Suis-moi, je te fuirai pas.

jeudi 31 mai 2012

Allez voir ailleurs si j'y suis

http://blogs.lexpress.fr/mon-cinema/

jeudi 24 mai 2012

De rouille et d'os

Aller voir le dernier film de Jacques Audiard un jour de grand soleil, c'est comme épouser son amant: du gâchis.

Après Intouchables le téléfilm, j'ai enfin vu Intouchables, le film: De rouille et d'os.
Ce n'est plus Omar le héros, mais un simili Fred (blond) : toujours aussi pauvre mais beau, belge, viril, musclé, tatoué et surtout acteur, Matthias Schoenaerts.

Marion Cotillard remplace François Cluzet dans son rôle de torse et elle ne s'en tire pas si mâle.
La bande-annonce de ce film était pour moi la plus mauvaise bande annonce de l'histoire des mauvaises bandes annonces et le pitch, digne d'un mauvais Guillaume Musso (excusez le pléonasme), c'est pourquoi j'ai attendu un matin tête dans le paté pour me rendre au Pathé. (plus mauvais jeu de mots de l'histoire des mauvais jeux de mots, j'en conviens.)

De ce film, ce soir, mes draps se souviendront à la seule pensée de Matthias Schoenarts mais à l'instant, ce sont mes yeux rougis qui s'en souviennent.

De rouille et d'os commence comme un film des frères Dardenne: Ali, un SDF pauvre et blond se promène avec son fils de cinq ans pauvre et blond.
Sauf qu'il l'emmène à Antibes, ville que les Dardenne, par respect pour la beauté crue, n'auraient jamais osé filmer.
Il y retrouve sa soeur, caissière et pétée de thunes : il y a une vingtaine de yaourts dans son frigo, se remet à manger, délègue l'éducation du morveux à cette femme et enchaîne les petits boulots (videur, gardien de nuit, boxeur pour les gitans : les trucs physiques car tu comprends il est vachement musclé et méga kaïra: Ali, c'est le Ryan Gosling belge)

Videur, il fait la connaissance de Stéphanie (Marion Cotillard), la sauve d'une bagarre et lui dit qu'elle est habillée comme une pute. Car Ali, fort de tous ses attributs, drague super bien. Stéphanie vit avec un mec odieux et dresse des orques (son métier ridicule est la raison principale pour laquelle j'ai hésité à aller voir De rouille et d'orques).
Mais contrairement aux dauphins et aux petits chiens, les orques sont méchantes et privent la belle Stéphanie de ses deux jambes.
Audiard filme les moignons, c'est monstrueux.


J'ai eu mal physiquement pendant ce film, je touchais mes jambes pour m'assurer de leur présence et me pris à plusieurs reprises à dire à voix haute: "Monstrueux".

Physiquement, oui, le film est donc réussi puisqu'il m'a fait idolâtrer mes jambes, qu'importe aujourd'hui l'état de leur épilation, je vous le promets. J'ai même envie de danser, c'est dire.

Ali continue sa vie, ses petits boulots, il commence des combats de boxe ultra violents et Stéphanie l'appelle quelques mois après son accident.

Commence alors entre ces deux êtres une relation sans artifice aucun, une relation animale, moins violente qu'une relation entre orques cela dit.

De faire l'amour avec des moignons, Stéphanie a commencé.

Mais prend-elle son pied? Pas si sûre.

De rouille et d'os est un film sur la rage de vivre, le désir, la violence et non un film sur les orques et l'amour comme je le craignais.

La fin est un cliché bâclé à la Titanic (un histoire de congélation) mais putain comme c'est beau.

A l'image de Matthias Schoenaerts, Jacques Audiard signe un film grand, fort, violent, physique, sexuel.

Et surtout un film qui dénonce la méchanceté des orques.



Au cinéma depuis le 16 mai 2012


lundi 14 mai 2012

La cerise sur le gâteau

Échouée à Amiens pour des raisons douteuses : ma vie amoureuse, je me suis réfugiée dans un complexe Gaumont afin de simplifier mon séjour.

Je choisissai alors un titre de film en accord avec cet exil picard : "La cerise sur le gâteau".

Amanda (Laura Morante) a beau être italienne et pas des plus monstrueuses, elle est rigide comme un boudin allemand.
Sa vie est régie par des principes voire des obsessions dont la première est d'épuiser psychologiquement son compagnon Bertrand (Frédéric Pierrot) au lieu de s'avouer qu'elle ne l'aime pas.

Heureusement, Amanda a une amie douce et patiente : Florence (Isabelle Carré) qui la conseille, la modére, la rassure.
Cette dernière vit avec un psychiatre qui pense Amanda "androphobe".
Mue par la peur extrême des mâles, elle sabote en effet toute possibilité d'un Il en se faisant le mâle puis la malle puis très mal.
Systématiquement.
Jusqu'à ce qu'elle rencontre Antoine (Pascal Elbé, dont la voix m'excite encore plus que celle de François Barouin) dont elle n'a nulle peur puisqu'elle le croit gay...


La cerise sur le gâteau n'est pas un grand film : il est naïf, un peu niais, habité par une incessante musique au rabais, attendu.
Mais je l'ai aimé car Amanda c'est moi qui aurait été vieille, pas drôle et avec une grosse poitrine.
D'ailleurs, je profite de cet espace public pour leur rendre hommage : RIP mes seins.

Contrairement à Amanda, j'ai arrêté de croire chaque personne qui me voulait sur son divan : je ne juge donc pas androphobe.
Je pense juste souffrir de confiançophobie et bien que jalouse de personne, la déesse K que je suis voit dans chaque homme un DSK.
Les seuls hommes qui me rassurent sont mes amis homosexuels ou lesbiennes et mes amants qui n'ont guère à me mentir sur l'exclusivité de leur amour pour moi.
Possible alors que je souffre d'un manque de confiance de projection.
Mais possible ici que ce que j'écris à cet instant précis ne soit qu'un ramassis d'inepties : nulle souffrance n'étant comparable à celle causée par la découverte forcée d'Amiens, sans valise, sans argent et sans homme à accuser.


Et en plus, il fait beau : c'est la cerise sur le gâteau.


Au cinéma depuis le 9 mai 2012





mardi 8 mai 2012

Chercher le garçon

Invitée à la projection presse d’un film sur l’amour 2.0, je me suis résolue à quitter quelques heures ma vie de zéro pour aller voir un film très loin du zéro :
Chercher le garçon, premier long-métrage de Dorothée Sebbagh.

Emilie (Sophie Cattani) est en plein célibad.
Elle s’en rend compte un soir de réveillon où elle n’a que Champagne pour compagnon.
Consciente que la vie réelle est finalement surestimée, elle se décide à tâter du virtuel, en s’inscrivant sur un site de rencontres : Meet me




Mais du virtuel au réel, il faudrait parfois une poubelle.

Le premier homme qu’elle rencontre Thierry les yeux bleus (clin d’oeil comique à «Mickey les yeux bleus») veut de la consommation instantanée.
Contrairement au second : Julien le romantique, qui l’aime d’amour au premier regard, l’appelle sa petite fée et lui cite Stendhal dés le premier baiser : il est d’ailleurs le premier baisé.
Et le premier quitté.

Puis défile dans le casting d’Emilie un échantillon d’individus qui m’auraient tout de suite fait opter pour la vraie vie.
Parmi eux :
Yough Grant : Le fan d’Hugh Grant, de thé et de lui m’aime,
l’ancien boxeur : 23 combats/23 défaites,
Hicham le timide qui envoie son copain plus beau que lui à sa place,
Monsieur X : celui qui fantasme sur une horde de Playmobil debout sur un corps nu,
Celui qui veut «vivre sa vie de Bonobo» sans parler mais en courant par-dessus les collines, tout en assurant que faire l’amour est plus efficace pour connaître quelqu’un que tout discours,
Le danseur, qui danse sa vie mais pas son vit.

Et parallèlement à ces personnages burlesques, il y a la raison d’Emilie, ses origines, la réalité.
Ainsi, sa cousine Audrey (Aurélie Vaneck) lui dit un jour :

«Et si tu essayais le hasard?
Le hasard vaut mille rendez-vous.»


Alors Emilie scrute les parcs et plutôt que de courir après les hommes, elle regarde les hommes courir.

Ainsi, rencontre t-elle Gérard : un gros monsieur, ancien rugbyman, sorte de sage sur le retour qui lui confie qu’elle doit «endorpher» = créer des endorphines.
La solution? Faire du sport ou avoir des orgasmes.
Elle choisit le sport, et elle court, elle court.
Plus elle court et plus elle est heureuse et plus elle est heureuse et moins elle n’a besoin de rencontre piteuse.

Jusqu’au jour où...

Je ne vous raconte pas la fin, je vous délivre juste mon changement de point de vue post projection : la vie réelle est un concept sous-estimé.

Si vous voulez rire tout en admirant les plus beaux coin de la côte marseillaise, apprendre à avoir la cote et croire un instant qu’il est possible de troquer son mac pour un mec, courez chercher le garçon.

Moi j’ai déjà trouvé son nom. Et vous?

Sortie cinéma : le 9 mai 2012


Barbara

Eprise de saucisses dés ma phase orale, j'ai fait allemand première langue.
J'ai toujours été fascinée par ce dialecte qui sonne à la fois comme une insulte, une nuit d'ivresse et Herman Hesse.
Je suis bonne en saucisses grâce à l'allemand et réciproquement et je ne rate aucune sortie germanique.

Achtung, je suis une fille Arte.

Barbara est grande, Barbara est mince, Barbara est dure, Barbara est froide et Barbara est belle.
Pourtant, Barbara est un mélange physique entre Marge Simpson, Raphaëlle Ricci de la Star Ac' et Romy Schneider.
Barbara sourit rarement : l'Allemagne de l'Est des années 80 est son châtiment.
Barbara est médecin et son collègue André tombe aussitôt amoureux de sa beauté glacée.
Il la drague en lui parlant Rembrandt, piano et ratatouille : André, c'est la réalité sublimée.
Mais face à lui, il y a le régulier : le Sublime, celui qui vit à l'Ouest et offre des cadeaux à Barbara chaque fois qu'il l'étreint à travers champs et chambres sans vue, celui qu'elle veut suivre.
Don Draper en blond.

Tout est beau dans Barbara, même l'allemand et le bruit des clignotants, celui du vent, ce souffle de printemps, ce noir et blanc sublime à la fin qui rend les vagues noires et Barbara translucide.
Si lucide.
Lucide est Barbara, libre est Barbara, forte est Barbara, humaniste est Barbara mais Gourde n'est pas Barbara.

Barbara est un tableau filmé sur le courage et la liberté.

Un souffle d'espoir qui durera bien plus que cinq ans.

Au cinéma depuis le 2 mai 2012


samedi 5 mai 2012

50/50

Il fait gris, je suis triste et je n’ai décidé de ne sortir de chez moi que demain pour aller voter.
Aussi, ai-je décidé de regarder un film pareil à ma personne : un sujet triste traité avec humour.

Adam (Joseph Gordon-Levitt, le héros cool de «500 jours ensemble») a 27 ans, un boulot de cool à la radio, un pote méga drôle : Kyle (Seth Rogen que je marierais bien) et une copine rousse.
Son seul problème est celui de bien de mes admirateurs : n’avoir point fait l’amour depuis vingt et un jours.
Jusqu’à ce que son médecin lui en ajoute un encore plus sérieux : il est atteint d’un cancer de la colonne vertébrale.
Sa réaction immédiate :
«Je ne bois pas, je ne fume pas, je recycle.»

Alors Adam googelise à mort et apprend qu’il a 50% de chances de survie, d’où le titre de ce film que j’ai aimé et qui m’a fait comprendre que si l’on pouvait rire du cancer, on pouvait aussi rire du résultat des élections présidentielles de demain, quel qu’il soit.

Sa copine, démunie face à la nouvelle, lui offre un chien monstrueux qu’il appelle Skeletor et son ami Kyle tente de le rassurer en lui citant plein de stars qui ont survécu au cancer, dont le mec de Dexter.

Lors de sa première chimiothérapie, il copine avec de vieux cancéreux qui lui offrent des macarons à l’herbe en lui annonçant qu’après avoir perdu ses cheveux, c’est sa b*** qui rétrécira :
«Plus un cancer a de syllabes, plus il est grave.»

Mais Adam décide d’en rire, surtout quand il demande à Kyle de lui tondre le crâne avec son «rasoir à burnes» et que ce dernier à la vue du spectacle lui dit :
«On dirait Worf de Star Trek»

Kyle est un malin, il se sert du cancer d’Adam pour draguer et lors d’un vernissage, il aperçoit Rachel sortant avec un hippie de merde.
Adam quitte Rachel.

Heureusement, sa thérapeute est jeune.

Le divan le mènera t-il au lit?

Afin que vous voyiez ce film, je ne vous donnerai pas la réponse ni ne vous dirai si Adam va guérir, juste cet indice : Kyle, à la fin du film dit à Adam :
«On dirait Quatto dans Total Recall».

Louez ce DVD.

J’ai ri pendant ce film parce que Kyle est drôle, Adam rigolo et que l’amitié entre ces deux là est plus métastasée que le plus grand des cancers.

Mais j’ai pleuré aussi car je me suis sentie Rachel un peu :
Il y a quelques années quand j’étais 100/100 égoïste, j’ai connu un garçon qui a appris son cancer en même temps que son amour pour moi.
Mais au lieu de l’aider et de faire la mâle, je me suis fait la malle.
Je le regrette.

Petit garçon que j’ai aimé, je te dédie ces mots. (Ne te moque pas, ne pense pas à cette chanson : "A toutes les filles que j'ai aimées avant")



En DVD depuis le 24 avril 2012


mercredi 2 mai 2012

Dépression et des potes

Franck (Frédéric Testot) est à l’ile Maurice et regarde de sa chambre sa pulpeuse copine brésilienne sortir de l’eau.
Et en plus, c’est une vraie fille.
Les conditions parfaites du bonheur?
Non, car Franck reste dans sa chambre en pull et écharpe car la clim’ est cassée et qu’il a froid.
Franck passe des vacances pourries et en bon altruiste, il décide de gâcher aussi le séjour de sa brésilienne.
Qui le quitte en rentrant.

J’ai moi aussi passé des vacances à l’ïle Maurice récemment et il est vrai que ce fut un moment difficile tant la mer était chaude et la nourriture nutritive.
De retour à Paris, mon médecin m’a diagnostiqué une allergie au soleil.
Franck, c’est à la vie qu’il fait une allergie alors son médecin à lui, lui diagnostique une dépression.

C’est à l'hôpital, à l’occasion de la naissance du 2ème enfant de Benoît (le bel Arié Elmaleh) qu’il annonce la nouvelle à sa bande de potes qui tour à tour, vont l’aider et se rendre compte qu’ils vont finalement plus mal que lui.
William (Johnatan Lambert, nerveux et hilarant à souhait) est un petit avocat fiscaliste, marié à une femme jalouse et stérile avec qui il ne couche plus depuis 3 mois.
Il se fait toujours vanner par Romain (Ary Abittan, toujours habité), comique de la bande, qui vient de s’amouracher d’une fille belle, blonde, mais goy et aveugle.
Ses parents ne tolèrent pas cette relation naissante :
«Nous sommes juifs et opticiens et tu oses nous présenter une aveugle goy!»

Benoît vient quant à lui de se faire licencier et aurait rêvé d’être un artiste tant sa guitare le démange.
A la place, il se sacrifie pour ses morveux issus d’une femme-hamster : Anne Depetrini, gonflée-botoxée-frisée et ne gratte qu’un petit peu.

Franck décide de récupérer sa brésilienne : il apprend le portugais, la danse, le yoga.
Et le bonheur.
Dommage néanmoins que Fred Testot n’ait toujours pas appris à jouer la comédie en renouvellant la mono-expression de son visage.

Pendant que ses amis se rendent compte de tout ce qui leur manque :
-William : le sexe et la virilité
-Romain : l’émancipation familiale et la maturité
-Benoît : la vie de rock star et Moi.




«On n’a jamais rien en même temps : quand on a une meuf, on n’a plus de potes, quand on a ses potes : on n’a plus de meuf et quand on a un travail, on n’a plus de vie.»

C’est autour de cette grande réflexion sur l’âge adulte que cette bande de potes va évoluer, apprendre les sacrifices, l’indépendance et surtout imposer sa chance.

«Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s'habitueront.»
Cette citation de René Char eût pu être le slogan de Franck, Benoît et William. C’est le fil conducteur de ce film drôle, touchant, réaliste et optimiste.

Dépression et des potes, c’est un mélange entre la vérité si je mens pour le concours de vannes permanent : Romain, dans un bar gay :
«J’ai l’impression d’être un antisémite dans une synagogue.», du coeur des hommes pour la profondeur des sentiments qui unissent cette bande géniale et de nos vies à tous : ratées et rêvées à la fois.


Franck vient de m'envoyer un texto, je dois vous laisser : je vais me faire une pression et des potes.




Au cinéma à partir de mercredi 2 mai 2012






lundi 23 avril 2012

L'amour et rien d'autre

Chaque fois qu'on aime d'amour
C'est avec "jamais" et "toujours"
On refait le même chemin
En ne se souvenant de rien
Et l'on recommence, soumise,
Florence et Naples
Naples et Venise
On se le dit et on y croit
Que c'est pour la première fois
A chaque fois, à chaque fois
Chaque fois qu'on aime d'amour

Ah, pouvoir encore et toujours
S'aimer et mentir d'amour
Et, bien qu'on connaisse l'histoire,
Pouvoir s'émerveiller d'y croire
Et se refaire, pour pas une thune
Des clairs d'amour au clair de lune
Et rester là, c'est merveilleux,
A se rire du fond des yeux
Ah, pouvoir encore et toujours
S'aimer et mentir d'amour


«A chaque fois», Barbara



Arriver au cinéma des cinéastes et demander au jeune homme à la caisse et à la mèche romantique : «L’amour et rien d’autre» sans rien ajouter fut l’épilogue parfait du film dont je vais vous parler.

Martha (Sandra Hüller) est blonde, aime les coiffures rigolotes, raconter sa vie en faisant l’amour, son métier de professeur et son mari Paul (Felix Knopp).
Paul semble être angoissé, absent puis il part à Marseille et s’y suicide.
J’ai horreur de cette ville, possible que j’eus fait pareil alors ne lui jetons pas la Pierre à Paul.
Bref, des policiers annoncent la nouvelle à Martha qui n’en croit maux.
Martha ne pleure pas, elle demande à voir le corps de Paul.
Puis elle enquête sur ce dernier et se rend compte qu’il lui mentait depuis quatre ans : il n’a pas soutenu sa thèse, faisait semblant de se rendre à la faculté chaque matin. Dégun.
Maîtresse? Casino? Bars parallèles?
Martha ne saura jamais rien de son mari étranger qui s’est suicidé.

Un jour, Martha rencontre Alexander (Georg Friedrich), professeur d’histoire à la fac qui lui rappelle aussitôt Paul à cause d’un tic : la remise en arrière de mèche.
Elle le baptise Nino : «Tu as une tête à t’appeler Nino», l’invite chez elle et se met en T shirt/ touffe allemande à l’air pour qu’il la rejoigne dans son lit, tel un bon mari.
Alexander prend peur et s’en va, il faut dire que la touffe de Martha n’a pas oublié d’être grosse.

Deux semaines plus tard, elle s’excuse, promettant à Nino qu’elle a fait le ménage. (dans sa touffe?)
Puis une histoire commence, complètement fantasmée puisque Martha transfère tout Paul dans Nino. Il faut dire qu’en plus d’avoir la mèche, il a les épaules pour.

A quoi bon faire le deuil puisqu’avec cette idylle, elle est encore la, la possibilité d’un Il?

Martha est heureuse, elle s’invente des enfants et retombe en enfance avec Nino et le déni la sauve puisque le déni c’est Nino et qu’il est super beau.
Un jour Nino apprend la mort de Paul. Et je ne vous raconte pas la suite parce que vous devez aller voir ce film.

Je vois d’ici vos froncements de sourcils, chers lecteurs des Inrockuptibles.
Vous vous dites que le scénario est de Musso. Et bien non, c’est un film allemand.
Dans le film allemand, le corps parle, le corps beau.

Je vais vous dire pourquoi j’ai aimé ce film et pourquoi à sa sortie, j’ai préféré rentrer à pieds pour arrêter d’être par lui chamboulée.
La première raison du transfert, c’est l’imagination :
Et si on était Ken et Barbie?
Et si t’étais Jim Morrison et moi la seringue?
Et si j’étais ta maîtresse, tu sais la stagiaire, et pas ta femme cette nuit?
Et si tu te tirais une balle et que tu revenais?
Et si dans notre monde les livres existaient encore et que tu m’envoyais des lettres par la poste?
Et si c’était toi?


Le thème du transfert du précédent amoureux sur le nouveau est universel.
Dans ma vie du moins.
Mon premier amour était fou, drogué, pauvre, passionnant et passionné, romantique, poète pouet pouet, grand, drôle, beau, littéraire, chômeur et maigre, passionnel et fusionnel, musicien, fan.
Ceux d'après étaient encore fous, drogués, drôles, passionnels, fusionnels, artistes, fans.
Beaux pas toujours. Parce que je fatiguais.
Mais je restais la plus belle et l'étais pour deux.
Puis à la fin de ma vie, ma 3ème décennie, il restaient en eux une constance, cette éternelle page blanche : la folie.

Ainsi, je n’ai pas eu besoin qu’untel ou untel se suicide pour qu’en l’autre instantanément il revive.

Vous voulez savoir pourquoi?
Confidences pour confidences, c’est moi que j’aime à travers vous.

Au cinéma depuis le 18 avril 2012



mercredi 18 avril 2012

17 filles

C'est plus pour la frime
Que pour le frisson
Qu'un soir de déprime
Un gentil couillon
A eu le grand bonheur
De gagner l'pompon,
De cueillir sa fleur
Avant la saison.

«Elle a vu le loup», Renaud.

Etre un bébé ou en avoir?
Telle est la question.

Lorient, petite ville au bord de l’océan : Camille (Louise Grinberg), à l’issue d’une visite médicale au lycée confie à l’infirmière (la toujours excellemment juste Noémie Lvosky) : «Je crois que je suis enceinte.»
Camille marche au bord de l’amer, puis à travers champs. Camille n’a même pas 17 ans.
Puis elle retrouve ses copines sur la plage :
«De toutes manières, vous pouvez pas comprendre ce que je ressens.»
Puis elle rentre chez elle, cuisine pour sa mère (Florence Thomassin) qui rentre après le dîner puis repart.

Camille n’a pas de maman, alors elle en deviendra une.

«Ce sera comme si j’avais deux vies : une au bahut et une avec le bébé, une vie à 200%. Et puis j’aurai quelqu’un qui m’aimera toute la vie, sans condition.»
Et si le changement, c’était maintenant?

Tout le lycée est vite au courant de la grossesse de Camille puis sa mère, contrariée.
«-Je croyais que tu ne voulais pas d’une petite vie de merde!
-Au moins, moi je lui parlerai pas comme ça à mon enfant. Et puis je l’aimerai.»


17 filles, c’est l’histoire d’une fille qui décide d’être mère parce que la sienne ne l’a jamais été.

Mais Camille refuse de vivre cette expérience seule et c’est au Mac do qu’elle propose à ses copines d’être toutes enceintes avec elles :
«On sera libres, heureuses, responsables et on restera toujours ensemble.»
Qu’importe si ces jeunes filles sont mues par l’innocence de la jeunesse ou d’un mal de mai 68, c’est l’amour qui les guide. Et jamais la réalisatrice Muriel Coulin ne les jugera.
Elles décident de tomber enceintes en même temps lors d’une soirée.
Puis peu à peu, quinze filles tombent enceintes et un groupe se forme.
Les professeurs se réunissent : «Et si c’était politique?»
«Non messieurs, ni poly-triques d’ailleurs», aurais-je répondu, professeur chiante, drôle et associale que je suis.
Elles s’installent dans un mobile home désaffecté, s’y retrouvent pour fumer des joints tout en parlant prénoms d’enfants.
L’affaire intéresse les médias, des réunions de parents s’organisent. Tout le monde veut comprendre sans se soucier que comprendre, ça veut dire prendre avec. C’était ma seconde chiante france culture, pardonnez-moi.

Après son accouchement, Camille disparaît, ses copines retournent au lycée et élèvent chacune leur enfant séparément.
Ensemble, c’est tout mais ensemble c’est quand même bien reulou.

«On ne peut rien contre une fille qui rêve» est la dernière phrase du film".

Sans contrefaçon, je suis un garçon.


En DVD depuis le 18 avril 2012


lundi 16 avril 2012

Sleeping beauty

Je ne suis pas allée voir Sleeping beauty, de Julia Leigh dés sa sortie ciné car ce film me semblait trop blanc, trop lent, trop chiant : comme la vie avant le printemps.
Mais aujourd’hui, alors que je disais à une amie que la vie était une pute, je me suis dit, pourquoi pas ne pas voir un film de pute, pourquoi ne pas regarder la vie?
Ainsi ai-je vu sleeping beauty.

Lucy (Emily Browning) est rousse, pâle, frêle, étudiante et jolie.
Elle se fait faire des lavements dans la gorge pour gagner de l’argent, se fait tirer par un inconnu rencontré dans un bar après avoir tiré à pile ou face puis rentre chez elle et se fait engueuler par son colocataire qui lui demande de payer le loyer et de laver les joints de la salle de bain.
Puis elle fait des photocopies dans une grande entreprise, va chez son amant Birdmann (Ewen Leslie) qu’elle vouvoie en lui servant des céréales à la vodka.

Lucy n’est pas dans la chanson des Beatles et elle veut changer ça.

Ainsi accepte-t-elle une étrange mission professionnelle.
Lors de l’entretien, son employeuse lui dit :
«-Votre vagin ne sera pas pénétré : votre vagin est un temple.»

Lucy devient Sara, se fait pédicurer, manucurer, épiler le maillot à la cire et souffrir le martyr et lorsqu’elle rencontre ses collègues pour la première fois, l’une d’entre elles lui suggère de choisir le rouge à lèvres qui sera le plus assorti à ses grandes lèvres.

Demain, j’irai chez Séphora, j’y montrerai mon abricot et j’exigerai de la vendeuse qu’elle me trouve une teinture de rouge à lèvres à son niveau.

Sa première mission Mâlepower consiste à servir à boire en sous-vêtements à des mecs vieux et chics lors d’un dîner en ville : la routine.
Ses sous-vêtements sont blancs alors que toutes ses collègues en portent des noirs. Parce que vous comprenez, Sara, c’est la pureté.
Cette soirée semble sympathique : une ambiance Eyes Wide Shut/Histoires d’O/Apolonide sponsorisée par Paris Première.
Ou une impression de regarder Arte sans être défoncé.

Lucy continue à faire des photocopies, à voir Birdmann qu’elle semble aimer et à accepter de plus en plus de missions.

Voilà en quoi consiste son boulot : Elle se rend dans la maison de son employeuse Clara qui l’endort, la met dans un lit et des mecs vieux (des vieux mecs parfois aussi) ont le droit de l’utiliser à la condition de ne point la pénétrer ni lui laisser de trace.
Elle se réveille alors chaque matin comme si de rien n’était.
Ses clients sont tellement vieux qu'en toute situation elle demeure leur belle aux bois dormant.

Métro, boulot, lexo : Tel est son nouveau crédo.

Lucy se trouve un bel appart, se fait virer avec joie du photocopiage, perd Birdmann qu’elle aimait et continue de se faire endormir pour subsister et que de vieux messieurs vivent leur vit.

Elle a raison Lucy : ne vivant point de rêve éveillé, autant vivre ses cauchemars endormie.

«La peur de la mort est un grand canular», dit-elle.

La fureur du vit aussi.

Sleeping beauty n’est pas un film de pute, c’est un putain de film.


En DVD depuis le 20 mars 2012



vendredi 13 avril 2012

A la poursuite du Marsupilami

Etonnée d'entendre de mes élèves de cinq ans :  
"Il est trop mignon le Marsipulami et sa queue, elle est tellement grande, qu'il peut tout faire avec",
je suis allée voir le dernier film d'Alain Chabat pour m'assurer que ces derniers ne bluffaient pas. 

Le Marsipulami n'est pas une peluche, comme dit Jamel, mais une «vraie luche» et il n'est pas queue mignon : son organe mesure huit mètres et avec il peut tout faire même combattre les très très méchants.

Mais les vrais gens qui entourent le Marsupilami ne sont pas mignons-à gros organes et c'est la raison pour laquelle ils sont si drôles : 

-Alain Chabat, je vois sa tête, je ris : qu'importe comment il tombe, comment il parle, comment il imite le canard, avec lui, je me marre. 

-Jamel a besoin d'en faire trop pour me faire rigoler, pas rire, rigoler. 
Mais nul n'aurait été meilleur faire-valoir du plus grand des Nulissimes : Alain Chabat. 

-Lambert Wilson, en dictateur, c'est lui que j'ai trouvé le meilleur.  
Lors de son imitation de Céline Dion, je me suis dit :
"Ca, c'est de l'acteur studieux". 

J'ai ri au même moment que riait chaque enfant de la salle : quand Alain Chabat reçoit des décharges de taser et qu'il nous ressert les mimiques adorées du génial chien Didier, quand un mini chien viole l'oreille de Jamel, quand on apprend que si le Marsupilami meurt, le monde dysfonctionnera tellement que tout le monde portera un pull sur les épaules (Je nourris exactement la même attraction-répulsion pour le pull sur les épaules), quand Jamel sauve la vie du Marsupilami en lui administrant une énorme baffe. 
Et j'en passe.  

Ce n'est pas la taille de la queue du Marsupilami qui compte ni les couilles en or qu'Alain Chabat est en train de se faire grâce à lui mais cette phrase de la grande philosophe Jenifer à propos de ce film :  
"C'est rien queue du bonheur"



Au cinéma depuis le 4 avril 2012




dimanche 8 avril 2012

My week with Marylin

Je ne connais pas grand chose de Marylin, j'ai vu quelques uns de ses films et un reportage sur Arte relatant ses entretiens avec son psy.

En revanche, je connais Dawson par coeur : adolescente, je regardai tous les épisodes et adolescente encore-l'année de mes 32 ans- je me suis délectée de leur rediffusion sur la TNT.

Dawson a une tête de Cocker et est amoureux de Spielberg, de Joey sa voisine farouche mais c'est Jane Lindley qui le dépucelle.

Et Jane Lindley, c'est Michelle Williams, la Marylin Monroe du film "My week with Marylin".

A l'époque de Dawson, Michelle Williams était la blonde au nez de cochon, sous-titre : celle qui couchait.
Pourtant la série lui réservait une fin peu glorieuse : la mort précoce.
Il est bien connu qu'aux Etats-Unis : Coucher tue.
Elle était donc faite pour incarner Marylin.

Mais avant, je la découvrai actrice de "My blue Valentine" : faire-valoir de Ryan Gosling dans le rôle d'une épouse victime du quotidien.
Avec ses grands yeux tristes et sa mine défraîchie, elle m'avait bluffée dans ce rôle.

Et après avoir passé une heure quarante deux avec Marylin, j'ai déjà oublié Jane Lindley, la petite cochonne de Dawson.

My week with Marylin relate le premier voyage de Marylin Monroe en Angleterre, venue interpréter dans "Le prince et la danseuse" la compagne du cultissime acteur anglais Laurence Olivier.

Ce tournage dure une semaine durant laquelle Colin Clark (Eddie Redmayne avec qui je passerais bien sept ans de réflexion) , 23 ans, troisième assistant réalisateur, tourne avec Marylin, son premier film d'amour à lui.




Il découvre la fragilité de Marylin, sa peur d'être abandonnée, son besoin d'être sans cesse accompagnée : son absence de mère.
Et durant une semaine, alors qu'elle vient d'épouser l'écrivain Arthur Miller, c'est dans les bras de Colin qu'elle trouve du réconfort.
Laurence Olivier (Kenneth Branagh) se montre d'une dureté sans pareille à l'égard de Marylin, il lui envie en effet son je(u) à l'instinct, à l'instant aussi, lui qui vient de l'école anglaise, celle qui ne rigole pas.

A la fin du tournage, il confie à Colin :

" -C'est une actrice extraordinaire!
-Vous devriez le lui dire.
-Elle ne me croirait pas : c'est ce qui fait son talent. Et sa tristesse aussi."


Appelez-moi Marylin.


Au cinéma depuis le 4 avril 2012



lundi 2 avril 2012

Young adult

3615 ma vie

Je mesure 179 centimètres et j'ai bientôt 33 ans.
Pourtant, j'ai un coussin Hello Kitty, des chaussons Hello Kitty, une veilleuse Hello Kitty, un porte-savon Hello Kitty et j'emprunte à mes élèves de cinq ans leurs barrettes et serre-têtes Hello Kitty.
Quand un garçon veut me faire un cadeau, il ne va pas chez Cartier mais chez Joué Club.

Je passe mon temps à me contempler dans un miroir Hello Kitty pour n'avoir à regarder la vie que je trouve tellement insignifiante.
Mon meilleur ami,très chic, dit que c'est mon côté Marylin.

Mais cet ami omet que j'ai simplement treize ans et demi et que je trouve que la réalité est un concept surestimé.

Depuis mercredi, mes copines me disaient: "Tiens, y'a un film sur toi!" et comme j'avais adoré le précédent film de Jason Reitman, Juno, et que je m'aime, je suis allée voir Young adult.

Mavis Gary (Charlize Theron) a 37 ans et écrit des livres pour adolescents.
Elle a quitté sa province pour s'installer à Minneapolis où elle s'alimente de séries débiles.
Mavis a un petit chien pour son sac à main et elle rêve sa vie. L'alcool l'y aide beaucoup.

Au lycée, Mavis était la fille la plus populaire même qu'elle avait gagné le prix des plus beaux cheveux. Aujourd'hui, elle se les arrache.

Mavis est grande, belle, seule, elle met du silicone dans ses soutien-gorges pour attirer l'attention sur ce qui n'est pas faillible, une allégorie de nos profils facebook.

Je faisais pareil à la fac, une copine qui venait de se faire poser des implants m'avait refourgué ses rajouts en silicone et je me baladais avec partout, je les exhibais partout, à tout le monde, c'était un jeu, j'avais de gros seins, c'était pour de faux.
Mais j'étais heureuse : Le bonheur est faux.

Un jour Mavis reçoit le faire-part de naissance du fils de son ex, Buddy Slade (Patrick Wilson) et en érotomane qu'elle est, décide de retourner sur les lieux de son adolescence pour reconquérir Buddy. Mais Buddy, en plus d'être papa, semble aimer sa femme.

Mavis s'enferre dans un vain jeu de séduction comme pour se persuader de nouveau que le bonheur adulte n'existe pas.

J'ai pleuré pendant le film parce que comme Mavis, je me planque derrière la certitude qu'avoir des enfants et un mari, ça n'est pas le bonheur.
Je quitte toujours les garçons qui rêvent de morveux avec moi parce que je sais que mon morveux, il naîtrait avec un miroir Hello Kitty dans la main et son premier mot ne serait pas "maman" mais "amant". A 3 ans, il se créerait un profil facebook, et à cinq ans, il aurait déjà sa page fan. Pourtant sur facebook, je cherche un géniteur.

Ma meilleure amie va se marier en octobre et ma seule pensée est la peur de la perdre.

Comme Mavis, je ne vois plus mes parents parce qu'ils m'espèrent encore en CE2 et qu'ils rêveraient de faire tous mes devoirs à ma place.

Alors oui, j'ai aimé ce film et oui: j'ai un petit côté Marylin.
Mais je ne cèderai jamais aux avances de Nicolas Sarkozy.
Ouais, je sais, je suis un peu comme Saez : j'accuse.

Au cinéma depuis le 27 mars 2012


lundi 26 mars 2012

Les adieux à la reine

Quand un film me donne envie de pleurer, c'est qu'il est bon, quand il me donne envie de tweeter, c'est qu'il est con.

Mes adieux à Benoît Jacquot.

Adolescente, j'avais adoré La fille seule de Benoît Jacquot, je ne me souviens plus trop pourquoi mais c'était bien, j'avais pleuré et découvert celle qui allait remplacer Sophie Marceau dans mes OK Podium: Virginie Ledoyen.

Le dernier film de Benoît Jacquot : Au fond des bois, m'avait happée par la démence et l'originalité du propos: Une jeune fille se fait hypnotiser par un simplet psychopathe dans une forêt.

Ensuite, comme par principe, j'ai aimé tous les films dans lesquels jouaient Virginie Ledoyen, de ceux d'Olivier Assayas, à celui d'Emmanuel Mouret, en passant par celui de Danny Boyle (La plage): Non, là,je déconne.

Quant à Léa Seydoux, elle m'a toujours énervée.
D'une part, parce que son succès tient à son ascendance : c'est la petite-fille Gaumont Pathé.
Mes initiales ont beau être celles de Marin Karmyz, aucun distributeur ne cherche à exploiter mes talents d'actrice, pourtant si évidents: je suis une perverse narcissique.

La deuxième raison de mon grief envers cette demoiselle, c'est qu'elle a embrassé Louis Garrel dans La belle personne (petit bijou de Christophe Honoré) alors qu'il n'a de place dans ma vie qu'en poster et dans mes toilettes: Fait chier.

Diane Kruger m'est indifférente, je l'ai découverte chez mon coiffeur il y a plus de quinze ans, quand elle posait pour Franck Provost.
Rien d'étonnant que Benoît Jacquot ait pensé à elle pour porter des perruques en minaudant.

J'étais donc impatiente de voir ce film même si une amie m'avait dit qu'il était "monstrueux" et que Diane Kruger méritait un Gérard pour son interprétation.
Je me disais qu'elle bluffait, que c'était du snobisme.
Et pourtant...

Les adieux à la reine, c'est un mélange entre une pub pour La laitière et un film érotique de la TNT sans érotisme.

Le jeu des acteurs, quant à lui, est un mélange entre le jeu de Rocco Sifredi dans un film de Catherine Breillat (sans sexe, évidemment) et celui des Inconnus dans leur version des Liaisons dangereuses.

Le thème de la fin du règne de Marie-Antoinette n'est qu'un prétexte pour montrer les décolletés de nos héroïnes et de nous offrir, via un contexte révolutionnaire, le tumulte qu'il manque au scénario.

Sidonie Laborde (Léa Seydoux) est la liseuse de Marie-Antoinette (Diane Kruger) et rêve de la conquérir alors que cette dernière est folle de Gabrielle de Polignac (Virginie Ledoyen, dont la doublure nue est bonne actrice). Ceci est le scénario.

Je donne raison à ma meilleure amie et accorde à Diane Kruger son Gérard, amplement mérité.
Mais plus généreuse qu'elle, je n'oublierai pas de remettre à Virginie Ledoyen un prix Gitanes sans filtre et à Léa Seydoux un pack de six yaourts au lait entier, saveur mielleuse de marque La laitière.

Seules Marie-Julie Parmentier et Noémie Lvosky tirent leur épingle du Moi-Je.

Benoît Jacquot est mort, vive Benoît Jacquot.


Au cinéma depuis le 21 mars 2012





lundi 19 mars 2012

Pauline à la plage

Ce matin, j’étais au salon du livre, j’y ai entendu plein de gens qui parlaient comme dans un livre et ça m’a vite donné envie de rentrer pour revoir un film de Rohmer.

Pauline à la plage fait partie du cycle des comédies et proverbes et montre pour la première fois à l’écran les seins d’Arielle Dombasle qui eux, sont des plus sérieux.

«Qui trop parole, il se mesfait.»

Marion (Arielle Dombasle) passe ses vacances en Bretagne avec sa jeune cousine Pauline (Amanda Langlet) à la recherche de l’amour.
A la plage, elles croisent le beau Pierre (Pascal Greggory), professeur de planche à voile, vieil ami et amoureux transit qui lui présente Henry (Féodor Atkine), un libidineux qui ne se contente pas d’être chauve mais se vante en plus d’être ethnologue en Océanie.

Marion, Pauline, Pierre et Henry exposent dans ce film érotico-éducatif chacun leur vision de l’amour.

Marion, c’est moi : grande, blonde, athlétique, ultra agaçante avec son accent de bourgeoise décadente.
Une enfant qui subit son sublime corps de femme alors qu’elle s’en croit responsable.
Elle s’apprête à divorcer d’avec un homme qui ne la faisait pas brûler mais refroidir.
Comme moi, elle confond amour et passion et préfère vivre quelques moments d’exaltation avec un gros dégueulasse plutôt que de vivre des années durant avec le confort d’un Jean-Jacques qui lui lèguerait sa vie.

«L’amour, c’est quand sous la surface on saisit d’un coup d’oeil toute la profondeur d’un être.»

Tous les hommes pour qui j’ai brûlé m’ont consumée au premier regard. Fragilisée et quelque peu choquée par ces violentes rencontres, je n’ai jamais pu les aimer avec sérénité, opposant ainsi amour et quiétude : Marion se targue d’avoir toujours eu «la fascination du danger»
L’amour a toujours été pour moi le contraire du confort, ainsi suis-je à la rue aujourd’hui.
«Je ne cherche pas quelqu’un qui me ressemble mais qui me complète.» confie t-elle à Pierre :
Ici réside notre différence : 
Je suis tellement parfaite que je n’ai pas besoin de complément.

Pauline, 15 ans, c’est la maman que je n’ai jamais eue : Elle a tout compris : que les vieux sont hypocrites, qu’ils tombent amoureux des personnes qui leur font du mal.
Du haut de son mètre quarante sept, elle sait qu’elle ne tombera pas amoureuse de quelqu’un qu’elle ne connaît pas, que l’amour est dans le temps. 

Pierre, comme Marion, est un enfant. Il est amoureux fou de cette dernière qui n’a d’yeux que pour Henry et même si elle le repousse, il continuera de l’aimer. Pierre pense que l’amour vient à l’usure. Il est jaloux, maladroit : Blond.

Henry, c’est le vieux papa, avide de conquêtes pour vider sa quéquette.
Pour lui, «L’amour est un rêve.»
Cette philosophie légitime son comportement de lâche, tendance pervers narcissique avec Marion, on ne peut pas lui en vouloir car s’étant jetée sur lui, elle n’a pas su de lui se faire désirer. Il n’a donc pas pu rêver donc l’aimer.

Pierre aime Marion qui aime Henry qui n’aime personne.
Moi j’aime Rohmer qui aime Pierre, Marion, Henry et moi qui ne suis personne.



Pauline à la plage (1982)
REALISATEUR:Eric Rohmer
ACTEURS:Amanda Langlet, Arielle Dombasle, Pascal Greggory

GENRE:Romance, Comédie dramatique
EDITEUR:Les films de ma vie
DATE DE SORTIE:03 février 2009




samedi 17 mars 2012

Cloclo

Je viens d'une famille France Inter Télérama. Autant vous avouer qu'à la maison, je n'avais jamais entendu chanter Cloclo.
Chez nous c'était Brel, Gainsbourg, Ferré , Renaud et Le jeu des mille francs.
Dalida, Sardou Johnny, TF1 et Cloclo, c’était pour les clodos.

La première fois que j’ai entendu Claude François, c’était à une surboum : J’ai alors pensé qu’il était un chanteur pour les cool puisqu’il faisait danser tout le monde. Moi qui n’aimais que lire et parler parce que j'étais moche, j’ai continué à ne pas l’aimer.
A cette époque, j'avais des lunettes un appareil et je pesais 45 kg pour 2m13 : j'avais de fait eu 20/20 en dissertation en recopiant toutes les paroles du mal aimé, jamais des oui dans la marge ne m'ont autant faite jubiler.
Et oui, j’ai eu moi aussi 17 ans.

Puis Cloclo est réapparu dans ma vie de manière moins dansante : c'était lors de ma première année d'enseignante. La leçon portait sur Clovis et je me souviens avoir dicté à mes élèves : "Clovis, dit Cloclo". Sur les contrôles de mes trente élèves, Clovis n'était plus un roi mérovingien mais Cloclo, ça n'a pas plu aux parents mais je sais aujourd'hui qu'aucun roi n'aura plus marqué ces élèves de CM1 C.

J'aime Jérémie Renier, fan des frères Dardenne, j'ai suivi toute sa carrière, jusqu'à aimer Potiche, de François Ozon dans lequel il jouait.
D'où ma présence à la première séance du Pathé Wépler en ce mercredi 14 mars dans une salle bondée.

Cloclo est une biographie de Claude François, de sa naissance à sa mort.
C’est donc interminable et je me suis retenue d’aller aux toilettes pendant la dernière heure, dans le seul but de vous contenter, chers lecteurs.

Je vous épargne la vie de Claude François : sa misérable enfance en Egypte auprès d’un père mort sans avoir pu être fier de son fils, son amour pour sa «mamma», ses débuts comme batteur, ses histoires de coeur de la brune perdue aux blondes pas gagnées, son amitié avec Paul Lederman (Benoît Magîmel dans une mauvaise imitation d’Enrico Maccias) parce qu’il fait beau et que vous la connaissez déjà.
J’en viens donc à l’essentiel : mon avis.

Jérémie Rénier est fabuleux : il danse bien, sue bien, pleure bien, est parfait en jaloux maladif, en mégalomane flamboyant, en tombeur de ces drames, en maître de tout ce qui l’entoure sauf de lui.Même obcsession du détail que moi, même jalousie, même narcissisme, même quête du père dans chacune de ses conquêtes, même mèche aussi tiens.

Jérémie Rénier sauve 2 heures 28 de: Je t’aime-je suis jaloux-je te contrôle-tu ne veux pas-je te quitte-j’écris une nouvelle chanson-je suis encore plus une star multiplié par 233. C’est en tous cas l’impression que j’ai eu tellement j’avais envie d’aller aux toilettes.

Mais j’ai battu le rythme à chacune des chansons, eu envie de danser avec les clodettes, j’ai pleuré avec lui chacune de ses ruptures, les miennes ont été les mêmes

Pourtant, à sa mort j’étais heureuse : enfin les toilettes.

Cloclo m'a tellement marquée que je vais prendre un bain.

Pardon papa, pardon maman.

Au cinéma depuis le 14 mars 2012




lundi 12 mars 2012

Lunes de fiel

L’amour physique est sans issue.
Gainsbourg

J’ai vu La boum 14 fois et Lunes de fiel, 16 fois.
Le premier parce que j’aurais voulu être Vic ado et le 2ème parce qu’après l’adolescence, c’est Mimi (Emmanuelle Seigner dans lunes de fiel) que je suis devenue.

La première fois que j’ai regardé Lunes de fiel, c’est sous le conseil de mon premier amoureux qui, fort de me considérer comme un auteur dramatique, me considérait surtout comme une amoureuse dramatique : je le dominais outrageusement et le punissais quand il oubliait de penser à moi plus de soixante fois par seconde.
A la fin, c’est lui qui m’a punie en se débarrassant de moi.
Il m’a laissée seule avec ce DVD de Polanski, que chaque année, je regarde en pensant à lui.

Lunes de fiel est l’adaptation d’un essai du même nom de Pascal Bruckner et traite des dérives de la passion, pas de l’amour que je n’ai jamais connu par peur de tuer avec lui mes 85 % de créativité, non, de la passion qui fait si mâle qu’on en ressort plus Homme.

Oscar (Peter Coyotte) est un écrivain américain qui s’exile à Paris pour trouver l’inspiration et l’inspiratrice. Il rencontre Mimi (Emmanuelle Seigner) dans un bus et est tout de suite attiré par son innocence, son charme enfantin, sa pureté mêlés à son immense sensualité, son animalité et surtout par le fait qu’elle me ressemble mais Polanski, si pudique, ne nous le laisse deviner qu’à demi maux.
Il l’invite à manger des croissants au petit matin puis ils s’aiment pendant des jours, des mois, ils se mangent le corps tout le temps.
Puis la lassitude d’Oscar s’installe, il perd l’inspiration, le désir et outre leur corps, c’est leur coeur et leur âme qu’ils se dévorent. Mais Mimi s’accroche à Oscar, acceptant de lui toute humiliation plutôt que l'expiation.
Jusqu’à la rupture. Puis l’accident.

Quelques années plus tard, Mimi revient pour se venger de l’avoir tant aimé.
Pendant que je te voulais m’aimer, toi tu me voyais mémé, semble t-elle avoir ruminé.

Des années passent et le couple perdure, dans la douleur, la vengeance, le sado-masochisme.

Mimi semble avoir repris le dessus, mais sur l’amour qu’elle voue à Oscar, rien n'est moins sûr.

C’est sur un bateau de croisière pour la nouvelle année que se déroule le coeur de l’intrigue.
Un bateau sur lequel Mimi et Oscar, en fin de liaison, font la connaissance d’un jeune couple : Nigel (Hugh Grant, épatant de lâcheté) et Fiona (Kristin Scott Thomas).
Nigel est tout de suite infiniment attiré par Mimi et Oscar, s’en rendant compte, propose à ce dernier de lui raconter toute son histoire avec elle en lui promettant qu’à la fin, elle lui sera offerte...

Malgré ses longueurs, ses clichés, l’absence de message catholique que ce film délivre, le jeu parfois caricatural d’Emmanuelle Seigner, j’ai adoré ce film parce que toutes mes copines vont se marier et la lune de miel, je trouve ça d'un cliché.

Lunes de fiel (1992)
Acteurs : Emmanuelle Seigner, Peter Coyote, Hugh Grant, Kristin Scott Thomas, Victor Banerjee
Réalisateur : Roman Polanski
Studio : StudioCanal
Date de sortie du DVD : 9 janvier 2006



mardi 6 mars 2012

Chronicle

Super Zéro

Sur Twitter, je suis «abonnée» à Bret Easton Ellis, le Karl Lagerfeld de la toile, pro fête à ses heures.
Bret a conseillé Chronicle à ses abonnés alors je suis allée voir ce film en me disant que j’allais lui envoyer ma critique et qu’évidemment il allait l’adorer.

Chronicle, c’est l’histoire d’Andrew Detmer (Dane DeHaan), un adolescent maigrelet de 16 ans, puceau, violenté par son père au chômage et moqué par ses camarades de classe : Il s’achète une caméra pour filmer toute sa vie façon Moins belle ma vie.

Andrew n’a qu’un ami : Matt Garetty (Alex Russel) son cousin.
Matt est le mec parfait : à la fois populaire, moral et cultivé : il cite Schopenhauer, Jung et Platon aussi naturellement que je rédigerais un statut facebook.

Lors d’une soirée, Andrew et Matt font la connaissance de Steve Montgomery (Michael B. Jordan), le noir populaire et musclé, marqué d’un éternel sourire phosphorescent, mélange d’Obama et d’Omar Sy en beau.

En descendant dans un puits, ils reçoivent des rayons supersoniques et sont pris, instantanément de pouvoir télékinésiques à la Carrie.

Plus le film avance, plus le trio adolescent développe ses pouvoirs.
Même qu’ils apprennent à voler.Quand ils découvrent ce don, on se croirait dans la scène de parapente d' Intouchables mais sans parapente, sans musique et sans Omar Sy.
C’est donc mieux.

Andrew a enfin des amis, il devient populaire au lycée grâce à un spectacle que lui organise son ami Steve dans lequel il exhibe quelques uns de ses pouvoirs.
A l’issue de ce spectacle, il tombe toutes les filles et l’une d’entre elles aux cheveux roses est prête à le dépuceler mais il lui vomit dessus.
C’est la que tout bascule.
Andrew redevient la risée de ses camarades et utilise ses pouvoirs pour faire le mal autour de lui.
Jusqu’au pire.

J’ai adoré Chronicle pour une raison qui va vous faire pleurer et m’aimer d’avantage.
Au collège, j’étais la mal aimée : je mesurais 1m75 pour 50 kg, j’avais les cheveux courts, un appareil et des lunettes, mes sponsors étaient C&A et la Camif, dés qu’on me parlait, ma peau devenait celle d’une chti et ma seule amie était une noire handicapée.
Comme Andrew, je trouvais ridicules ceux qui se battaient pour la popularité et j’étais bien comme j’étais. Avec Goethe, Freud, mon amie et mon monde imaginaire.

Vous riez jaune parce mon discours, on dirait celui de n’importe quelle mannequin ou actrice hollywoodienne qui, pour s’excuser d’être une pub pour Photoshop aujourd’hui, se défend d’un passé monstrueux.
Digression finie, en voyant ce film, je me suis demandée si, comme Andrew, je me serais vengée de tout ce méchant monde si j’avais eu des supers pouvoirs.
Et je n’ai pas trouvé la réponse.

Quand un film ne me donne pas de réponse clé en mains, je trouve ce film bon.

Au cinéma depuis le 29 février 2012


vendredi 2 mars 2012

Les infidèles

Tromper, c’est mâle

Ce que j’ai préféré dans les infidèles? Les affiches censurées et les bande annonces.
Ce que j’ai moins aimé? Le film.
Si encore c’était un film. Mais non.
Les infidèles, ce sont sept films à sketchs dont les personnages récurrents sont Jean Dujardin et Gilles Lelouche.
Les personnages que campent ces deux derniers sont tantôt victime de la moche (Jean Dujardin, en Jean-Claude Dusse houellebecquien essayant le temps d’une nuit de séminaire de ken n’importe laquelle de ses collègues, dont Isabelle Nanty-c’est dire) , tantôt victimes de la mort (Gilles Lellouche qui s’amourache d’une étudiante pour se repayer une jeunesse), tantôt victimes d’eux-même (Guillaume Canet, en aristo pull sur les épaules Saint-Nicolas du Chardonnet) est le seul à se tenir pour seul responsable de ses infidélités).
Mais ils demeurent toujours ridicules, machos, tristes et grossiers (Jean Dujardin regardant une fille : «Elle a un beau visage mais son cul c’est les Yvelines»).
Et les femmes, irréprochables.
C'te blague.

Sinon, j’aime beaucoup Gilles Lellouche, il sort d’ailleurs avec une Mélanie, fallait s’en Doutey.

Si vous avez une carte de cinéma, allez quand même voir les infidèles pour le film avec Chouchou et Loulou sur le retour (Jean Dujardin et Alexandra Lamy qui s’avouent leurs infidélités respectives lors d’une soirée.)
J’ai aimé ce passage, il m’a rappelé un élément de ma vie, quand j’avais pris un mec en flagrant délit de cocufiage et qu’il m’avait juré sur la tête de sa mère qu’il ne s’était rien passé, j’avais fini par lui faire la technique qu’Alexandra Lamy m’a pompée dans le film à savoir :
«Je sais tout chéri, c’est cool, on va en parler calmement et je ne t’en voudrai pas, bien au contraire».
Sauf qu’après, je ne lui ai jamais pardonné.
Contrairement, peut-on l’imaginer, à Alexandra Lamy, faut dire qu’il est bankable Jean Dujardin.

Une autre scène m’a rappelé un autre homme : Gilles Lellouche coincé dans une de ses maîtresses en position de levrette qui dit à sa femme, les apercevant tous les deux à l’hopital :
«Je sais pas c’est qui.» (célèbre phrase du grand philosophe Tony Parker lorsqu'au grand journal on lui avait demandé ce qu'il pensait de Ségolène Royal).
Bref, j’avais découvert des photos d’une fille sur l’ordinateur d’un garçon qui m’avait d’abord dit :
«Je ne sais pas qui c’est», puis :
«Ah si, ça doit être une fille que j’ai aidé en français, sur Skype, et qui a insisté pour m’envoyer des photos d’elle, en guise de remerciement

Pas besoin d’aller voir Les infidèles quand c’est plus drôle à la maison.

Au cinéma depuis le 29 février


Le skylab

Je n’aime pas Julie Delpy même si ses films m’ont toujours été agréables.
Je n’aime pas Julie Delpy parce qu’elle a une tête de végétarienne, alter-mondialiste, une tête à manger du tofu, vêtue d’un sarouel sur le canal saint-Martin.

J’ai donc attendu d’être bien malade pour voir Le skylab.

Ca se passe en 1979 (cette information est la plus fondamentale de tout mon article puisqu’en 1979, je naquis) en Bretagne et plein de gens se réunissent dans une grande maison pour l’anniversaire d’une vioque. Le scénario français de base. A l’image de Nos jours heureux que j’avais bien aimé.

Donc Anna (Julie Delpy) joue son propre rôle de bobo (bohème-bouffie) et elle y excelle : elle est artiste de rue, bassine sa fille de 11 ans avec des films intellos allemands, est féministe et trotskiste et aime Barbara. Je valide ce dernier point.

Son mari, c’est Jean (Eric Elmosino) : un mélange de Carlos en maigre, d’Antoine et de Philippe Gelluck. Il est sympa mais artiste de rue.
C’est un vieux bobo dégueulasse mais il connaît Les anarchistes, de Léo Ferré, ça rattrape.

Autour d’eux plein de caricatures attachantes dont Monique(Noémie Lvosky), la femme aux gros seins qui chante du Dalida, Tante Linette (Aure Atika) en chignon, pas du tout crédible.

Les autres adultes importent peu tant les enfants leur volent la vedette. Albertine est la fille de Marie et Jean, elle est grassouillette et tombe amoureuse d’un beau gosse de 13 ans, elle sait déjà qu’il existe de catégories de journaux : Le monde et d’autre part «Les conneries de droite».

Normal, quand les belles vivent, les moches, elles, savent.

En bien sûr, il y a Christian (Vincent Lacoste) : A 17 ans, il se plaint d’être encore assis à la table des enfants, il fume et boit en cachette, emballe des filles du village qu’il appelle les pupuces (pucelles), il danse, il est beau, drôle et heureusement que j’ai vu ce film après JC comme Jésus Christ car je le re-aime Vincent Lacoste.

Et même si je suis carnivore et capitaliste, j'ai aimé le skylab.


En DVD depuis le 8 février 2012




mercredi 29 février 2012

La collectionneuse



«La laideur, c’est une insulte pour les autres.» Eric Rohmer

Prétentieuse, romantique, esthète et littéraire, je suis une fan d’Eric Rohmer. On me dit souvent que j’ai un accent précieux ou que je parle comme dans un livre. Ou comme dans un film de Rohmer. A chaque fois qu’on me dit ça, je tombe encore un peu plus amoureuse de moi.

Pour ma première critique rohmerienne, j’ai choisi un titre accrocheur car prometteur sur Twitter: La collectionneuse.

La collectionneuse s’inscrit dans les délicieux contes moraux de Rohmer, c’en est le quatrième volet.

Les contes moraux, c’est comme les fables de La Fontaine mais avec des hommes, c’est également plus long, plus beau et érotique.
Sinon, pour le commun des mortels aka les gueux, c’est chiant, long, bavard et prétentieux.
Comme moi.

Adrien (Patrick Bauchau), grand dandy méché, passe ses vacances dans une grande maison du sud de la France en quête du néant. Mais ce projet est troublé par celui avec qui il cohabite : Daniel (Daniel Pommereule), sorte de Phlippe Katerine philosophe et surtout : Haydée (Haydée Politoff), nymphette offrant à bien des hommes, ses délicieuses gambettes.
La scène d’ouverture, de deux minutes environ nous montre Haydée marchant au bord de la mer. On y voit sa nuque beaucoup, ses genoux, ses hanches.
On sait dés lors qu’Haydée sera l’objet du film, le lumineux objet de désir.

Haydée est très jeune, en quête de bonheur. Ainsi, elle couche avec beaucoup d’hommes pour y parvenir. En vain. Adrien, quant à lui est en quête de repos, il cherche à ne rien faire si ce n’est lire et se baigner. En vain. Haydée et Adrien se tournent autour et plus Haydée se rapproche d’autres hommes qu’Adrien (dont Daniel), plus Adrien est titillé.

Malgré son titre pseudo érotique, La collectionneuse n’est pas un film sur la quéquette mais sur la conquête. Et comme dans beaucoup de films de Rohmer, il pose des questions sur l’infidélité : Un désir? Un besoin? Ou commence t-elle? Existe t-elle? A t-on besoin de faire l’amour pour être infidèle? N’est-elle après tout pas plus qu’un concept comme l’amour, le nihilisme et le bonheur?

C’est aussi un film sur la liberté-Attention, je vais me la péter-
Haydée est une incarnation de la Grâce qui vient troubler le nihilisme philosophique d’Adrien (en gros, le fait qu’il soit méga reulou à se prendre autant la tête) : il est immédiatement troublé, tombe malgré lui amoureux d’elle, mais au dernier moment, pêche par quête de pouvoir (C’était du bluff sa quête nihiliste, trop beau pour être nihiliste) et renonce à son bénéfice pour retrouver une illusoire liberté.
Sa liberté n’est en effet pas la liberté volontaire infinie de Descartes : l’infinité divine elle-même —En effet, si Adrien tombe sous les charmes enfantins d’Haydée, c’est parce qu’il en a pris l’intime décision en refusant de rejoindre sa régulière à Londres, il est conditionné par son refus d’aimer celle qui l’aime, par sa soif d’absolu et d’aventure et tout à la fois par la morale qui le condamnera une fois cette soif repue.

C'est monstrueux comme je me la suis pétée.

Disponible en DVD
Editeur : Opening
Zone : 2
Date de sortie : 22/09/2006
Bonus: Court métrage : UNE ÉTUDIANTE D’AUJOURD’HUI (1966)








vendredi 17 février 2012

La vie d'une autre


Encore une actrice à la réalisation, Mathieu Kassovitz qui encule le cinéma français et tout à la fois joue dans le "film" DE Sylvie Testud, Juliette Binoche avec du gloss et une bande annonce qui ressemble à la promotion du dernier Nous deux

Autant de raisons pour lesquelles je ne comptais pas aller voir La vie d'une autre mais la queue était bien trop grosse devant «La dame de fer».
Le film commence comme un épisode de Sous le Soleil, même qu’il y a Blondine, souvenez-vous, c’était la mère de Laure.
Sauf qu’ici, Blondine n’est pas Blondine : c’est la riche mère de Paul Speranski ( Mathieu Kassovitz, endimanché).

C’est l’été, en bord de mer, tout le monde est riche et beau, sauf Marie (Juliette Binoche) qui elle, est seulement belle.
Paul dessine Marie sur la plage et on devine qu’ils vont s’aimer pour l'éternitude comme dans un roman de Marc Lévy.

Sauf que Marie se réveille un matin dans un superbe appartement parisien et qu’elle a tout oublié.
Tout : son mariage, son enfant, sa situation, son permis de conduire, les vélibs, les euros, son arrêt de la cigarette. Elle se réveille à 40 ans avec les souvenirs d’une jeune fille de vingt cinq ans.
Ouais je sais, on dirait une chanson d'Elsa.

Ainsi, au début, ne m'y suis-je laissée berner, je me disais : «Elle bluffe Marie», je voulais pas croire à une histoire si AB Prod’.

Et pourtant.

Marie est devenue Marie Speranski : elle est pétée de tunes, a un fils et un mari qui à priori n’encule plus que le cinéma français tant d'elle, il s’est éloigné.

Au fil de l’histoire, elle apprend qu’elle a un amant, que c’est elle qui avait demandé le divorce, que tellement elle est riche, elle en devenait dédaigneuse.

C’est drôle, au début du film, sur la plage, Marie lit Albertine disparue, de Marcel Proust, un joli clin d’oeil de Sylvie Testud puisque La vie d’une autre est sur le temps retrouvé, mais aussi et surtout le tant retrouvé.

Tant d’amour, tant de vie.

Le temps perdu se retrouve t-il? Allez voir le film, je vous jure qu’il y a la réponse. 
J’ai treize ans et demi aujourd’hui parce que moi, quand je lis ces paroles de Barbara :
 "Tout le temps qui passe ne se rattrape guère,
 tout le temps perdu ne se rattrape plus", et bien je ne la crois pas.

Au cinéma depuis le 15 février


mercredi 15 février 2012

JC comme Jésus Christ

J’avais adoré Les beaux gosses, de Riad Sattouf.
Faut dire que j'en suis un sacré specimen.

Vincent Lacoste était alors devenu mon Iconne, ma Vic de la Boum à moi.
J'étais même de lui tellement fan que je le pokais sur facebook.

Ainsi, malgré les atroces critiques presse, suis-je allée voir le premier film de Johnatan Zaccai : JC comme Jésus Christ.

Il s’agit d’un faux documentaire sur quinze jours de la vie de JC (Vincent Lacoste): Justin Bieber du cinéma français, dans le guiness book des records pour avoir remporté une palme d’or à 15 ans.

JC a des verres fumés et une bouche qui ressemble à des vagues, il explique qu’il vit bio sur la cuvette des chiottes et fait des trucs de moine taoïste avec l’application sabre laser de son iPhone.
Il adore les Miel Pops et a filmé son premier rapport sexuel sexuel avec Marie(sa petite amie à l’ENA à 17 ans) pour l’envoyer à l’UNESCO comme symbole de l’amour.
Elsa Zylberstein et Aure Atika sont ses maîtresses fans mais il n’a pas les épaules pour être leur Ashton Kushter dit-il à l’une d’entre elles.

Beaucoup d’idées, un concours permanent de performances d’acteurs.
Pourtant, Vincent Lacoste ne fait que du Vincent Lacoste, abusant des ses tics de bouche, de son rire de puceau et de sa maladresse pour tenter d’habiter un film sans scénario.

Une succession de situations qui auraient pu être loufoques si Johnattan Zaccai les avaient étoffées, elles ne sont malheureusement qu'un catalogue d'art contemporain où toutes les peintures auraient pu être bien si peinture dessus il y avait.

JC comme Jésus Christ n'est pas à un film mais l’audition générale de tous les acteurs qui le composent.
Dommage, c'eut pu être une audition géniale.

Au cinéma depuis le 8 février




lundi 13 février 2012

Un heureux évènement

Victime de la morve,
Tel est son nom de code.


Une de mes dernières disputes avec l’une de mes dernières conquêtes roulait autour du thème du chiard :
«J 'ai toujours voulu un enfant. Jusqu'à toi. J'espère que l'envie reviendra."

Je pensais qu'Un heureux événement allait trancher à ma place alors lâchement, j'ai regardé ce film.

Pio Marmaï est le parfait sosie d'un de mes ex, un marin.
Donc forcément, dans ce film, je me suis vue avant. Et il incarne le héros de ce film : Nicolas, l'amoureux de Louise Bourgoin : Barbara.
Ils sont beaux, il travaille dans un vidéo club, elle étudie la philosophie alors ils s'aiment.

Ils sont naïfs alors ils font un enfant.

Ils veulent un 3 pièces alors il se fait embaucher dans une boite de connards où ses horaires de connard l'éloignent de sa femme. Qui pète les plombs.

Le réalisateur Rémi Bezançon a du adorer l'hilarant "En cloque, mode d'emploi" de Judd Apatow mon héros. (Regardez ce film, je l'ai adoré et si vous adorez les films que j'aime, peut être qu'un jour vous ne serez plus des étrangers et qu'avec vous tous, j'aurai un bébé).

En effet, la scène de sexe où Nicolas n'ose pas faire l'amour à Barbara pendant la grossesse pour ne pas abîmer le bébé avec son sexe est la pâle copie d'une des scènes de la comédie américaine dont Rémi Bezançon s'inspire timidement. S'il nous dit le contraire, c'est qu'il bluffe Rémi.
En France hélas, la comédie pure est quasiment ovnie, parce que tu comprends, nous les Français on a des vrais problèmes de fond, on réfléchit vachement au réchauffement climatique et à la TVA, à la saucisse et à la poésie de nos statuts facebook.
En France,tu comprends, on est des intellos alors on fait des comédies dramatiques.
Qu'est-ce que je suis française.

L'originalité du film tient dans le fait qu'on y voit abordés les problèmes de couple après la naissance du bébé, les disputes incessantes, la solitude de la mère victime d'une dictature hormonale.
Et l'originalité de ma personne, c'est que tous ces problèmes je les vis avant le bébé, c'est chouette : j'y suis préparée.

Ainsi, je n'ai pas trouvé la réponse dans ce film, celle de se coltiner ou non, des mois durant, un nain morveux qui jamais ne la ferme sauf quand il dort et qu'endormi, on aime alors à la folie.
Hier soir, quand je déclarais ne pas vouloir d'enfant, j'avais raison. Aujourd'hui, j'en veux et j'ai toujours raison.

Et si c'était mieux demain?

En DVD depuis le 1er février 2012. J'ai aimé alors louez-le.

Et pour les retardataires et/ou les couples qui veulent éviter d'avoir à se parler le soir de la Saint-Valentin :
En cloque, mode d'emploi (Knocked Up)
2007
de Judd Apatow
avec Seth Rogen, Katherine Heigl



mercredi 8 février 2012

Elles

J’aime bien les films sur les putes. Sans doute parce que ma vie est un bordel.

Elles raconte l’histoire d’Anne,(superbe Juliette Binoche) journaliste dans un grand magazine féminin pour lequel elle doit enquêter sur les étudiantes prostituées.

Charlotte (Anaïs Demoustier) est l’une d’entre elles : elle est jeune et pour échapper à un destin pull en acrylique, meubles Conforama, elle offre son corps et pas son nom.
Car pour ses clients, elle est Lola.
Lola est une jeune fille en fleurs avec des taches de rousseur, elle est rieuse, d’un client peut tomber amoureuse et a des limites : certes sans préservatif elle suce, mais elle n’accepte point les bouteilles dans l’anus.

L’autre, c’est Alicja (Joanna Kullig) : elle est blonde et polonaise, et pour ne plus à avoir sortir avec un arabe de cité (le délicieux Ali Marhyar, déjà très touchant dans J’aime regarder les filles), se fait pisser dessus par des hommes riches.
Parce qu’elle a très soif d’argent.
Alicja est bien plus une caricature que Charlotte, de celles qu’on voit dans «Zone interdite» sur M6.
Alicja est l'étoile en moins du film.
Mais qu’importe après tout, puisque c’est une fille de l’est.

C’est un bémol évident ce parti prix de la réalisatrice Malgorzata Szumowska, elle même polonaise. Comme si l’origine déterminait le degré de pauvreté et de perdition.
Alicja, en effet, vit mal son métier, est incapable de savoir si c’est elle qui "a le pouvoir" ou pas, tout ce qui l’anime c’est l’excitation qu’elle peut susciter chez le mâle, elle parle peu mais elle danse et quand ce n’est pas dans la pisse, c’est dans la vodka qu’elle noie ses origines qui la condamnent.

Anne la journaliste est quant à elle, mariée à Patrick (Louis-Dominique De Lencquesaing, qui, drôle de clin d’oeil, était un client assidu des filles de l’Apollonide) : il travaille comme un porc, accuse sa femme de l’échec scolaire de son fils, lui demande de ne pas tenir de propos féministe quand elle invite son patron, regarde du porno sur son Mac, désire sa femme seulement quand elle est sur-maquillée et sur-décolletée.
Patrick est LE mari.

Au fil de son enquête, Anne est troublée par sa propre condition, incapable de quitter son confort bourgeois malgré sa prise de conscience toujours plus grande et plus justifiée au fil du film qu'elle aussi est une pute.
Anne mange des concombres au yaourt et fait de la gym devant la télé pour que Patrick n’ait de pute que sa femme.

Les femmes sont toutes des putes, qu’elles soient dépendantes d’un mari, d’une fortune, d’une famille, d’une situation ou de leur corps.

C’est le constat de Malgorzata Szumowska mais ce n’est pas le mien parce que j’ai du talent.


Au cinéma depuis le 1er février 2012



lundi 6 février 2012

We need to talk about Kevin

Eva (Tida Swinton) est un mélange entre Carrie (Sissy Spaseck), Wendy Torrance (Shelley Duvall dans Shnining de Kubrick) et le démon qu’on ne voit jamais dans Rosemary’s baby puisque c’est un démon.

Sauf qu'Eva est une femme ordinaire, qu'on pourrait croiser à la Poste ou dans un roman de Houellebecq.
Une mère improvisée, contrainte pour les yeux noirs de sa progéniture, de mettre de côté sa vie professionelle, sexuelle, amoureuse et sociale.
Comme toutes les mères.
Sauf que la progéniture est du genre malin (revoyez le sens de ce mot) et que cinéma indépendant anglais oblige, la réalisatrice Lynne Ramsay prend le parti de montrer, non pas une femme béate d'admiration devant un micro être plein de vomi-caca mais tellement chou mais une femme effondrée par l’arrivée de son fils, impuissante devant lui, incapable du moindre geste affectif, à la limite permanente de le la dépression nerveuse.

Donc Eva est mariée avec le toujours nounours John C.Reilly et une nuit sous acides-c’est du moins ce que suggère les couleurs rouges et floues de la nuit d’»amour»-c’est Kevin (Ezra Miller qui a réveillé la cougar en moi) qu’ils conçoivent.
Kevin grandit, on dirait un amérindien, un mini clone de Keanu Reeves et d’Edward Furlong.

Il est rebelle Kevin : il fait caca dans sa couche jusqu’à cinq ans, pleure plus fort qu’un marteau piqueur, désobéit à sa maman et fait mine d’adorer son papa pour rendre sa maman marteau.

Et plus Kevin se montre teigneux, plus la mère s’en éloigne et se mue en robot.
Quand machinalement Eva dit à son fils qu’elle l’aime, il répond «Na, na, na».
Il est surdoué Kévin, il n’est pas de «ces enfants qui croient vraiment ce que disent les grands". Il n'a pas écouté les chansons de Patrick Bruel Kevin.


Patrick Bruel mis à part, Eva en bave tant avec Kevin qu’elle fait un autre enfant, comme pour annuler le premier.
C’est une fille, elle est blonde, donc elle est gentille.
Et Kevin devient de plus en plus teigneux, jusqu’au drame.
Un drame tel que Kevin passera bientôt dans "Faites entrer l'accusé". Veinard.

We need to talk about Kevin est un film sur la légitimité d’être exaspéré(e) par l’arrivée d’un enfant mais aussi sur l’amour inconditionnel que ce dernier porte néanmoins à sa mère.

Lynne Ramsay ne juge pas, ne pointe pas Eva comme l’origine du mal.
J’ai regardé ce film avec une personne qui me disait tout le temps :

"-Normal que Kevin soit comme ça, sa mère ne l’aime pas.»

Et moi de répondre :
"-Non, c’est pas vrai, regarde comme elle jubile quand il se sert dans ses bras un soir dans son lit quand elle lui raconte une histoire : ellle attend des signes, c’est tout».

Tu sais ma mère, c’est une Eva et pourtant, je ne passerai jamais dans «Faites entrer l’accusé», faut dire que je n’ai pas besoin d’elle, j’ai tant d’amis sur facebook et tant de lecteurs sur mon blog."


Il n'est pas de criminel dans ce film, ni même de mauvaise mère.

Juste une femme et son fils qui, sans dire mot, se hurlent à s'en casser la voix le sempiternel «Aime-moi».







Disponible en DVD depuis le 1er février 2012

samedi 4 février 2012

Un été brûlant

J'en ai confirmation, c'est Francis Ford Coppola qui donna à Monica Belluci son meilleur rôle dans Dracula : parce qu'il lui avait demandé de la fermer.

Dans un été brûlant, cette dernière ressemblant dorénavant à Monique, vieux travelo dégueulasse, enchaîne les pleurs, les cris et les moues.
On dirait Isabelle Adjani dans la journée de la jute avec ses cheveux en rideau sur le visage pour cacher une tête-boule de billard.
Ou Penelope Cruz dans Vicky Cristina Barcelona gonflée à l'hélium et aux épisodes de sous Hélène et les garçons.

Quant à Louis Garrel autrefois icône de mes jours et feu de mes nuits n'est plus dans ce film que cause toujours, tu m ennuies.

Un été brûlant, c'est Sous le Soleil version film érotique sur RTL9 : mêmes costumes, même maquillage, même musique d'André Rieu.
Un sous sous-Woody Allen (Vicky Christina Barcelona) avec ce quatuor amoureux.

Et pourtant Garrel père et fils, c'était ma famille cinématographique.


Je vais me rabattre sur une autre famille : Coppola père et fille.
Non, je déconne.

En DVD depuis le 1er février 2012


mercredi 1 février 2012

Detachment

Detachment, c’est Entre les murs de François Bégaudeau version américaine, supplément Dangerous minds.

Le prof, déjà, c'est Adrien Brody : son costard méga repassé, veston, chemise blanche et a du pento dans les cheveux quand François Bégaudeau était sponsorisé par Quesha et la Camif.
D’ailleurs, il ne s’appelle pas Bégaudeau mais Barthes. Commes Roland, madame. Et pas François mais Henry. Comme Henry Miller.
Il représente grave Henry Barthes.

Je suis allée voir ce film parce que savais qu’il parlait de moi et pas seulement parce qu’Henry Barthes représente grave.

Henry Barthes est professeur remplaçant parce que tu comprends, il a vécu des trucs durs dans son enfance, donc ça l’a perturbé, donc il est incapable d'engagement à long terme. Je suis quant à moi enseignate remplaçante parce que j’ai moins de boulot j’avoue : je suis donc la version française donc réaliste d’Henry Barthes.
Henry Barthes est stylé et quand il marche dans les couloirs de son collège, on dirait qu’il présente la dernière collection Kenzo.
Comme moi, version H&M, toujours à cause du réalisme petit budget du cinémoi français. Henry Barthes n’a pas peur de parler aux élèves comme à ses égaux, il craint dégun, même pas de se faire traiter de «dickhead».
Moi c’est pareil, je suis courageuse, un élève m’a déjà traitée de Lady Gaga et j’ai même pas eu peur.
Henry Barthes, comme moi, n'a pas besoin de préparer la classe tant il l'a déjà. Il adore Edgar Poe, pas Marc Lévy.

Henry Barthes est remplaçant dans un lycée dans lequel les professeurs se font cracher dessus et se suicident trois fois par jour.
Moi aussi un jour un élève m’a agressée, je me souviens; il m’a demandé si je ne venais pas de Neuilly sur Seine.
Henry Barthes a du coeur, il sauve une adolescente de la prostitution, la recueille chez lui et lui donne du love, il est comme ça Henry.

Detachment est un constat intéressant sur l’inutilité de notre travail, les limites de l’enseignement et l’impossibilité du détachement face à la misère ambiante.

Me voila de fait dans le pétrin : avant d’avoir vu l’Apollonide, je voulais devenir péripatéticienne jusqu’à ce que je comprenne qu’en fait, c’était sale et Detachment me confirme qu’enseigner, ça craint.

Qui m’embauche?



Au cinéma depuis le 1er février 2012





lundi 30 janvier 2012

L'Apollonide

Madame rêve d'apesanteur
Des heures des heures
De voltige à plusieurs.

Alain Bashung

Je n'ai pas vu l'Appolonide lors de sa sortie cinéma car je craignais qu'il fût, fort de son réalisme branché, un film Assommoir.
Mais Zola a aussi écrit Nana et ce film en est sa version féministe et sensuelle.
Pas un film sur les serviettes hygiéniques, oh non.
J'ai aussi retrouvé Maupassant et mes années lycée à travers la partie de campagne des filles, leur seule sortie, leur pique-nique.

Voilà, j'ai placé mes références Inrocks.

L'Apolonide n'est pas une ode aux filles joie : c'est un film sur le Monstre = celui qu'on montre du doigt.
Ils sont beaux mes seins? Elles sont belles mes fesses? Il est défiguré mon visage? Il me demandera en mariage un jour, tu crois?

C'est un film sur le désir de l'autre.
L'Autre, ceux sont les clients aux désirs qui font mâle :
-taillader une fille,
-demander à une autre d'arrêter de poser des questions et de parler japonais, même pour de faux,
-demander à une autre d'être une poupée.

"Ça pue le sperme et le Champagne ici."
Et non ce n'est pas une phrase volée à Thierry Ardisson lors de sa découverte des Chandelles mais une phrase de putain. Car ""Putain est un métier de putain."

Ça pue aussi les dettes, les maladies, le renoncement, la perte au Je.



Et pourtant l'Apolonide, qui remportera le César de la meilleure photographie parce que je ne me trompe jamais, est magnifique.

On s'y cache, on y danse avec des loups, on y fait l'amour à plusieurs sur fond de concerto numéro 23 en A majeur de Mozart et on se rend compte que cette musique n'est pas la création originale de la pub Air France.

Plus le propos est douloureux et plus le film est beau.
Comme moi.

En DVD depuis le 8 février 2012





samedi 28 janvier 2012

J'aime regarder les filles

Comme j’ai Pierre Niney dans mes amis facebook et que je vais l’inciter à lire cet article, je me dois de parfaitement critiquer le film qui l’a révélé au grand public :
«J’aime regarder les filles».

Car homme qui me lit à moitié dans mon lit.


Comme Pierre Niney, le scénario est mignon et fleure bon le film socialo-communiste :

A la veille de l’élection de Mitterrand de 1981, Primo (Pierre Niney) le prolo tombe amoureux de la riche Gabrielle (Lou de Laâge qui semble avoir mis des prothèses PIP dans la bouche mais en fait non).
Afin de lui plaire, il s’invente un pedigree, une vie.
Son meilleur ami le rasta ne comprend pas qu’il se travestisse pour plaire à une «pétasse de BCBG» et l’impossibilité de son amour avec Gabrielle rend sa fougue d’autant plus forte.
Mais Gabrielle est riche et comme le propos est socialo-communiste, cette dernière ne s’intéresse qu’à elle, à son apparence, ses copains méchés passant leurs étés à Ramatuelle et de Primo n’est qu’attirée que par la différence. Et Bourdieu en filigrane vient nous souffler qu’il y a impossibilité de mixité sociale et qu’on est condamné. Primo se fourvoie dans le mensonge et son âme le rattrape.

Vous trouvez pas qu’on dirait du Zola? Et bien, pas que.
Marcel Achard est aussi dans la place, Pierre Niney faisant preuve d’une légèreté telle qu’on dirait Jean de la lune, sorte de marionnette romantique flottant au dessus de la vie.

Il y a un peu d’amour dans ce film,de poésie pas mal et d'amitié beaucoup (la scène de la bouteille de vin sur les toits de Paris entre Malik (le rasta, meilleur et seul ami de Primo : Ali Marhyar, convaincant) est plus forte que n’importe scène d’amour.

La morale est absurdo-mignonne, Pierre Niney aura le Césoir du meilleur espoir.


Et surtout, Bourdieu perd à la fin.


EN DVD depuis le 3 janvier 2012





jeudi 26 janvier 2012

Melancholia

Le monde s’écroule mais le monde, c’est quoi? Juste une grosse boule qui roule sous nos pas.
Julien Baer

Justine (Kirsten Dunst) épouse Michael dans le somptueux manoir de pété de tunes et pragmatique John (Kiefer Sutherland), époux de sa soeur, la triste Claire (triste? Charlotte Gainsbourg, sans blague.)
Au fil des festivités que lui organise la très rationelle Claire, Justine sombre dans une profonde mélancolie et elle confie à sa mère (Charlotte Rampling en pleine caricature d’elle même) qu’elle a peur, ce à quoi, évidemment, la mère répond «Fuck off».
Normal les gars, Lars Von Trier, c’est trop un ouf.

Puis les scandales éclatent parce que Lars Von trier est trop un provocateur de la mort : Justine insulte son patron en lui disant que son agence de pub, c’est du vide (légère métaphore de l’Oeuvre du réalisateur en passant), faute avec un ex futur collègue et perd en une soirée son mari et le courage d’être heureuse.

Allégoriquement, le film aurait pu s’arrêter après le mariage qui signe déjà la fin d’un monde : celui de Justine.
Mais le mystère ne planerait pas autant autour de Lars Von Trier si ce dernier était bon et concis.

Justine sent la fin du monde venir, elle sait que la planète Mélacholia (comme c’est romantique ce nom, Lars), qui se rapporoche de plus en plus de la Terre, tous viendra les emporter, elle a le Shining Justine, elle a lu Stephen King et maté des films de Kubrick, sûr.

«La terre est mauvaise, inutile de se lamenter sur elle», dit-elle à Claire qui se désagrège au fil du drame.

Surtout si la lamentation dure plus de deux heures, Lars.
Quand une aurait suffi.

Melancholia est un film sur l’instinct de survie.
C’est un beau film, tout le monde m’avait dit : «Vois Melancholia, c’est un beau film.»
Wagner envoie du bon son aussi et le thème autant que la réalisation se défendent, contrairement à ceux d’"Antichrist» qui m’avait faite mourir de rire alors que ce n’était pas le propos.

Un film de l’instinct, donc. Dommage que ce soit aussi un film de l’instant.

Alors comment ne pas finir sur un autre philosophe que Lars, le non moins grand Joe Dassin :
Si tu t’appelles Mélancholia, on est fait pour l’oublier ensemble.


EN DVD depuis le 3 janvier 2012