétrés, prenant le parti de la perfection au détriment de l'émotion, le film est bouleversant à plusieurs aspects :
-Les codes du drame classique sont bouleversés et même une tragédie de Racine paraîtrait bon enfant à côté du machiavélisme ambiant.
-L'actrice est belle et pour moi qui trouve toute autre fille que moi monstrueuse, oui c'est bouleversant.
-On ne sait plus bien si, entre Antonio Banderas et la peau qu'il habite, il s'agit d'un rapport Pygmalion/muse, bourreau/victime, sado/maso, amoureux/amoureuse, ammoureux/amoureux ou si ce sont tous ces rapport à la fois.
Ce qui rend le scénario et la psychologie des deux personnages principaux, fascinants.
-Le génie d'Almodovar réside justement dans le fait de traiter un drame par tous les biais autre que le pathos.
Tout y est sublimé et surtout l'horreur.
Aussi,réside t-il un seul bémol : la fin moralisatrice.
Fais moi mâle, Antonio, fais moi mâle.
EN DVD depuis le 17 décembre 2011
Mais outre la photographie et le montage par trop milimétrés, prenant le parti de la perfection au détriment de l'émotion, le film est bouleversant à plusieurs aspects :
-Les codes du drame classique sont bouleversés et même une tragédie de Racine paraîtrait bon enfant à côté du machiavélisme ambiant.
-L'actrice est belle et pour moi qui trouve toute autre fille que moi monstrueuse, oui c'est bouleversant.
-On ne sait plus bien si, entre Antonio Banderas et la peau qu'il habite, il s'agit d'un rapport Pygmalion/muse, bourreau/victime, sado/maso, amoureux/amoureuse, ammoureux/amoureux ou si ce sont tous ces rapport à la fois.
Ce qui rend le scénario et la psychologie des deux personnages principaux, fascinants.
-Le génie d'Almodovar réside justement dans le fait de traiter un drame par tous les biais autre que le pathos.
Tout y est sublimé et surtout l'horreur.
Aussi,réside t-il un seul bémol : la fin moralisatrice.
Fais moi mâle, Antonio, fais moi mâle.
EN DVD depuis le 17 décembre 2011
Les bien-aimés
Je peux vivre sans Christophe Honoré/ Mais mon problème mon amour c'est/ Que je n'peux vivre sans bien l'aimer.
C'est au nombre de bouteilles d'eau que mes larmes pourraient remplir devant un film que je mesure son intensité.
A plus de douze bouteilles, "les bien-aimés" frise le 22/20. Et de la part d'une maîtresse sévère (c'est mon métier maîtresse sévère), ce n'est pas rien.
La scène d'ouverture n'a rien à envier à la photographie de Jacques Demy : Ludivine Sagnier, toute en blondeur et en escarpins est une prostituée certes, mais qu'on embrasse et avec qui on rit. Comme de la vie dans les années 60. On lui pardonne ses minauderies tant son maquillage de voiture v(i)olée la met en valeur. Une prostituée par accident, amoureuse par accident, enceinte par accident et heureuse de ces accidents par accident. La vie.
Chiara Mastroianni m'a fait pleurer de la première à la dernière image, heureusement que mon maquillage est plus proche du sien (tellement naturelle du début à la fin) que celui de Ludivine Sagnier puisque les pandas n'ont pas d'argent pour aller au cinéma. Sa voix est grave, son visage est dur, à l'image de sa vie amoureuse qu'elle veut dramatique : en effet, qui d'autre à part elle refuserait l'amour d'un Louis Garrel -tellement incisif pour une fois- pour s'amouracher d'un guitariste américain qui n'aime en elle qu'un miroir grossissant l'égo?
Je veux me faire muter dans le lycée où Clément (Louis Garrel) enseigne le français, Monsieur le recteur.
Chaque personnage est bien-aimé dans ce film, mais pas par celui qu'il voudrait.
Mais le désir n'est pas le vouloir, merci pour cette leçon Monsieur Honoré, c'est la philo que j'enseignerai quand je serai mutée dans le lycée de Clément.
Beaucoup de possibilités d'interprétation mais aucune issue si ce n'est ce film.
J'ai adoré les bien-aimés.
EN DVD depuis le 18 janvier 2012

C'est au nombre de bouteilles d'eau que mes larmes pourraient remplir devant un film que je mesure son intensité.
A plus de douze bouteilles, "les bien-aimés" frise le 22/20. Et de la part d'une maîtresse sévère (c'est mon métier maîtresse sévère), ce n'est pas rien.
La scène d'ouverture n'a rien à envier à la photographie de Jacques Demy : Ludivine Sagnier, toute en blondeur et en escarpins est une prostituée certes, mais qu'on embrasse et avec qui on rit. Comme de la vie dans les années 60. On lui pardonne ses minauderies tant son maquillage de voiture v(i)olée la met en valeur. Une prostituée par accident, amoureuse par accident, enceinte par accident et heureuse de ces accidents par accident. La vie.
Chiara Mastroianni m'a fait pleurer de la première à la dernière image, heureusement que mon maquillage est plus proche du sien (tellement naturelle du début à la fin) que celui de Ludivine Sagnier puisque les pandas n'ont pas d'argent pour aller au cinéma. Sa voix est grave, son visage est dur, à l'image de sa vie amoureuse qu'elle veut dramatique : en effet, qui d'autre à part elle refuserait l'amour d'un Louis Garrel -tellement incisif pour une fois- pour s'amouracher d'un guitariste américain qui n'aime en elle qu'un miroir grossissant l'égo?
Je veux me faire muter dans le lycée où Clément (Louis Garrel) enseigne le français, Monsieur le recteur.
Chaque personnage est bien-aimé dans ce film, mais pas par celui qu'il voudrait.
Mais le désir n'est pas le vouloir, merci pour cette leçon Monsieur Honoré, c'est la philo que j'enseignerai quand je serai mutée dans le lycée de Clément.
Beaucoup de possibilités d'interprétation mais aucune issue si ce n'est ce film.
J'ai adoré les bien-aimés.
EN DVD depuis le 18 janvier 2012

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