Invitée à la projection presse d’un film sur l’amour 2.0, je me suis résolue à quitter quelques heures ma vie de zéro pour aller voir un film très loin du zéro :
Chercher le garçon, premier long-métrage de Dorothée Sebbagh.
Emilie (Sophie Cattani) est en plein célibad.
Elle s’en rend compte un soir de réveillon où elle n’a que Champagne pour compagnon.
Consciente que la vie réelle est finalement surestimée, elle se décide à tâter du virtuel, en s’inscrivant sur un site de rencontres : Meet me
Mais du virtuel au réel, il faudrait parfois une poubelle.
Le premier homme qu’elle rencontre Thierry les yeux bleus (clin d’oeil comique à «Mickey les yeux bleus») veut de la consommation instantanée.
Contrairement au second : Julien le romantique, qui l’aime d’amour au premier regard, l’appelle sa petite fée et lui cite Stendhal dés le premier baiser : il est d’ailleurs le premier baisé.
Et le premier quitté.
Puis défile dans le casting d’Emilie un échantillon d’individus qui m’auraient tout de suite fait opter pour la vraie vie.
Parmi eux :
Yough Grant : Le fan d’Hugh Grant, de thé et de lui m’aime,
l’ancien boxeur : 23 combats/23 défaites,
Hicham le timide qui envoie son copain plus beau que lui à sa place,
Monsieur X : celui qui fantasme sur une horde de Playmobil debout sur un corps nu,
Celui qui veut «vivre sa vie de Bonobo» sans parler mais en courant par-dessus les collines, tout en assurant que faire l’amour est plus efficace pour connaître quelqu’un que tout discours,
Le danseur, qui danse sa vie mais pas son vit.
Et parallèlement à ces personnages burlesques, il y a la raison d’Emilie, ses origines, la réalité.
Ainsi, sa cousine Audrey (Aurélie Vaneck) lui dit un jour :
«Et si tu essayais le hasard?
Le hasard vaut mille rendez-vous.»
Alors Emilie scrute les parcs et plutôt que de courir après les hommes, elle regarde les hommes courir.
Ainsi, rencontre t-elle Gérard : un gros monsieur, ancien rugbyman, sorte de sage sur le retour qui lui confie qu’elle doit «endorpher» = créer des endorphines.
La solution? Faire du sport ou avoir des orgasmes.
Elle choisit le sport, et elle court, elle court.
Plus elle court et plus elle est heureuse et plus elle est heureuse et moins elle n’a besoin de rencontre piteuse.
Jusqu’au jour où...
Je ne vous raconte pas la fin, je vous délivre juste mon changement de point de vue post projection : la vie réelle est un concept sous-estimé.
Si vous voulez rire tout en admirant les plus beaux coin de la côte marseillaise, apprendre à avoir la cote et croire un instant qu’il est possible de troquer son mac pour un mec, courez chercher le garçon.
Moi j’ai déjà trouvé son nom. Et vous?
Sortie cinéma : le 9 mai 2012
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mardi 8 mai 2012
samedi 5 mai 2012
50/50
Il fait gris, je suis triste et je n’ai décidé de ne sortir de chez moi que demain pour aller voter.
Aussi, ai-je décidé de regarder un film pareil à ma personne : un sujet triste traité avec humour.
Adam (Joseph Gordon-Levitt, le héros cool de «500 jours ensemble») a 27 ans, un boulot de cool à la radio, un pote méga drôle : Kyle (Seth Rogen que je marierais bien) et une copine rousse.
Son seul problème est celui de bien de mes admirateurs : n’avoir point fait l’amour depuis vingt et un jours.
Jusqu’à ce que son médecin lui en ajoute un encore plus sérieux : il est atteint d’un cancer de la colonne vertébrale.
Sa réaction immédiate :
«Je ne bois pas, je ne fume pas, je recycle.»
Alors Adam googelise à mort et apprend qu’il a 50% de chances de survie, d’où le titre de ce film que j’ai aimé et qui m’a fait comprendre que si l’on pouvait rire du cancer, on pouvait aussi rire du résultat des élections présidentielles de demain, quel qu’il soit.
Sa copine, démunie face à la nouvelle, lui offre un chien monstrueux qu’il appelle Skeletor et son ami Kyle tente de le rassurer en lui citant plein de stars qui ont survécu au cancer, dont le mec de Dexter.
Lors de sa première chimiothérapie, il copine avec de vieux cancéreux qui lui offrent des macarons à l’herbe en lui annonçant qu’après avoir perdu ses cheveux, c’est sa b*** qui rétrécira :
«Plus un cancer a de syllabes, plus il est grave.»
Mais Adam décide d’en rire, surtout quand il demande à Kyle de lui tondre le crâne avec son «rasoir à burnes» et que ce dernier à la vue du spectacle lui dit :
«On dirait Worf de Star Trek»
Kyle est un malin, il se sert du cancer d’Adam pour draguer et lors d’un vernissage, il aperçoit Rachel sortant avec un hippie de merde.
Adam quitte Rachel.
Heureusement, sa thérapeute est jeune.
Le divan le mènera t-il au lit?
Afin que vous voyiez ce film, je ne vous donnerai pas la réponse ni ne vous dirai si Adam va guérir, juste cet indice : Kyle, à la fin du film dit à Adam :
«On dirait Quatto dans Total Recall».
Louez ce DVD.
J’ai ri pendant ce film parce que Kyle est drôle, Adam rigolo et que l’amitié entre ces deux là est plus métastasée que le plus grand des cancers.
Mais j’ai pleuré aussi car je me suis sentie Rachel un peu :
Il y a quelques années quand j’étais 100/100 égoïste, j’ai connu un garçon qui a appris son cancer en même temps que son amour pour moi.
Mais au lieu de l’aider et de faire la mâle, je me suis fait la malle.
Je le regrette.
Petit garçon que j’ai aimé, je te dédie ces mots. (Ne te moque pas, ne pense pas à cette chanson : "A toutes les filles que j'ai aimées avant")
En DVD depuis le 24 avril 2012
Aussi, ai-je décidé de regarder un film pareil à ma personne : un sujet triste traité avec humour.
Adam (Joseph Gordon-Levitt, le héros cool de «500 jours ensemble») a 27 ans, un boulot de cool à la radio, un pote méga drôle : Kyle (Seth Rogen que je marierais bien) et une copine rousse.
Son seul problème est celui de bien de mes admirateurs : n’avoir point fait l’amour depuis vingt et un jours.
Jusqu’à ce que son médecin lui en ajoute un encore plus sérieux : il est atteint d’un cancer de la colonne vertébrale.
Sa réaction immédiate :
«Je ne bois pas, je ne fume pas, je recycle.»
Alors Adam googelise à mort et apprend qu’il a 50% de chances de survie, d’où le titre de ce film que j’ai aimé et qui m’a fait comprendre que si l’on pouvait rire du cancer, on pouvait aussi rire du résultat des élections présidentielles de demain, quel qu’il soit.
Sa copine, démunie face à la nouvelle, lui offre un chien monstrueux qu’il appelle Skeletor et son ami Kyle tente de le rassurer en lui citant plein de stars qui ont survécu au cancer, dont le mec de Dexter.
Lors de sa première chimiothérapie, il copine avec de vieux cancéreux qui lui offrent des macarons à l’herbe en lui annonçant qu’après avoir perdu ses cheveux, c’est sa b*** qui rétrécira :
«Plus un cancer a de syllabes, plus il est grave.»
Mais Adam décide d’en rire, surtout quand il demande à Kyle de lui tondre le crâne avec son «rasoir à burnes» et que ce dernier à la vue du spectacle lui dit :
«On dirait Worf de Star Trek»
Kyle est un malin, il se sert du cancer d’Adam pour draguer et lors d’un vernissage, il aperçoit Rachel sortant avec un hippie de merde.
Adam quitte Rachel.
Heureusement, sa thérapeute est jeune.
Le divan le mènera t-il au lit?
Afin que vous voyiez ce film, je ne vous donnerai pas la réponse ni ne vous dirai si Adam va guérir, juste cet indice : Kyle, à la fin du film dit à Adam :
«On dirait Quatto dans Total Recall».
Louez ce DVD.
J’ai ri pendant ce film parce que Kyle est drôle, Adam rigolo et que l’amitié entre ces deux là est plus métastasée que le plus grand des cancers.
Mais j’ai pleuré aussi car je me suis sentie Rachel un peu :
Il y a quelques années quand j’étais 100/100 égoïste, j’ai connu un garçon qui a appris son cancer en même temps que son amour pour moi.
Mais au lieu de l’aider et de faire la mâle, je me suis fait la malle.
Je le regrette.
Petit garçon que j’ai aimé, je te dédie ces mots. (Ne te moque pas, ne pense pas à cette chanson : "A toutes les filles que j'ai aimées avant")
En DVD depuis le 24 avril 2012
lundi 16 avril 2012
Sleeping beauty
Je ne suis pas allée voir Sleeping beauty, de Julia Leigh dés sa sortie ciné car ce film me semblait trop blanc, trop lent, trop chiant : comme la vie avant le printemps.
Mais aujourd’hui, alors que je disais à une amie que la vie était une pute, je me suis dit, pourquoi pas ne pas voir un film de pute, pourquoi ne pas regarder la vie?
Ainsi ai-je vu sleeping beauty.
Lucy (Emily Browning) est rousse, pâle, frêle, étudiante et jolie.
Elle se fait faire des lavements dans la gorge pour gagner de l’argent, se fait tirer par un inconnu rencontré dans un bar après avoir tiré à pile ou face puis rentre chez elle et se fait engueuler par son colocataire qui lui demande de payer le loyer et de laver les joints de la salle de bain.
Puis elle fait des photocopies dans une grande entreprise, va chez son amant Birdmann (Ewen Leslie) qu’elle vouvoie en lui servant des céréales à la vodka.
Lucy n’est pas dans la chanson des Beatles et elle veut changer ça.
Ainsi accepte-t-elle une étrange mission professionnelle.
Lors de l’entretien, son employeuse lui dit :
«-Votre vagin ne sera pas pénétré : votre vagin est un temple.»
Lucy devient Sara, se fait pédicurer, manucurer, épiler le maillot à la cire et souffrir le martyr et lorsqu’elle rencontre ses collègues pour la première fois, l’une d’entre elles lui suggère de choisir le rouge à lèvres qui sera le plus assorti à ses grandes lèvres.
Demain, j’irai chez Séphora, j’y montrerai mon abricot et j’exigerai de la vendeuse qu’elle me trouve une teinture de rouge à lèvres à son niveau.
Sa première mission Mâlepower consiste à servir à boire en sous-vêtements à des mecs vieux et chics lors d’un dîner en ville : la routine.
Ses sous-vêtements sont blancs alors que toutes ses collègues en portent des noirs. Parce que vous comprenez, Sara, c’est la pureté.
Cette soirée semble sympathique : une ambiance Eyes Wide Shut/Histoires d’O/Apolonide sponsorisée par Paris Première.
Ou une impression de regarder Arte sans être défoncé.
Lucy continue à faire des photocopies, à voir Birdmann qu’elle semble aimer et à accepter de plus en plus de missions.
Voilà en quoi consiste son boulot : Elle se rend dans la maison de son employeuse Clara qui l’endort, la met dans un lit et des mecs vieux (des vieux mecs parfois aussi) ont le droit de l’utiliser à la condition de ne point la pénétrer ni lui laisser de trace.
Elle se réveille alors chaque matin comme si de rien n’était.
Ses clients sont tellement vieux qu'en toute situation elle demeure leur belle aux bois dormant.
Métro, boulot, lexo : Tel est son nouveau crédo.
Lucy se trouve un bel appart, se fait virer avec joie du photocopiage, perd Birdmann qu’elle aimait et continue de se faire endormir pour subsister et que de vieux messieurs vivent leur vit.
Elle a raison Lucy : ne vivant point de rêve éveillé, autant vivre ses cauchemars endormie.
«La peur de la mort est un grand canular», dit-elle.
La fureur du vit aussi.
Sleeping beauty n’est pas un film de pute, c’est un putain de film.
En DVD depuis le 20 mars 2012
Mais aujourd’hui, alors que je disais à une amie que la vie était une pute, je me suis dit, pourquoi pas ne pas voir un film de pute, pourquoi ne pas regarder la vie?
Ainsi ai-je vu sleeping beauty.
Lucy (Emily Browning) est rousse, pâle, frêle, étudiante et jolie.
Elle se fait faire des lavements dans la gorge pour gagner de l’argent, se fait tirer par un inconnu rencontré dans un bar après avoir tiré à pile ou face puis rentre chez elle et se fait engueuler par son colocataire qui lui demande de payer le loyer et de laver les joints de la salle de bain.
Puis elle fait des photocopies dans une grande entreprise, va chez son amant Birdmann (Ewen Leslie) qu’elle vouvoie en lui servant des céréales à la vodka.
Lucy n’est pas dans la chanson des Beatles et elle veut changer ça.
Ainsi accepte-t-elle une étrange mission professionnelle.
Lors de l’entretien, son employeuse lui dit :
«-Votre vagin ne sera pas pénétré : votre vagin est un temple.»
Lucy devient Sara, se fait pédicurer, manucurer, épiler le maillot à la cire et souffrir le martyr et lorsqu’elle rencontre ses collègues pour la première fois, l’une d’entre elles lui suggère de choisir le rouge à lèvres qui sera le plus assorti à ses grandes lèvres.
Demain, j’irai chez Séphora, j’y montrerai mon abricot et j’exigerai de la vendeuse qu’elle me trouve une teinture de rouge à lèvres à son niveau.
Sa première mission Mâlepower consiste à servir à boire en sous-vêtements à des mecs vieux et chics lors d’un dîner en ville : la routine.
Ses sous-vêtements sont blancs alors que toutes ses collègues en portent des noirs. Parce que vous comprenez, Sara, c’est la pureté.
Cette soirée semble sympathique : une ambiance Eyes Wide Shut/Histoires d’O/Apolonide sponsorisée par Paris Première.
Ou une impression de regarder Arte sans être défoncé.
Lucy continue à faire des photocopies, à voir Birdmann qu’elle semble aimer et à accepter de plus en plus de missions.
Voilà en quoi consiste son boulot : Elle se rend dans la maison de son employeuse Clara qui l’endort, la met dans un lit et des mecs vieux (des vieux mecs parfois aussi) ont le droit de l’utiliser à la condition de ne point la pénétrer ni lui laisser de trace.
Elle se réveille alors chaque matin comme si de rien n’était.
Ses clients sont tellement vieux qu'en toute situation elle demeure leur belle aux bois dormant.
Métro, boulot, lexo : Tel est son nouveau crédo.
Lucy se trouve un bel appart, se fait virer avec joie du photocopiage, perd Birdmann qu’elle aimait et continue de se faire endormir pour subsister et que de vieux messieurs vivent leur vit.
Elle a raison Lucy : ne vivant point de rêve éveillé, autant vivre ses cauchemars endormie.
«La peur de la mort est un grand canular», dit-elle.
La fureur du vit aussi.
Sleeping beauty n’est pas un film de pute, c’est un putain de film.
En DVD depuis le 20 mars 2012
vendredi 13 avril 2012
A la poursuite du Marsupilami
Etonnée d'entendre de mes élèves de cinq ans :
"Il est trop mignon le Marsipulami et sa queue, elle est tellement grande, qu'il peut tout faire avec",
je suis allée voir le dernier film d'Alain Chabat pour m'assurer que ces derniers ne bluffaient pas.
Le Marsipulami n'est pas une peluche, comme dit Jamel, mais une «vraie luche» et il n'est pas queue mignon : son organe mesure huit mètres et avec il peut tout faire même combattre les très très méchants.
Mais les vrais gens qui entourent le Marsupilami ne sont pas mignons-à gros organes et c'est la raison pour laquelle ils sont si drôles :
-Alain Chabat, je vois sa tête, je ris : qu'importe comment il tombe, comment il parle, comment il imite le canard, avec lui, je me marre.
-Jamel a besoin d'en faire trop pour me faire rigoler, pas rire, rigoler.
Mais nul n'aurait été meilleur faire-valoir du plus grand des Nulissimes : Alain Chabat.
-Lambert Wilson, en dictateur, c'est lui que j'ai trouvé le meilleur.
Lors de son imitation de Céline Dion, je me suis dit :
"Ca, c'est de l'acteur studieux".
J'ai ri au même moment que riait chaque enfant de la salle : quand Alain Chabat reçoit des décharges de taser et qu'il nous ressert les mimiques adorées du génial chien Didier, quand un mini chien viole l'oreille de Jamel, quand on apprend que si le Marsupilami meurt, le monde dysfonctionnera tellement que tout le monde portera un pull sur les épaules (Je nourris exactement la même attraction-répulsion pour le pull sur les épaules), quand Jamel sauve la vie du Marsupilami en lui administrant une énorme baffe.
Et j'en passe.
Ce n'est pas la taille de la queue du Marsupilami qui compte ni les couilles en or qu'Alain Chabat est en train de se faire grâce à lui mais cette phrase de la grande philosophe Jenifer à propos de ce film :
"C'est rien queue du bonheur"
Au cinéma depuis le 4 avril 2012
"Il est trop mignon le Marsipulami et sa queue, elle est tellement grande, qu'il peut tout faire avec",
je suis allée voir le dernier film d'Alain Chabat pour m'assurer que ces derniers ne bluffaient pas.
Le Marsipulami n'est pas une peluche, comme dit Jamel, mais une «vraie luche» et il n'est pas queue mignon : son organe mesure huit mètres et avec il peut tout faire même combattre les très très méchants.
Mais les vrais gens qui entourent le Marsupilami ne sont pas mignons-à gros organes et c'est la raison pour laquelle ils sont si drôles :
-Alain Chabat, je vois sa tête, je ris : qu'importe comment il tombe, comment il parle, comment il imite le canard, avec lui, je me marre.
-Jamel a besoin d'en faire trop pour me faire rigoler, pas rire, rigoler.
Mais nul n'aurait été meilleur faire-valoir du plus grand des Nulissimes : Alain Chabat.
-Lambert Wilson, en dictateur, c'est lui que j'ai trouvé le meilleur.
Lors de son imitation de Céline Dion, je me suis dit :
"Ca, c'est de l'acteur studieux".
J'ai ri au même moment que riait chaque enfant de la salle : quand Alain Chabat reçoit des décharges de taser et qu'il nous ressert les mimiques adorées du génial chien Didier, quand un mini chien viole l'oreille de Jamel, quand on apprend que si le Marsupilami meurt, le monde dysfonctionnera tellement que tout le monde portera un pull sur les épaules (Je nourris exactement la même attraction-répulsion pour le pull sur les épaules), quand Jamel sauve la vie du Marsupilami en lui administrant une énorme baffe.
Et j'en passe.
Ce n'est pas la taille de la queue du Marsupilami qui compte ni les couilles en or qu'Alain Chabat est en train de se faire grâce à lui mais cette phrase de la grande philosophe Jenifer à propos de ce film :
"C'est rien queue du bonheur"
Au cinéma depuis le 4 avril 2012
lundi 12 mars 2012
Lunes de fiel
L’amour physique est sans issue.
Gainsbourg
J’ai vu La boum 14 fois et Lunes de fiel, 16 fois.
Le premier parce que j’aurais voulu être Vic ado et le 2ème parce qu’après l’adolescence, c’est Mimi (Emmanuelle Seigner dans lunes de fiel) que je suis devenue.
La première fois que j’ai regardé Lunes de fiel, c’est sous le conseil de mon premier amoureux qui, fort de me considérer comme un auteur dramatique, me considérait surtout comme une amoureuse dramatique : je le dominais outrageusement et le punissais quand il oubliait de penser à moi plus de soixante fois par seconde.
A la fin, c’est lui qui m’a punie en se débarrassant de moi.
Il m’a laissée seule avec ce DVD de Polanski, que chaque année, je regarde en pensant à lui.
Lunes de fiel est l’adaptation d’un essai du même nom de Pascal Bruckner et traite des dérives de la passion, pas de l’amour que je n’ai jamais connu par peur de tuer avec lui mes 85 % de créativité, non, de la passion qui fait si mâle qu’on en ressort plus Homme.
Oscar (Peter Coyotte) est un écrivain américain qui s’exile à Paris pour trouver l’inspiration et l’inspiratrice. Il rencontre Mimi (Emmanuelle Seigner) dans un bus et est tout de suite attiré par son innocence, son charme enfantin, sa pureté mêlés à son immense sensualité, son animalité et surtout par le fait qu’elle me ressemble mais Polanski, si pudique, ne nous le laisse deviner qu’à demi maux.
Il l’invite à manger des croissants au petit matin puis ils s’aiment pendant des jours, des mois, ils se mangent le corps tout le temps.
Puis la lassitude d’Oscar s’installe, il perd l’inspiration, le désir et outre leur corps, c’est leur coeur et leur âme qu’ils se dévorent. Mais Mimi s’accroche à Oscar, acceptant de lui toute humiliation plutôt que l'expiation.
Jusqu’à la rupture. Puis l’accident.
Quelques années plus tard, Mimi revient pour se venger de l’avoir tant aimé.
Pendant que je te voulais m’aimer, toi tu me voyais mémé, semble t-elle avoir ruminé.
Des années passent et le couple perdure, dans la douleur, la vengeance, le sado-masochisme.
Mimi semble avoir repris le dessus, mais sur l’amour qu’elle voue à Oscar, rien n'est moins sûr.
C’est sur un bateau de croisière pour la nouvelle année que se déroule le coeur de l’intrigue.
Un bateau sur lequel Mimi et Oscar, en fin de liaison, font la connaissance d’un jeune couple : Nigel (Hugh Grant, épatant de lâcheté) et Fiona (Kristin Scott Thomas).
Nigel est tout de suite infiniment attiré par Mimi et Oscar, s’en rendant compte, propose à ce dernier de lui raconter toute son histoire avec elle en lui promettant qu’à la fin, elle lui sera offerte...
Malgré ses longueurs, ses clichés, l’absence de message catholique que ce film délivre, le jeu parfois caricatural d’Emmanuelle Seigner, j’ai adoré ce film parce que toutes mes copines vont se marier et la lune de miel, je trouve ça d'un cliché.
Lunes de fiel (1992)
Acteurs : Emmanuelle Seigner, Peter Coyote, Hugh Grant, Kristin Scott Thomas, Victor Banerjee
Réalisateur : Roman Polanski
Studio : StudioCanal
Date de sortie du DVD : 9 janvier 2006
Gainsbourg
J’ai vu La boum 14 fois et Lunes de fiel, 16 fois.
Le premier parce que j’aurais voulu être Vic ado et le 2ème parce qu’après l’adolescence, c’est Mimi (Emmanuelle Seigner dans lunes de fiel) que je suis devenue.
La première fois que j’ai regardé Lunes de fiel, c’est sous le conseil de mon premier amoureux qui, fort de me considérer comme un auteur dramatique, me considérait surtout comme une amoureuse dramatique : je le dominais outrageusement et le punissais quand il oubliait de penser à moi plus de soixante fois par seconde.
A la fin, c’est lui qui m’a punie en se débarrassant de moi.
Il m’a laissée seule avec ce DVD de Polanski, que chaque année, je regarde en pensant à lui.
Lunes de fiel est l’adaptation d’un essai du même nom de Pascal Bruckner et traite des dérives de la passion, pas de l’amour que je n’ai jamais connu par peur de tuer avec lui mes 85 % de créativité, non, de la passion qui fait si mâle qu’on en ressort plus Homme.
Oscar (Peter Coyotte) est un écrivain américain qui s’exile à Paris pour trouver l’inspiration et l’inspiratrice. Il rencontre Mimi (Emmanuelle Seigner) dans un bus et est tout de suite attiré par son innocence, son charme enfantin, sa pureté mêlés à son immense sensualité, son animalité et surtout par le fait qu’elle me ressemble mais Polanski, si pudique, ne nous le laisse deviner qu’à demi maux.
Il l’invite à manger des croissants au petit matin puis ils s’aiment pendant des jours, des mois, ils se mangent le corps tout le temps.
Puis la lassitude d’Oscar s’installe, il perd l’inspiration, le désir et outre leur corps, c’est leur coeur et leur âme qu’ils se dévorent. Mais Mimi s’accroche à Oscar, acceptant de lui toute humiliation plutôt que l'expiation.
Jusqu’à la rupture. Puis l’accident.
Quelques années plus tard, Mimi revient pour se venger de l’avoir tant aimé.
Pendant que je te voulais m’aimer, toi tu me voyais mémé, semble t-elle avoir ruminé.
Des années passent et le couple perdure, dans la douleur, la vengeance, le sado-masochisme.
Mimi semble avoir repris le dessus, mais sur l’amour qu’elle voue à Oscar, rien n'est moins sûr.
C’est sur un bateau de croisière pour la nouvelle année que se déroule le coeur de l’intrigue.
Un bateau sur lequel Mimi et Oscar, en fin de liaison, font la connaissance d’un jeune couple : Nigel (Hugh Grant, épatant de lâcheté) et Fiona (Kristin Scott Thomas).
Nigel est tout de suite infiniment attiré par Mimi et Oscar, s’en rendant compte, propose à ce dernier de lui raconter toute son histoire avec elle en lui promettant qu’à la fin, elle lui sera offerte...
Malgré ses longueurs, ses clichés, l’absence de message catholique que ce film délivre, le jeu parfois caricatural d’Emmanuelle Seigner, j’ai adoré ce film parce que toutes mes copines vont se marier et la lune de miel, je trouve ça d'un cliché.
Lunes de fiel (1992)
Acteurs : Emmanuelle Seigner, Peter Coyote, Hugh Grant, Kristin Scott Thomas, Victor Banerjee
Réalisateur : Roman Polanski
Studio : StudioCanal
Date de sortie du DVD : 9 janvier 2006
mercredi 29 février 2012
La collectionneuse
«La laideur, c’est une insulte pour les autres.» Eric Rohmer
Prétentieuse, romantique, esthète et littéraire, je suis une fan d’Eric Rohmer. On me dit souvent que j’ai un accent précieux ou que je parle comme dans un livre. Ou comme dans un film de Rohmer. A chaque fois qu’on me dit ça, je tombe encore un peu plus amoureuse de moi.
Pour ma première critique rohmerienne, j’ai choisi un titre accrocheur car prometteur sur Twitter: La collectionneuse.
La collectionneuse s’inscrit dans les délicieux contes moraux de Rohmer, c’en est le quatrième volet.
Les contes moraux, c’est comme les fables de La Fontaine mais avec des hommes, c’est également plus long, plus beau et érotique.
Sinon, pour le commun des mortels aka les gueux, c’est chiant, long, bavard et prétentieux.
Comme moi.
Adrien (Patrick Bauchau), grand dandy méché, passe ses vacances dans une grande maison du sud de la France en quête du néant. Mais ce projet est troublé par celui avec qui il cohabite : Daniel (Daniel Pommereule), sorte de Phlippe Katerine philosophe et surtout : Haydée (Haydée Politoff), nymphette offrant à bien des hommes, ses délicieuses gambettes.
La scène d’ouverture, de deux minutes environ nous montre Haydée marchant au bord de la mer. On y voit sa nuque beaucoup, ses genoux, ses hanches.
On sait dés lors qu’Haydée sera l’objet du film, le lumineux objet de désir.
Haydée est très jeune, en quête de bonheur. Ainsi, elle couche avec beaucoup d’hommes pour y parvenir. En vain. Adrien, quant à lui est en quête de repos, il cherche à ne rien faire si ce n’est lire et se baigner. En vain. Haydée et Adrien se tournent autour et plus Haydée se rapproche d’autres hommes qu’Adrien (dont Daniel), plus Adrien est titillé.
Malgré son titre pseudo érotique, La collectionneuse n’est pas un film sur la quéquette mais sur la conquête. Et comme dans beaucoup de films de Rohmer, il pose des questions sur l’infidélité : Un désir? Un besoin? Ou commence t-elle? Existe t-elle? A t-on besoin de faire l’amour pour être infidèle? N’est-elle après tout pas plus qu’un concept comme l’amour, le nihilisme et le bonheur?
C’est aussi un film sur la liberté-Attention, je vais me la péter-
Haydée est une incarnation de la Grâce qui vient troubler le nihilisme philosophique d’Adrien (en gros, le fait qu’il soit méga reulou à se prendre autant la tête) : il est immédiatement troublé, tombe malgré lui amoureux d’elle, mais au dernier moment, pêche par quête de pouvoir (C’était du bluff sa quête nihiliste, trop beau pour être nihiliste) et renonce à son bénéfice pour retrouver une illusoire liberté.
Sa liberté n’est en effet pas la liberté volontaire infinie de Descartes : l’infinité divine elle-même —En effet, si Adrien tombe sous les charmes enfantins d’Haydée, c’est parce qu’il en a pris l’intime décision en refusant de rejoindre sa régulière à Londres, il est conditionné par son refus d’aimer celle qui l’aime, par sa soif d’absolu et d’aventure et tout à la fois par la morale qui le condamnera une fois cette soif repue.
C'est monstrueux comme je me la suis pétée.
Disponible en DVD
Editeur : Opening
Zone : 2
Date de sortie : 22/09/2006
Bonus: Court métrage : UNE ÉTUDIANTE D’AUJOURD’HUI (1966)
lundi 13 février 2012
Un heureux évènement
Victime de la morve,
Tel est son nom de code.
Une de mes dernières disputes avec l’une de mes dernières conquêtes roulait autour du thème du chiard :
«J 'ai toujours voulu un enfant. Jusqu'à toi. J'espère que l'envie reviendra."
Je pensais qu'Un heureux événement allait trancher à ma place alors lâchement, j'ai regardé ce film.
Pio Marmaï est le parfait sosie d'un de mes ex, un marin.
Donc forcément, dans ce film, je me suis vue avant. Et il incarne le héros de ce film : Nicolas, l'amoureux de Louise Bourgoin : Barbara.
Ils sont beaux, il travaille dans un vidéo club, elle étudie la philosophie alors ils s'aiment.
Ils sont naïfs alors ils font un enfant.
Ils veulent un 3 pièces alors il se fait embaucher dans une boite de connards où ses horaires de connard l'éloignent de sa femme. Qui pète les plombs.
Le réalisateur Rémi Bezançon a du adorer l'hilarant "En cloque, mode d'emploi" de Judd Apatow mon héros. (Regardez ce film, je l'ai adoré et si vous adorez les films que j'aime, peut être qu'un jour vous ne serez plus des étrangers et qu'avec vous tous, j'aurai un bébé).
En effet, la scène de sexe où Nicolas n'ose pas faire l'amour à Barbara pendant la grossesse pour ne pas abîmer le bébé avec son sexe est la pâle copie d'une des scènes de la comédie américaine dont Rémi Bezançon s'inspire timidement. S'il nous dit le contraire, c'est qu'il bluffe Rémi.
En France hélas, la comédie pure est quasiment ovnie, parce que tu comprends, nous les Français on a des vrais problèmes de fond, on réfléchit vachement au réchauffement climatique et à la TVA, à la saucisse et à la poésie de nos statuts facebook.
En France,tu comprends, on est des intellos alors on fait des comédies dramatiques.
Qu'est-ce que je suis française.
L'originalité du film tient dans le fait qu'on y voit abordés les problèmes de couple après la naissance du bébé, les disputes incessantes, la solitude de la mère victime d'une dictature hormonale.
Et l'originalité de ma personne, c'est que tous ces problèmes je les vis avant le bébé, c'est chouette : j'y suis préparée.
Ainsi, je n'ai pas trouvé la réponse dans ce film, celle de se coltiner ou non, des mois durant, un nain morveux qui jamais ne la ferme sauf quand il dort et qu'endormi, on aime alors à la folie.
Hier soir, quand je déclarais ne pas vouloir d'enfant, j'avais raison. Aujourd'hui, j'en veux et j'ai toujours raison.
Et si c'était mieux demain?
En DVD depuis le 1er février 2012. J'ai aimé alors louez-le.
Et pour les retardataires et/ou les couples qui veulent éviter d'avoir à se parler le soir de la Saint-Valentin :
En cloque, mode d'emploi (Knocked Up)
2007
de Judd Apatow
avec Seth Rogen, Katherine Heigl
Tel est son nom de code.
Une de mes dernières disputes avec l’une de mes dernières conquêtes roulait autour du thème du chiard :
«J 'ai toujours voulu un enfant. Jusqu'à toi. J'espère que l'envie reviendra."
Je pensais qu'Un heureux événement allait trancher à ma place alors lâchement, j'ai regardé ce film.
Pio Marmaï est le parfait sosie d'un de mes ex, un marin.
Donc forcément, dans ce film, je me suis vue avant. Et il incarne le héros de ce film : Nicolas, l'amoureux de Louise Bourgoin : Barbara.
Ils sont beaux, il travaille dans un vidéo club, elle étudie la philosophie alors ils s'aiment.
Ils sont naïfs alors ils font un enfant.
Ils veulent un 3 pièces alors il se fait embaucher dans une boite de connards où ses horaires de connard l'éloignent de sa femme. Qui pète les plombs.
Le réalisateur Rémi Bezançon a du adorer l'hilarant "En cloque, mode d'emploi" de Judd Apatow mon héros. (Regardez ce film, je l'ai adoré et si vous adorez les films que j'aime, peut être qu'un jour vous ne serez plus des étrangers et qu'avec vous tous, j'aurai un bébé).
En effet, la scène de sexe où Nicolas n'ose pas faire l'amour à Barbara pendant la grossesse pour ne pas abîmer le bébé avec son sexe est la pâle copie d'une des scènes de la comédie américaine dont Rémi Bezançon s'inspire timidement. S'il nous dit le contraire, c'est qu'il bluffe Rémi.
En France hélas, la comédie pure est quasiment ovnie, parce que tu comprends, nous les Français on a des vrais problèmes de fond, on réfléchit vachement au réchauffement climatique et à la TVA, à la saucisse et à la poésie de nos statuts facebook.
En France,tu comprends, on est des intellos alors on fait des comédies dramatiques.
Qu'est-ce que je suis française.
L'originalité du film tient dans le fait qu'on y voit abordés les problèmes de couple après la naissance du bébé, les disputes incessantes, la solitude de la mère victime d'une dictature hormonale.
Et l'originalité de ma personne, c'est que tous ces problèmes je les vis avant le bébé, c'est chouette : j'y suis préparée.
Ainsi, je n'ai pas trouvé la réponse dans ce film, celle de se coltiner ou non, des mois durant, un nain morveux qui jamais ne la ferme sauf quand il dort et qu'endormi, on aime alors à la folie.
Hier soir, quand je déclarais ne pas vouloir d'enfant, j'avais raison. Aujourd'hui, j'en veux et j'ai toujours raison.
Et si c'était mieux demain?
En DVD depuis le 1er février 2012. J'ai aimé alors louez-le.
Et pour les retardataires et/ou les couples qui veulent éviter d'avoir à se parler le soir de la Saint-Valentin :
En cloque, mode d'emploi (Knocked Up)
2007
de Judd Apatow
avec Seth Rogen, Katherine Heigl
lundi 6 février 2012
We need to talk about Kevin
Eva (Tida Swinton) est un mélange entre Carrie (Sissy Spaseck), Wendy Torrance (Shelley Duvall dans Shnining de Kubrick) et le démon qu’on ne voit jamais dans Rosemary’s baby puisque c’est un démon.
Sauf qu'Eva est une femme ordinaire, qu'on pourrait croiser à la Poste ou dans un roman de Houellebecq.
Une mère improvisée, contrainte pour les yeux noirs de sa progéniture, de mettre de côté sa vie professionelle, sexuelle, amoureuse et sociale.
Comme toutes les mères.
Sauf que la progéniture est du genre malin (revoyez le sens de ce mot) et que cinéma indépendant anglais oblige, la réalisatrice Lynne Ramsay prend le parti de montrer, non pas une femme béate d'admiration devant un micro être plein de vomi-caca mais tellement chou mais une femme effondrée par l’arrivée de son fils, impuissante devant lui, incapable du moindre geste affectif, à la limite permanente de le la dépression nerveuse.
Donc Eva est mariée avec le toujours nounours John C.Reilly et une nuit sous acides-c’est du moins ce que suggère les couleurs rouges et floues de la nuit d’»amour»-c’est Kevin (Ezra Miller qui a réveillé la cougar en moi) qu’ils conçoivent.
Kevin grandit, on dirait un amérindien, un mini clone de Keanu Reeves et d’Edward Furlong.
Il est rebelle Kevin : il fait caca dans sa couche jusqu’à cinq ans, pleure plus fort qu’un marteau piqueur, désobéit à sa maman et fait mine d’adorer son papa pour rendre sa maman marteau.
Et plus Kevin se montre teigneux, plus la mère s’en éloigne et se mue en robot.
Quand machinalement Eva dit à son fils qu’elle l’aime, il répond «Na, na, na».
Il est surdoué Kévin, il n’est pas de «ces enfants qui croient vraiment ce que disent les grands". Il n'a pas écouté les chansons de Patrick Bruel Kevin.
Patrick Bruel mis à part, Eva en bave tant avec Kevin qu’elle fait un autre enfant, comme pour annuler le premier.
C’est une fille, elle est blonde, donc elle est gentille.
Et Kevin devient de plus en plus teigneux, jusqu’au drame.
Un drame tel que Kevin passera bientôt dans "Faites entrer l'accusé". Veinard.
We need to talk about Kevin est un film sur la légitimité d’être exaspéré(e) par l’arrivée d’un enfant mais aussi sur l’amour inconditionnel que ce dernier porte néanmoins à sa mère.
Lynne Ramsay ne juge pas, ne pointe pas Eva comme l’origine du mal.
J’ai regardé ce film avec une personne qui me disait tout le temps :
"-Normal que Kevin soit comme ça, sa mère ne l’aime pas.»
Et moi de répondre :
"-Non, c’est pas vrai, regarde comme elle jubile quand il se sert dans ses bras un soir dans son lit quand elle lui raconte une histoire : ellle attend des signes, c’est tout».
Tu sais ma mère, c’est une Eva et pourtant, je ne passerai jamais dans «Faites entrer l’accusé», faut dire que je n’ai pas besoin d’elle, j’ai tant d’amis sur facebook et tant de lecteurs sur mon blog."
Il n'est pas de criminel dans ce film, ni même de mauvaise mère.
Juste une femme et son fils qui, sans dire mot, se hurlent à s'en casser la voix le sempiternel «Aime-moi».
Disponible en DVD depuis le 1er février 2012
Sauf qu'Eva est une femme ordinaire, qu'on pourrait croiser à la Poste ou dans un roman de Houellebecq.
Une mère improvisée, contrainte pour les yeux noirs de sa progéniture, de mettre de côté sa vie professionelle, sexuelle, amoureuse et sociale.
Comme toutes les mères.
Sauf que la progéniture est du genre malin (revoyez le sens de ce mot) et que cinéma indépendant anglais oblige, la réalisatrice Lynne Ramsay prend le parti de montrer, non pas une femme béate d'admiration devant un micro être plein de vomi-caca mais tellement chou mais une femme effondrée par l’arrivée de son fils, impuissante devant lui, incapable du moindre geste affectif, à la limite permanente de le la dépression nerveuse.
Donc Eva est mariée avec le toujours nounours John C.Reilly et une nuit sous acides-c’est du moins ce que suggère les couleurs rouges et floues de la nuit d’»amour»-c’est Kevin (Ezra Miller qui a réveillé la cougar en moi) qu’ils conçoivent.
Kevin grandit, on dirait un amérindien, un mini clone de Keanu Reeves et d’Edward Furlong.
Il est rebelle Kevin : il fait caca dans sa couche jusqu’à cinq ans, pleure plus fort qu’un marteau piqueur, désobéit à sa maman et fait mine d’adorer son papa pour rendre sa maman marteau.
Et plus Kevin se montre teigneux, plus la mère s’en éloigne et se mue en robot.
Quand machinalement Eva dit à son fils qu’elle l’aime, il répond «Na, na, na».
Il est surdoué Kévin, il n’est pas de «ces enfants qui croient vraiment ce que disent les grands". Il n'a pas écouté les chansons de Patrick Bruel Kevin.
Patrick Bruel mis à part, Eva en bave tant avec Kevin qu’elle fait un autre enfant, comme pour annuler le premier.
C’est une fille, elle est blonde, donc elle est gentille.
Et Kevin devient de plus en plus teigneux, jusqu’au drame.
Un drame tel que Kevin passera bientôt dans "Faites entrer l'accusé". Veinard.
We need to talk about Kevin est un film sur la légitimité d’être exaspéré(e) par l’arrivée d’un enfant mais aussi sur l’amour inconditionnel que ce dernier porte néanmoins à sa mère.
Lynne Ramsay ne juge pas, ne pointe pas Eva comme l’origine du mal.
J’ai regardé ce film avec une personne qui me disait tout le temps :
"-Normal que Kevin soit comme ça, sa mère ne l’aime pas.»
Et moi de répondre :
"-Non, c’est pas vrai, regarde comme elle jubile quand il se sert dans ses bras un soir dans son lit quand elle lui raconte une histoire : ellle attend des signes, c’est tout».
Tu sais ma mère, c’est une Eva et pourtant, je ne passerai jamais dans «Faites entrer l’accusé», faut dire que je n’ai pas besoin d’elle, j’ai tant d’amis sur facebook et tant de lecteurs sur mon blog."
Il n'est pas de criminel dans ce film, ni même de mauvaise mère.
Juste une femme et son fils qui, sans dire mot, se hurlent à s'en casser la voix le sempiternel «Aime-moi».
Disponible en DVD depuis le 1er février 2012
samedi 28 janvier 2012
J'aime regarder les filles
Comme j’ai Pierre Niney dans mes amis facebook et que je vais l’inciter à lire cet article, je me dois de parfaitement critiquer le film qui l’a révélé au grand public :
«J’aime regarder les filles».
Car homme qui me lit à moitié dans mon lit.
Comme Pierre Niney, le scénario est mignon et fleure bon le film socialo-communiste :
A la veille de l’élection de Mitterrand de 1981, Primo (Pierre Niney) le prolo tombe amoureux de la riche Gabrielle (Lou de Laâge qui semble avoir mis des prothèses PIP dans la bouche mais en fait non).
Afin de lui plaire, il s’invente un pedigree, une vie.
Son meilleur ami le rasta ne comprend pas qu’il se travestisse pour plaire à une «pétasse de BCBG» et l’impossibilité de son amour avec Gabrielle rend sa fougue d’autant plus forte.
Mais Gabrielle est riche et comme le propos est socialo-communiste, cette dernière ne s’intéresse qu’à elle, à son apparence, ses copains méchés passant leurs étés à Ramatuelle et de Primo n’est qu’attirée que par la différence. Et Bourdieu en filigrane vient nous souffler qu’il y a impossibilité de mixité sociale et qu’on est condamné. Primo se fourvoie dans le mensonge et son âme le rattrape.
Vous trouvez pas qu’on dirait du Zola? Et bien, pas que.
Marcel Achard est aussi dans la place, Pierre Niney faisant preuve d’une légèreté telle qu’on dirait Jean de la lune, sorte de marionnette romantique flottant au dessus de la vie.
Il y a un peu d’amour dans ce film,de poésie pas mal et d'amitié beaucoup (la scène de la bouteille de vin sur les toits de Paris entre Malik (le rasta, meilleur et seul ami de Primo : Ali Marhyar, convaincant) est plus forte que n’importe scène d’amour.
La morale est absurdo-mignonne, Pierre Niney aura le Césoir du meilleur espoir.
Et surtout, Bourdieu perd à la fin.
EN DVD depuis le 3 janvier 2012
«J’aime regarder les filles».
Car homme qui me lit à moitié dans mon lit.
Comme Pierre Niney, le scénario est mignon et fleure bon le film socialo-communiste :
A la veille de l’élection de Mitterrand de 1981, Primo (Pierre Niney) le prolo tombe amoureux de la riche Gabrielle (Lou de Laâge qui semble avoir mis des prothèses PIP dans la bouche mais en fait non).
Afin de lui plaire, il s’invente un pedigree, une vie.
Son meilleur ami le rasta ne comprend pas qu’il se travestisse pour plaire à une «pétasse de BCBG» et l’impossibilité de son amour avec Gabrielle rend sa fougue d’autant plus forte.
Mais Gabrielle est riche et comme le propos est socialo-communiste, cette dernière ne s’intéresse qu’à elle, à son apparence, ses copains méchés passant leurs étés à Ramatuelle et de Primo n’est qu’attirée que par la différence. Et Bourdieu en filigrane vient nous souffler qu’il y a impossibilité de mixité sociale et qu’on est condamné. Primo se fourvoie dans le mensonge et son âme le rattrape.
Vous trouvez pas qu’on dirait du Zola? Et bien, pas que.
Marcel Achard est aussi dans la place, Pierre Niney faisant preuve d’une légèreté telle qu’on dirait Jean de la lune, sorte de marionnette romantique flottant au dessus de la vie.
Il y a un peu d’amour dans ce film,de poésie pas mal et d'amitié beaucoup (la scène de la bouteille de vin sur les toits de Paris entre Malik (le rasta, meilleur et seul ami de Primo : Ali Marhyar, convaincant) est plus forte que n’importe scène d’amour.
La morale est absurdo-mignonne, Pierre Niney aura le Césoir du meilleur espoir.
Et surtout, Bourdieu perd à la fin.
EN DVD depuis le 3 janvier 2012
lundi 23 janvier 2012
La piel que habito
Si je ne suis pas allée voir ce film à sa sortie cinéma, c'est parce que je craignais, au regard de la bande annonce, que ce dernier soit trop ethéré, vide, symétrique et ennuyeux comme un loft en banlieue.
Mais outre la photographie et le montage par trop milimétrés, prenant le parti de la perfection au détriment de l'émotion, le film est bouleversant à plusieurs aspects :
-Les codes du drame classique sont bouleversés et même une tragédie de Racine paraîtrait bon enfant à côté du machiavélisme ambiant.
-L'actrice est belle et pour moi qui trouve toute autre fille que moi monstrueuse, oui c'est bouleversant.
-On ne sait plus bien si, entre Antonio Banderas et la peau qu'il habite, il s'agit d'un rapport Pygmalion/muse, bourreau/victime, sado/maso, amoureux/amoureuse, ammoureux/amoureux ou si ce sont tous ces rapport à la fois.
Ce qui rend le scénario et la psychologie des deux personnages principaux, fascinants.
-Le génie d'Almodovar réside justement dans le fait de traiter un drame par tous les biais autre que le pathos.
Tout y est sublimé et surtout l'horreur.
Aussi,réside t-il un seul bémol : la fin moralisatrice.
Fais moi mâle, Antonio, fais moi mâle.
EN DVD depuis le 17 décembre 2011
Mais outre la photographie et le montage par trop milimétrés, prenant le parti de la perfection au détriment de l'émotion, le film est bouleversant à plusieurs aspects :
-Les codes du drame classique sont bouleversés et même une tragédie de Racine paraîtrait bon enfant à côté du machiavélisme ambiant.
-L'actrice est belle et pour moi qui trouve toute autre fille que moi monstrueuse, oui c'est bouleversant.
-On ne sait plus bien si, entre Antonio Banderas et la peau qu'il habite, il s'agit d'un rapport Pygmalion/muse, bourreau/victime, sado/maso, amoureux/amoureuse, ammoureux/amoureux ou si ce sont tous ces rapport à la fois.
Ce qui rend le scénario et la psychologie des deux personnages principaux, fascinants.
-Le génie d'Almodovar réside justement dans le fait de traiter un drame par tous les biais autre que le pathos.
Tout y est sublimé et surtout l'horreur.
Aussi,réside t-il un seul bémol : la fin moralisatrice.
Fais moi mâle, Antonio, fais moi mâle.
EN DVD depuis le 17 décembre 2011
L'amour dure 3 ans
On pourrait reprocher à Frédéric Beigbedder de renier son personnage en nous offrant, pour son premier film, une comédie romantique à l'amer-i-ken.
Commercial "L'amour dure 3 ans"? Oui.
Comme l'idée de l'amour.
Le film roule en effet sur l'idée de l'amour, le fantasme de l'amour, l'amour de l'amour, la foi en l'amour et toutes les fois de l'amour. L'amour serait alors beau comme le rouge à lèvre jamais ne dépassant d'Alice (Louise Bourgoin), chic et décontracté comme un premier rendez-vous d'amoureux à l'hôtel Amour, adolescent comme une nuit d'ivresse sur la pelouse du Champ de Mars, mediatico-romantique comme la déclaration d'humour de Marc Marronier (L'imperturbable Gaspard Proust) à Alice en direct du Grand Journal de Canal plus.
Mais ne nous y trompons, le vrai amour, si tant est qu'il existe, Frédéric Beigbbedder sait aussi nous le montrer, via Bukowski : : "L'amour c'est la brume au petit matin avant quelle ne se dissipe", "3 ans de desir sexuel, pas plus", selon le sociologue Pascal Bruckner, le micro pénis de Nicolas Bedos (campant ici le cousin grotesque de Marc Marronier) et l'infidelité qui en découle, nos mains qui se transforment en gant Mapa quand l'objet de notre désir ne nous voit même plus comme objet.
Le vrai amour c'est nous parfois et l'idée de l'amour, ce sera fou, toujours.
J'ai ri du début à la fin.
Une fin qui heureusement rendrait presque le titre trop optimiste.
Car ouf, Frédéric Beigbedder reste Frédéric Beigbedder.
Sortie cinéma : 18 janvier 2012
L'art d'aimer
Emmanuel Mouret est L’amoureux des mots et c’est pour ça qu’il est mon amoureux.
Ces mots donnent envie de faire l’amour quand François Cluzet dit à Frédérique Bel-merveilleux feu rouge de l’histoire- :
«Le désir est comme des feuilles qui poussent sur un arbre», elle succombe enfin, elle qui attendait d’être sûre d’être amoureuse avant d’embrasser le 2ème homme de sa vie.
Ces mots donnent envie d’amour exclusif quand Elodie Navarre (qui était ma copine au lycée, n’en sous-estimons pas l’importance) annonce à son bellâtre de Gaspard Ulliel qu’elle a envie de le tromper avec Emmanuel Mouret.
Ces mots peuvent être un texto «Je t’aime, je t’aime, je t’aime» et me faire rire.
Mouret est aussi le photographe du désir. Le désir partagé, le désir différé, le désir multiple, le désir d’aimer, le désir d’aller voir ce film un mercredi matin Place Clichy alors qu’on avait rendez-vous chez un ophtalmologiste pour le désir de voir Emmanuel Mouret sans lunette.
Le prologue du film a fait danser mon coeur: Il décrit avec une précision quasi médicale la mélodie que nous chante l’amour quand on le rencontre.
J’aurais souhaité cette première partie éternelle.
Le dénouement, quant à lui, est gentil, joli, rigolo et cocasse.
Les précédents films de Mouret étaient bons, beaux, drôles et osés.
Mais Emmanuel Mouret reste Emmanuel Mouret et la preuve que les poètes n’ont pas encore déserté le cinéma français.
Ni les sexologues d’ailleurs.
Sortie Cinéma : 23 novembre 2011

Ces mots donnent envie de faire l’amour quand François Cluzet dit à Frédérique Bel-merveilleux feu rouge de l’histoire- :
«Le désir est comme des feuilles qui poussent sur un arbre», elle succombe enfin, elle qui attendait d’être sûre d’être amoureuse avant d’embrasser le 2ème homme de sa vie.
Ces mots donnent envie d’amour exclusif quand Elodie Navarre (qui était ma copine au lycée, n’en sous-estimons pas l’importance) annonce à son bellâtre de Gaspard Ulliel qu’elle a envie de le tromper avec Emmanuel Mouret.
Ces mots peuvent être un texto «Je t’aime, je t’aime, je t’aime» et me faire rire.
Mouret est aussi le photographe du désir. Le désir partagé, le désir différé, le désir multiple, le désir d’aimer, le désir d’aller voir ce film un mercredi matin Place Clichy alors qu’on avait rendez-vous chez un ophtalmologiste pour le désir de voir Emmanuel Mouret sans lunette.
Le prologue du film a fait danser mon coeur: Il décrit avec une précision quasi médicale la mélodie que nous chante l’amour quand on le rencontre.
J’aurais souhaité cette première partie éternelle.
Le dénouement, quant à lui, est gentil, joli, rigolo et cocasse.
Les précédents films de Mouret étaient bons, beaux, drôles et osés.
Mais Emmanuel Mouret reste Emmanuel Mouret et la preuve que les poètes n’ont pas encore déserté le cinéma français.
Ni les sexologues d’ailleurs.
Sortie Cinéma : 23 novembre 2011

Polisse
Polisse, c’est Joey Starr qui tient dans ses bras un enfant africain en larmes arraché à sa mère et qui le console en me faisant pleurer à mon tour comme à mon premier râteau, tout ça parce que j’avais les cheveux courts et des lunettes.
Polisse, c’est Maiwenn qui met des lunettes pour être «plus crédible»dans son rôle de photographe à la brigade de l’enfance et qui les enlève pour rendre Joey Starr raide dingue d’elle et nous avec.
Polisse, c’est LA scène de danse de Joey Starr.
Polisse, c’est Marina Fois qui parle «pulsion de bite» et Karine Viard qui parle «pulsion de sentiments».
Polisse, ce sont des kebabs dans le 19ème, des boubous à Chateau d’eau, Sandrine Kiberlain mariée à un pédophile (instant troublant où sa fille lui annonce : «Papa m’aime trop»).
Polisse, c’est Nicolas Duvauchelle qui manque de mourir mais finalement non : ouf, il est tellement beau.
Polisse, c’est Jérémie Elkaïm qui emploie le mot «austraciser», que même le correcteur d’orthographe, il trouve pas ce mot.
Polisse, ce sont des enfants, des policiers, de l’amour et une soirée mimes.
Polisse, c’est une pizza aux truffes : drôle d’aspect, finalement très bon. Et surtout qui tient au corps. Et au coeur.
Merci Maïwenn.
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