Aller voir le dernier film de Jacques Audiard un jour de grand soleil, c'est comme épouser son amant: du gâchis.
Après Intouchables le téléfilm, j'ai enfin vu Intouchables, le film: De rouille et d'os.
Ce n'est plus Omar le héros, mais un simili Fred (blond) : toujours aussi pauvre mais beau, belge, viril, musclé, tatoué et surtout acteur, Matthias Schoenaerts.
Marion Cotillard remplace François Cluzet dans son rôle de torse et elle ne s'en tire pas si mâle.
La bande-annonce de ce film était pour moi la plus mauvaise bande annonce de l'histoire des mauvaises bandes annonces et le pitch, digne d'un mauvais Guillaume Musso (excusez le pléonasme), c'est pourquoi j'ai attendu un matin tête dans le paté pour me rendre au Pathé. (plus mauvais jeu de mots de l'histoire des mauvais jeux de mots, j'en conviens.)
De ce film, ce soir, mes draps se souviendront à la seule pensée de Matthias Schoenarts mais à l'instant, ce sont mes yeux rougis qui s'en souviennent.
De rouille et d'os commence comme un film des frères Dardenne: Ali, un SDF pauvre et blond se promène avec son fils de cinq ans pauvre et blond.
Sauf qu'il l'emmène à Antibes, ville que les Dardenne, par respect pour la beauté crue, n'auraient jamais osé filmer.
Il y retrouve sa soeur, caissière et pétée de thunes : il y a une vingtaine de yaourts dans son frigo, se remet à manger, délègue l'éducation du morveux à cette femme et enchaîne les petits boulots (videur, gardien de nuit, boxeur pour les gitans : les trucs physiques car tu comprends il est vachement musclé et méga kaïra: Ali, c'est le Ryan Gosling belge)
Videur, il fait la connaissance de Stéphanie (Marion Cotillard), la sauve d'une bagarre et lui dit qu'elle est habillée comme une pute. Car Ali, fort de tous ses attributs, drague super bien. Stéphanie vit avec un mec odieux et dresse des orques (son métier ridicule est la raison principale pour laquelle j'ai hésité à aller voir De rouille et d'orques).
Mais contrairement aux dauphins et aux petits chiens, les orques sont méchantes et privent la belle Stéphanie de ses deux jambes.
Audiard filme les moignons, c'est monstrueux.
J'ai eu mal physiquement pendant ce film, je touchais mes jambes pour m'assurer de leur présence et me pris à plusieurs reprises à dire à voix haute: "Monstrueux".
Physiquement, oui, le film est donc réussi puisqu'il m'a fait idolâtrer mes jambes, qu'importe aujourd'hui l'état de leur épilation, je vous le promets. J'ai même envie de danser, c'est dire.
Ali continue sa vie, ses petits boulots, il commence des combats de boxe ultra violents et Stéphanie l'appelle quelques mois après son accident.
Commence alors entre ces deux êtres une relation sans artifice aucun, une relation animale, moins violente qu'une relation entre orques cela dit.
De faire l'amour avec des moignons, Stéphanie a commencé.
Mais prend-elle son pied? Pas si sûre.
De rouille et d'os est un film sur la rage de vivre, le désir, la violence et non un film sur les orques et l'amour comme je le craignais.
La fin est un cliché bâclé à la Titanic (un histoire de congélation) mais putain comme c'est beau.
A l'image de Matthias Schoenaerts, Jacques Audiard signe un film grand, fort, violent, physique, sexuel.
Et surtout un film qui dénonce la méchanceté des orques.
Au cinéma depuis le 16 mai 2012
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jeudi 24 mai 2012
mardi 8 mai 2012
Barbara
Eprise de saucisses dés ma phase orale, j'ai fait allemand première langue.
J'ai toujours été fascinée par ce dialecte qui sonne à la fois comme une insulte, une nuit d'ivresse et Herman Hesse.
Je suis bonne en saucisses grâce à l'allemand et réciproquement et je ne rate aucune sortie germanique.
Achtung, je suis une fille Arte.
Barbara est grande, Barbara est mince, Barbara est dure, Barbara est froide et Barbara est belle.
Pourtant, Barbara est un mélange physique entre Marge Simpson, Raphaëlle Ricci de la Star Ac' et Romy Schneider.
Barbara sourit rarement : l'Allemagne de l'Est des années 80 est son châtiment.
Barbara est médecin et son collègue André tombe aussitôt amoureux de sa beauté glacée.
Il la drague en lui parlant Rembrandt, piano et ratatouille : André, c'est la réalité sublimée.
Mais face à lui, il y a le régulier : le Sublime, celui qui vit à l'Ouest et offre des cadeaux à Barbara chaque fois qu'il l'étreint à travers champs et chambres sans vue, celui qu'elle veut suivre.
Don Draper en blond.
Tout est beau dans Barbara, même l'allemand et le bruit des clignotants, celui du vent, ce souffle de printemps, ce noir et blanc sublime à la fin qui rend les vagues noires et Barbara translucide.
Si lucide.
Lucide est Barbara, libre est Barbara, forte est Barbara, humaniste est Barbara mais Gourde n'est pas Barbara.
Barbara est un tableau filmé sur le courage et la liberté.
Un souffle d'espoir qui durera bien plus que cinq ans.
Au cinéma depuis le 2 mai 2012
J'ai toujours été fascinée par ce dialecte qui sonne à la fois comme une insulte, une nuit d'ivresse et Herman Hesse.
Je suis bonne en saucisses grâce à l'allemand et réciproquement et je ne rate aucune sortie germanique.
Achtung, je suis une fille Arte.
Barbara est grande, Barbara est mince, Barbara est dure, Barbara est froide et Barbara est belle.
Pourtant, Barbara est un mélange physique entre Marge Simpson, Raphaëlle Ricci de la Star Ac' et Romy Schneider.
Barbara sourit rarement : l'Allemagne de l'Est des années 80 est son châtiment.
Barbara est médecin et son collègue André tombe aussitôt amoureux de sa beauté glacée.
Il la drague en lui parlant Rembrandt, piano et ratatouille : André, c'est la réalité sublimée.
Mais face à lui, il y a le régulier : le Sublime, celui qui vit à l'Ouest et offre des cadeaux à Barbara chaque fois qu'il l'étreint à travers champs et chambres sans vue, celui qu'elle veut suivre.
Don Draper en blond.
Tout est beau dans Barbara, même l'allemand et le bruit des clignotants, celui du vent, ce souffle de printemps, ce noir et blanc sublime à la fin qui rend les vagues noires et Barbara translucide.
Si lucide.
Lucide est Barbara, libre est Barbara, forte est Barbara, humaniste est Barbara mais Gourde n'est pas Barbara.
Barbara est un tableau filmé sur le courage et la liberté.
Un souffle d'espoir qui durera bien plus que cinq ans.
Au cinéma depuis le 2 mai 2012
mercredi 2 mai 2012
Dépression et des potes
Franck (Frédéric Testot) est à l’ile Maurice et regarde de sa chambre sa pulpeuse copine brésilienne sortir de l’eau.
Et en plus, c’est une vraie fille.
Les conditions parfaites du bonheur?
Non, car Franck reste dans sa chambre en pull et écharpe car la clim’ est cassée et qu’il a froid.
Franck passe des vacances pourries et en bon altruiste, il décide de gâcher aussi le séjour de sa brésilienne.
Qui le quitte en rentrant.
J’ai moi aussi passé des vacances à l’ïle Maurice récemment et il est vrai que ce fut un moment difficile tant la mer était chaude et la nourriture nutritive.
De retour à Paris, mon médecin m’a diagnostiqué une allergie au soleil.
Franck, c’est à la vie qu’il fait une allergie alors son médecin à lui, lui diagnostique une dépression.
C’est à l'hôpital, à l’occasion de la naissance du 2ème enfant de Benoît (le bel Arié Elmaleh) qu’il annonce la nouvelle à sa bande de potes qui tour à tour, vont l’aider et se rendre compte qu’ils vont finalement plus mal que lui.
William (Johnatan Lambert, nerveux et hilarant à souhait) est un petit avocat fiscaliste, marié à une femme jalouse et stérile avec qui il ne couche plus depuis 3 mois.
Il se fait toujours vanner par Romain (Ary Abittan, toujours habité), comique de la bande, qui vient de s’amouracher d’une fille belle, blonde, mais goy et aveugle.
Ses parents ne tolèrent pas cette relation naissante :
«Nous sommes juifs et opticiens et tu oses nous présenter une aveugle goy!»
Benoît vient quant à lui de se faire licencier et aurait rêvé d’être un artiste tant sa guitare le démange.
A la place, il se sacrifie pour ses morveux issus d’une femme-hamster : Anne Depetrini, gonflée-botoxée-frisée et ne gratte qu’un petit peu.
Franck décide de récupérer sa brésilienne : il apprend le portugais, la danse, le yoga.
Et le bonheur.
Dommage néanmoins que Fred Testot n’ait toujours pas appris à jouer la comédie en renouvellant la mono-expression de son visage.
Pendant que ses amis se rendent compte de tout ce qui leur manque :
-William : le sexe et la virilité
-Romain : l’émancipation familiale et la maturité
-Benoît : la vie de rock star et Moi.
«On n’a jamais rien en même temps : quand on a une meuf, on n’a plus de potes, quand on a ses potes : on n’a plus de meuf et quand on a un travail, on n’a plus de vie.»
C’est autour de cette grande réflexion sur l’âge adulte que cette bande de potes va évoluer, apprendre les sacrifices, l’indépendance et surtout imposer sa chance.
«Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s'habitueront.»
Cette citation de René Char eût pu être le slogan de Franck, Benoît et William. C’est le fil conducteur de ce film drôle, touchant, réaliste et optimiste.
Dépression et des potes, c’est un mélange entre la vérité si je mens pour le concours de vannes permanent : Romain, dans un bar gay :
«J’ai l’impression d’être un antisémite dans une synagogue.», du coeur des hommes pour la profondeur des sentiments qui unissent cette bande géniale et de nos vies à tous : ratées et rêvées à la fois.
Franck vient de m'envoyer un texto, je dois vous laisser : je vais me faire une pression et des potes.
Au cinéma à partir de mercredi 2 mai 2012
Et en plus, c’est une vraie fille.
Les conditions parfaites du bonheur?
Non, car Franck reste dans sa chambre en pull et écharpe car la clim’ est cassée et qu’il a froid.
Franck passe des vacances pourries et en bon altruiste, il décide de gâcher aussi le séjour de sa brésilienne.
Qui le quitte en rentrant.
J’ai moi aussi passé des vacances à l’ïle Maurice récemment et il est vrai que ce fut un moment difficile tant la mer était chaude et la nourriture nutritive.
De retour à Paris, mon médecin m’a diagnostiqué une allergie au soleil.
Franck, c’est à la vie qu’il fait une allergie alors son médecin à lui, lui diagnostique une dépression.
C’est à l'hôpital, à l’occasion de la naissance du 2ème enfant de Benoît (le bel Arié Elmaleh) qu’il annonce la nouvelle à sa bande de potes qui tour à tour, vont l’aider et se rendre compte qu’ils vont finalement plus mal que lui.
William (Johnatan Lambert, nerveux et hilarant à souhait) est un petit avocat fiscaliste, marié à une femme jalouse et stérile avec qui il ne couche plus depuis 3 mois.
Il se fait toujours vanner par Romain (Ary Abittan, toujours habité), comique de la bande, qui vient de s’amouracher d’une fille belle, blonde, mais goy et aveugle.
Ses parents ne tolèrent pas cette relation naissante :
«Nous sommes juifs et opticiens et tu oses nous présenter une aveugle goy!»
Benoît vient quant à lui de se faire licencier et aurait rêvé d’être un artiste tant sa guitare le démange.
A la place, il se sacrifie pour ses morveux issus d’une femme-hamster : Anne Depetrini, gonflée-botoxée-frisée et ne gratte qu’un petit peu.
Franck décide de récupérer sa brésilienne : il apprend le portugais, la danse, le yoga.
Et le bonheur.
Dommage néanmoins que Fred Testot n’ait toujours pas appris à jouer la comédie en renouvellant la mono-expression de son visage.
Pendant que ses amis se rendent compte de tout ce qui leur manque :
-William : le sexe et la virilité
-Romain : l’émancipation familiale et la maturité
-Benoît : la vie de rock star et Moi.
«On n’a jamais rien en même temps : quand on a une meuf, on n’a plus de potes, quand on a ses potes : on n’a plus de meuf et quand on a un travail, on n’a plus de vie.»
C’est autour de cette grande réflexion sur l’âge adulte que cette bande de potes va évoluer, apprendre les sacrifices, l’indépendance et surtout imposer sa chance.
«Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s'habitueront.»
Cette citation de René Char eût pu être le slogan de Franck, Benoît et William. C’est le fil conducteur de ce film drôle, touchant, réaliste et optimiste.
Dépression et des potes, c’est un mélange entre la vérité si je mens pour le concours de vannes permanent : Romain, dans un bar gay :
«J’ai l’impression d’être un antisémite dans une synagogue.», du coeur des hommes pour la profondeur des sentiments qui unissent cette bande géniale et de nos vies à tous : ratées et rêvées à la fois.
Franck vient de m'envoyer un texto, je dois vous laisser : je vais me faire une pression et des potes.
Au cinéma à partir de mercredi 2 mai 2012
lundi 23 avril 2012
L'amour et rien d'autre
Chaque fois qu'on aime d'amour
C'est avec "jamais" et "toujours"
On refait le même chemin
En ne se souvenant de rien
Et l'on recommence, soumise,
Florence et Naples
Naples et Venise
On se le dit et on y croit
Que c'est pour la première fois
A chaque fois, à chaque fois
Chaque fois qu'on aime d'amour
Ah, pouvoir encore et toujours
S'aimer et mentir d'amour
Et, bien qu'on connaisse l'histoire,
Pouvoir s'émerveiller d'y croire
Et se refaire, pour pas une thune
Des clairs d'amour au clair de lune
Et rester là, c'est merveilleux,
A se rire du fond des yeux
Ah, pouvoir encore et toujours
S'aimer et mentir d'amour
«A chaque fois», Barbara
Arriver au cinéma des cinéastes et demander au jeune homme à la caisse et à la mèche romantique : «L’amour et rien d’autre» sans rien ajouter fut l’épilogue parfait du film dont je vais vous parler.
Martha (Sandra Hüller) est blonde, aime les coiffures rigolotes, raconter sa vie en faisant l’amour, son métier de professeur et son mari Paul (Felix Knopp).
Paul semble être angoissé, absent puis il part à Marseille et s’y suicide.
J’ai horreur de cette ville, possible que j’eus fait pareil alors ne lui jetons pas la Pierre à Paul.
Bref, des policiers annoncent la nouvelle à Martha qui n’en croit maux.
Martha ne pleure pas, elle demande à voir le corps de Paul.
Puis elle enquête sur ce dernier et se rend compte qu’il lui mentait depuis quatre ans : il n’a pas soutenu sa thèse, faisait semblant de se rendre à la faculté chaque matin. Dégun.
Maîtresse? Casino? Bars parallèles?
Martha ne saura jamais rien de son mari étranger qui s’est suicidé.
Un jour, Martha rencontre Alexander (Georg Friedrich), professeur d’histoire à la fac qui lui rappelle aussitôt Paul à cause d’un tic : la remise en arrière de mèche.
Elle le baptise Nino : «Tu as une tête à t’appeler Nino», l’invite chez elle et se met en T shirt/ touffe allemande à l’air pour qu’il la rejoigne dans son lit, tel un bon mari.
Alexander prend peur et s’en va, il faut dire que la touffe de Martha n’a pas oublié d’être grosse.
Deux semaines plus tard, elle s’excuse, promettant à Nino qu’elle a fait le ménage. (dans sa touffe?)
Puis une histoire commence, complètement fantasmée puisque Martha transfère tout Paul dans Nino. Il faut dire qu’en plus d’avoir la mèche, il a les épaules pour.
A quoi bon faire le deuil puisqu’avec cette idylle, elle est encore la, la possibilité d’un Il?
Martha est heureuse, elle s’invente des enfants et retombe en enfance avec Nino et le déni la sauve puisque le déni c’est Nino et qu’il est super beau.
Un jour Nino apprend la mort de Paul. Et je ne vous raconte pas la suite parce que vous devez aller voir ce film.
Je vois d’ici vos froncements de sourcils, chers lecteurs des Inrockuptibles.
Vous vous dites que le scénario est de Musso. Et bien non, c’est un film allemand.
Dans le film allemand, le corps parle, le corps beau.
Je vais vous dire pourquoi j’ai aimé ce film et pourquoi à sa sortie, j’ai préféré rentrer à pieds pour arrêter d’être par lui chamboulée.
La première raison du transfert, c’est l’imagination :
Et si on était Ken et Barbie?
Et si t’étais Jim Morrison et moi la seringue?
Et si j’étais ta maîtresse, tu sais la stagiaire, et pas ta femme cette nuit?
Et si tu te tirais une balle et que tu revenais?
Et si dans notre monde les livres existaient encore et que tu m’envoyais des lettres par la poste?
Et si c’était toi?
Le thème du transfert du précédent amoureux sur le nouveau est universel.
Dans ma vie du moins.
Mon premier amour était fou, drogué, pauvre, passionnant et passionné, romantique, poète pouet pouet, grand, drôle, beau, littéraire, chômeur et maigre, passionnel et fusionnel, musicien, fan.
Ceux d'après étaient encore fous, drogués, drôles, passionnels, fusionnels, artistes, fans.
Beaux pas toujours. Parce que je fatiguais.
Mais je restais la plus belle et l'étais pour deux.
Puis à la fin de ma vie, ma 3ème décennie, il restaient en eux une constance, cette éternelle page blanche : la folie.
Ainsi, je n’ai pas eu besoin qu’untel ou untel se suicide pour qu’en l’autre instantanément il revive.
Vous voulez savoir pourquoi?
Confidences pour confidences, c’est moi que j’aime à travers vous.
Au cinéma depuis le 18 avril 2012
C'est avec "jamais" et "toujours"
On refait le même chemin
En ne se souvenant de rien
Et l'on recommence, soumise,
Florence et Naples
Naples et Venise
On se le dit et on y croit
Que c'est pour la première fois
A chaque fois, à chaque fois
Chaque fois qu'on aime d'amour
Ah, pouvoir encore et toujours
S'aimer et mentir d'amour
Et, bien qu'on connaisse l'histoire,
Pouvoir s'émerveiller d'y croire
Et se refaire, pour pas une thune
Des clairs d'amour au clair de lune
Et rester là, c'est merveilleux,
A se rire du fond des yeux
Ah, pouvoir encore et toujours
S'aimer et mentir d'amour
«A chaque fois», Barbara
Arriver au cinéma des cinéastes et demander au jeune homme à la caisse et à la mèche romantique : «L’amour et rien d’autre» sans rien ajouter fut l’épilogue parfait du film dont je vais vous parler.
Martha (Sandra Hüller) est blonde, aime les coiffures rigolotes, raconter sa vie en faisant l’amour, son métier de professeur et son mari Paul (Felix Knopp).
Paul semble être angoissé, absent puis il part à Marseille et s’y suicide.
J’ai horreur de cette ville, possible que j’eus fait pareil alors ne lui jetons pas la Pierre à Paul.
Bref, des policiers annoncent la nouvelle à Martha qui n’en croit maux.
Martha ne pleure pas, elle demande à voir le corps de Paul.
Puis elle enquête sur ce dernier et se rend compte qu’il lui mentait depuis quatre ans : il n’a pas soutenu sa thèse, faisait semblant de se rendre à la faculté chaque matin. Dégun.
Maîtresse? Casino? Bars parallèles?
Martha ne saura jamais rien de son mari étranger qui s’est suicidé.
Un jour, Martha rencontre Alexander (Georg Friedrich), professeur d’histoire à la fac qui lui rappelle aussitôt Paul à cause d’un tic : la remise en arrière de mèche.
Elle le baptise Nino : «Tu as une tête à t’appeler Nino», l’invite chez elle et se met en T shirt/ touffe allemande à l’air pour qu’il la rejoigne dans son lit, tel un bon mari.
Alexander prend peur et s’en va, il faut dire que la touffe de Martha n’a pas oublié d’être grosse.
Deux semaines plus tard, elle s’excuse, promettant à Nino qu’elle a fait le ménage. (dans sa touffe?)
Puis une histoire commence, complètement fantasmée puisque Martha transfère tout Paul dans Nino. Il faut dire qu’en plus d’avoir la mèche, il a les épaules pour.
A quoi bon faire le deuil puisqu’avec cette idylle, elle est encore la, la possibilité d’un Il?
Martha est heureuse, elle s’invente des enfants et retombe en enfance avec Nino et le déni la sauve puisque le déni c’est Nino et qu’il est super beau.
Un jour Nino apprend la mort de Paul. Et je ne vous raconte pas la suite parce que vous devez aller voir ce film.
Je vois d’ici vos froncements de sourcils, chers lecteurs des Inrockuptibles.
Vous vous dites que le scénario est de Musso. Et bien non, c’est un film allemand.
Dans le film allemand, le corps parle, le corps beau.
Je vais vous dire pourquoi j’ai aimé ce film et pourquoi à sa sortie, j’ai préféré rentrer à pieds pour arrêter d’être par lui chamboulée.
La première raison du transfert, c’est l’imagination :
Et si on était Ken et Barbie?
Et si t’étais Jim Morrison et moi la seringue?
Et si j’étais ta maîtresse, tu sais la stagiaire, et pas ta femme cette nuit?
Et si tu te tirais une balle et que tu revenais?
Et si dans notre monde les livres existaient encore et que tu m’envoyais des lettres par la poste?
Et si c’était toi?
Le thème du transfert du précédent amoureux sur le nouveau est universel.
Dans ma vie du moins.
Mon premier amour était fou, drogué, pauvre, passionnant et passionné, romantique, poète pouet pouet, grand, drôle, beau, littéraire, chômeur et maigre, passionnel et fusionnel, musicien, fan.
Ceux d'après étaient encore fous, drogués, drôles, passionnels, fusionnels, artistes, fans.
Beaux pas toujours. Parce que je fatiguais.
Mais je restais la plus belle et l'étais pour deux.
Puis à la fin de ma vie, ma 3ème décennie, il restaient en eux une constance, cette éternelle page blanche : la folie.
Ainsi, je n’ai pas eu besoin qu’untel ou untel se suicide pour qu’en l’autre instantanément il revive.
Vous voulez savoir pourquoi?
Confidences pour confidences, c’est moi que j’aime à travers vous.
Au cinéma depuis le 18 avril 2012
mercredi 18 avril 2012
17 filles
C'est plus pour la frime
Que pour le frisson
Qu'un soir de déprime
Un gentil couillon
A eu le grand bonheur
De gagner l'pompon,
De cueillir sa fleur
Avant la saison.
«Elle a vu le loup», Renaud.
Etre un bébé ou en avoir?
Telle est la question.
Lorient, petite ville au bord de l’océan : Camille (Louise Grinberg), à l’issue d’une visite médicale au lycée confie à l’infirmière (la toujours excellemment juste Noémie Lvosky) : «Je crois que je suis enceinte.»
Camille marche au bord de l’amer, puis à travers champs. Camille n’a même pas 17 ans.
Puis elle retrouve ses copines sur la plage :
«De toutes manières, vous pouvez pas comprendre ce que je ressens.»
Puis elle rentre chez elle, cuisine pour sa mère (Florence Thomassin) qui rentre après le dîner puis repart.
Camille n’a pas de maman, alors elle en deviendra une.
«Ce sera comme si j’avais deux vies : une au bahut et une avec le bébé, une vie à 200%. Et puis j’aurai quelqu’un qui m’aimera toute la vie, sans condition.»
Et si le changement, c’était maintenant?
Tout le lycée est vite au courant de la grossesse de Camille puis sa mère, contrariée.
«-Je croyais que tu ne voulais pas d’une petite vie de merde!
-Au moins, moi je lui parlerai pas comme ça à mon enfant. Et puis je l’aimerai.»
17 filles, c’est l’histoire d’une fille qui décide d’être mère parce que la sienne ne l’a jamais été.
Mais Camille refuse de vivre cette expérience seule et c’est au Mac do qu’elle propose à ses copines d’être toutes enceintes avec elles :
«On sera libres, heureuses, responsables et on restera toujours ensemble.»
Qu’importe si ces jeunes filles sont mues par l’innocence de la jeunesse ou d’un mal de mai 68, c’est l’amour qui les guide. Et jamais la réalisatrice Muriel Coulin ne les jugera.
Elles décident de tomber enceintes en même temps lors d’une soirée.
Puis peu à peu, quinze filles tombent enceintes et un groupe se forme.
Les professeurs se réunissent : «Et si c’était politique?»
«Non messieurs, ni poly-triques d’ailleurs», aurais-je répondu, professeur chiante, drôle et associale que je suis.
Elles s’installent dans un mobile home désaffecté, s’y retrouvent pour fumer des joints tout en parlant prénoms d’enfants.
L’affaire intéresse les médias, des réunions de parents s’organisent. Tout le monde veut comprendre sans se soucier que comprendre, ça veut dire prendre avec. C’était ma seconde chiante france culture, pardonnez-moi.
Après son accouchement, Camille disparaît, ses copines retournent au lycée et élèvent chacune leur enfant séparément.
Ensemble, c’est tout mais ensemble c’est quand même bien reulou.
«On ne peut rien contre une fille qui rêve» est la dernière phrase du film".
Sans contrefaçon, je suis un garçon.
En DVD depuis le 18 avril 2012
Que pour le frisson
Qu'un soir de déprime
Un gentil couillon
A eu le grand bonheur
De gagner l'pompon,
De cueillir sa fleur
Avant la saison.
«Elle a vu le loup», Renaud.
Etre un bébé ou en avoir?
Telle est la question.
Lorient, petite ville au bord de l’océan : Camille (Louise Grinberg), à l’issue d’une visite médicale au lycée confie à l’infirmière (la toujours excellemment juste Noémie Lvosky) : «Je crois que je suis enceinte.»
Camille marche au bord de l’amer, puis à travers champs. Camille n’a même pas 17 ans.
Puis elle retrouve ses copines sur la plage :
«De toutes manières, vous pouvez pas comprendre ce que je ressens.»
Puis elle rentre chez elle, cuisine pour sa mère (Florence Thomassin) qui rentre après le dîner puis repart.
Camille n’a pas de maman, alors elle en deviendra une.
«Ce sera comme si j’avais deux vies : une au bahut et une avec le bébé, une vie à 200%. Et puis j’aurai quelqu’un qui m’aimera toute la vie, sans condition.»
Et si le changement, c’était maintenant?
Tout le lycée est vite au courant de la grossesse de Camille puis sa mère, contrariée.
«-Je croyais que tu ne voulais pas d’une petite vie de merde!
-Au moins, moi je lui parlerai pas comme ça à mon enfant. Et puis je l’aimerai.»
17 filles, c’est l’histoire d’une fille qui décide d’être mère parce que la sienne ne l’a jamais été.
Mais Camille refuse de vivre cette expérience seule et c’est au Mac do qu’elle propose à ses copines d’être toutes enceintes avec elles :
«On sera libres, heureuses, responsables et on restera toujours ensemble.»
Qu’importe si ces jeunes filles sont mues par l’innocence de la jeunesse ou d’un mal de mai 68, c’est l’amour qui les guide. Et jamais la réalisatrice Muriel Coulin ne les jugera.
Elles décident de tomber enceintes en même temps lors d’une soirée.
Puis peu à peu, quinze filles tombent enceintes et un groupe se forme.
Les professeurs se réunissent : «Et si c’était politique?»
«Non messieurs, ni poly-triques d’ailleurs», aurais-je répondu, professeur chiante, drôle et associale que je suis.
Elles s’installent dans un mobile home désaffecté, s’y retrouvent pour fumer des joints tout en parlant prénoms d’enfants.
L’affaire intéresse les médias, des réunions de parents s’organisent. Tout le monde veut comprendre sans se soucier que comprendre, ça veut dire prendre avec. C’était ma seconde chiante france culture, pardonnez-moi.
Après son accouchement, Camille disparaît, ses copines retournent au lycée et élèvent chacune leur enfant séparément.
Ensemble, c’est tout mais ensemble c’est quand même bien reulou.
«On ne peut rien contre une fille qui rêve» est la dernière phrase du film".
Sans contrefaçon, je suis un garçon.
En DVD depuis le 18 avril 2012
lundi 2 avril 2012
Young adult
3615 ma vie
Je mesure 179 centimètres et j'ai bientôt 33 ans.
Pourtant, j'ai un coussin Hello Kitty, des chaussons Hello Kitty, une veilleuse Hello Kitty, un porte-savon Hello Kitty et j'emprunte à mes élèves de cinq ans leurs barrettes et serre-têtes Hello Kitty.
Quand un garçon veut me faire un cadeau, il ne va pas chez Cartier mais chez Joué Club.
Je passe mon temps à me contempler dans un miroir Hello Kitty pour n'avoir à regarder la vie que je trouve tellement insignifiante.
Mon meilleur ami,très chic, dit que c'est mon côté Marylin.
Mais cet ami omet que j'ai simplement treize ans et demi et que je trouve que la réalité est un concept surestimé.
Depuis mercredi, mes copines me disaient: "Tiens, y'a un film sur toi!" et comme j'avais adoré le précédent film de Jason Reitman, Juno, et que je m'aime, je suis allée voir Young adult.
Mavis Gary (Charlize Theron) a 37 ans et écrit des livres pour adolescents.
Elle a quitté sa province pour s'installer à Minneapolis où elle s'alimente de séries débiles.
Mavis a un petit chien pour son sac à main et elle rêve sa vie. L'alcool l'y aide beaucoup.
Au lycée, Mavis était la fille la plus populaire même qu'elle avait gagné le prix des plus beaux cheveux. Aujourd'hui, elle se les arrache.
Mavis est grande, belle, seule, elle met du silicone dans ses soutien-gorges pour attirer l'attention sur ce qui n'est pas faillible, une allégorie de nos profils facebook.
Je faisais pareil à la fac, une copine qui venait de se faire poser des implants m'avait refourgué ses rajouts en silicone et je me baladais avec partout, je les exhibais partout, à tout le monde, c'était un jeu, j'avais de gros seins, c'était pour de faux.
Mais j'étais heureuse : Le bonheur est faux.
Un jour Mavis reçoit le faire-part de naissance du fils de son ex, Buddy Slade (Patrick Wilson) et en érotomane qu'elle est, décide de retourner sur les lieux de son adolescence pour reconquérir Buddy. Mais Buddy, en plus d'être papa, semble aimer sa femme.
Mavis s'enferre dans un vain jeu de séduction comme pour se persuader de nouveau que le bonheur adulte n'existe pas.
J'ai pleuré pendant le film parce que comme Mavis, je me planque derrière la certitude qu'avoir des enfants et un mari, ça n'est pas le bonheur.
Je quitte toujours les garçons qui rêvent de morveux avec moi parce que je sais que mon morveux, il naîtrait avec un miroir Hello Kitty dans la main et son premier mot ne serait pas "maman" mais "amant". A 3 ans, il se créerait un profil facebook, et à cinq ans, il aurait déjà sa page fan. Pourtant sur facebook, je cherche un géniteur.
Ma meilleure amie va se marier en octobre et ma seule pensée est la peur de la perdre.
Comme Mavis, je ne vois plus mes parents parce qu'ils m'espèrent encore en CE2 et qu'ils rêveraient de faire tous mes devoirs à ma place.
Alors oui, j'ai aimé ce film et oui: j'ai un petit côté Marylin.
Mais je ne cèderai jamais aux avances de Nicolas Sarkozy.
Ouais, je sais, je suis un peu comme Saez : j'accuse.
Au cinéma depuis le 27 mars 2012
Je mesure 179 centimètres et j'ai bientôt 33 ans.
Pourtant, j'ai un coussin Hello Kitty, des chaussons Hello Kitty, une veilleuse Hello Kitty, un porte-savon Hello Kitty et j'emprunte à mes élèves de cinq ans leurs barrettes et serre-têtes Hello Kitty.
Quand un garçon veut me faire un cadeau, il ne va pas chez Cartier mais chez Joué Club.
Je passe mon temps à me contempler dans un miroir Hello Kitty pour n'avoir à regarder la vie que je trouve tellement insignifiante.
Mon meilleur ami,très chic, dit que c'est mon côté Marylin.
Mais cet ami omet que j'ai simplement treize ans et demi et que je trouve que la réalité est un concept surestimé.
Depuis mercredi, mes copines me disaient: "Tiens, y'a un film sur toi!" et comme j'avais adoré le précédent film de Jason Reitman, Juno, et que je m'aime, je suis allée voir Young adult.
Mavis Gary (Charlize Theron) a 37 ans et écrit des livres pour adolescents.
Elle a quitté sa province pour s'installer à Minneapolis où elle s'alimente de séries débiles.
Mavis a un petit chien pour son sac à main et elle rêve sa vie. L'alcool l'y aide beaucoup.
Au lycée, Mavis était la fille la plus populaire même qu'elle avait gagné le prix des plus beaux cheveux. Aujourd'hui, elle se les arrache.
Mavis est grande, belle, seule, elle met du silicone dans ses soutien-gorges pour attirer l'attention sur ce qui n'est pas faillible, une allégorie de nos profils facebook.
Je faisais pareil à la fac, une copine qui venait de se faire poser des implants m'avait refourgué ses rajouts en silicone et je me baladais avec partout, je les exhibais partout, à tout le monde, c'était un jeu, j'avais de gros seins, c'était pour de faux.
Mais j'étais heureuse : Le bonheur est faux.
Un jour Mavis reçoit le faire-part de naissance du fils de son ex, Buddy Slade (Patrick Wilson) et en érotomane qu'elle est, décide de retourner sur les lieux de son adolescence pour reconquérir Buddy. Mais Buddy, en plus d'être papa, semble aimer sa femme.
Mavis s'enferre dans un vain jeu de séduction comme pour se persuader de nouveau que le bonheur adulte n'existe pas.
J'ai pleuré pendant le film parce que comme Mavis, je me planque derrière la certitude qu'avoir des enfants et un mari, ça n'est pas le bonheur.
Je quitte toujours les garçons qui rêvent de morveux avec moi parce que je sais que mon morveux, il naîtrait avec un miroir Hello Kitty dans la main et son premier mot ne serait pas "maman" mais "amant". A 3 ans, il se créerait un profil facebook, et à cinq ans, il aurait déjà sa page fan. Pourtant sur facebook, je cherche un géniteur.
Ma meilleure amie va se marier en octobre et ma seule pensée est la peur de la perdre.
Comme Mavis, je ne vois plus mes parents parce qu'ils m'espèrent encore en CE2 et qu'ils rêveraient de faire tous mes devoirs à ma place.
Alors oui, j'ai aimé ce film et oui: j'ai un petit côté Marylin.
Mais je ne cèderai jamais aux avances de Nicolas Sarkozy.
Ouais, je sais, je suis un peu comme Saez : j'accuse.
Au cinéma depuis le 27 mars 2012
samedi 17 mars 2012
Cloclo
Je viens d'une famille France Inter Télérama. Autant vous avouer qu'à la maison, je n'avais jamais entendu chanter Cloclo.
Chez nous c'était Brel, Gainsbourg, Ferré , Renaud et Le jeu des mille francs.
Dalida, Sardou Johnny, TF1 et Cloclo, c’était pour les clodos.
La première fois que j’ai entendu Claude François, c’était à une surboum : J’ai alors pensé qu’il était un chanteur pour les cool puisqu’il faisait danser tout le monde. Moi qui n’aimais que lire et parler parce que j'étais moche, j’ai continué à ne pas l’aimer.
A cette époque, j'avais des lunettes un appareil et je pesais 45 kg pour 2m13 : j'avais de fait eu 20/20 en dissertation en recopiant toutes les paroles du mal aimé, jamais des oui dans la marge ne m'ont autant faite jubiler.
Et oui, j’ai eu moi aussi 17 ans.
Puis Cloclo est réapparu dans ma vie de manière moins dansante : c'était lors de ma première année d'enseignante. La leçon portait sur Clovis et je me souviens avoir dicté à mes élèves : "Clovis, dit Cloclo". Sur les contrôles de mes trente élèves, Clovis n'était plus un roi mérovingien mais Cloclo, ça n'a pas plu aux parents mais je sais aujourd'hui qu'aucun roi n'aura plus marqué ces élèves de CM1 C.
J'aime Jérémie Renier, fan des frères Dardenne, j'ai suivi toute sa carrière, jusqu'à aimer Potiche, de François Ozon dans lequel il jouait.
D'où ma présence à la première séance du Pathé Wépler en ce mercredi 14 mars dans une salle bondée.
Cloclo est une biographie de Claude François, de sa naissance à sa mort.
C’est donc interminable et je me suis retenue d’aller aux toilettes pendant la dernière heure, dans le seul but de vous contenter, chers lecteurs.
Je vous épargne la vie de Claude François : sa misérable enfance en Egypte auprès d’un père mort sans avoir pu être fier de son fils, son amour pour sa «mamma», ses débuts comme batteur, ses histoires de coeur de la brune perdue aux blondes pas gagnées, son amitié avec Paul Lederman (Benoît Magîmel dans une mauvaise imitation d’Enrico Maccias) parce qu’il fait beau et que vous la connaissez déjà.
J’en viens donc à l’essentiel : mon avis.
Jérémie Rénier est fabuleux : il danse bien, sue bien, pleure bien, est parfait en jaloux maladif, en mégalomane flamboyant, en tombeur de ces drames, en maître de tout ce qui l’entoure sauf de lui.Même obcsession du détail que moi, même jalousie, même narcissisme, même quête du père dans chacune de ses conquêtes, même mèche aussi tiens.
Jérémie Rénier sauve 2 heures 28 de: Je t’aime-je suis jaloux-je te contrôle-tu ne veux pas-je te quitte-j’écris une nouvelle chanson-je suis encore plus une star multiplié par 233. C’est en tous cas l’impression que j’ai eu tellement j’avais envie d’aller aux toilettes.
Mais j’ai battu le rythme à chacune des chansons, eu envie de danser avec les clodettes, j’ai pleuré avec lui chacune de ses ruptures, les miennes ont été les mêmes
Pourtant, à sa mort j’étais heureuse : enfin les toilettes.
Cloclo m'a tellement marquée que je vais prendre un bain.
Pardon papa, pardon maman.
Au cinéma depuis le 14 mars 2012
Chez nous c'était Brel, Gainsbourg, Ferré , Renaud et Le jeu des mille francs.
Dalida, Sardou Johnny, TF1 et Cloclo, c’était pour les clodos.
La première fois que j’ai entendu Claude François, c’était à une surboum : J’ai alors pensé qu’il était un chanteur pour les cool puisqu’il faisait danser tout le monde. Moi qui n’aimais que lire et parler parce que j'étais moche, j’ai continué à ne pas l’aimer.
A cette époque, j'avais des lunettes un appareil et je pesais 45 kg pour 2m13 : j'avais de fait eu 20/20 en dissertation en recopiant toutes les paroles du mal aimé, jamais des oui dans la marge ne m'ont autant faite jubiler.
Et oui, j’ai eu moi aussi 17 ans.
Puis Cloclo est réapparu dans ma vie de manière moins dansante : c'était lors de ma première année d'enseignante. La leçon portait sur Clovis et je me souviens avoir dicté à mes élèves : "Clovis, dit Cloclo". Sur les contrôles de mes trente élèves, Clovis n'était plus un roi mérovingien mais Cloclo, ça n'a pas plu aux parents mais je sais aujourd'hui qu'aucun roi n'aura plus marqué ces élèves de CM1 C.
J'aime Jérémie Renier, fan des frères Dardenne, j'ai suivi toute sa carrière, jusqu'à aimer Potiche, de François Ozon dans lequel il jouait.
D'où ma présence à la première séance du Pathé Wépler en ce mercredi 14 mars dans une salle bondée.
Cloclo est une biographie de Claude François, de sa naissance à sa mort.
C’est donc interminable et je me suis retenue d’aller aux toilettes pendant la dernière heure, dans le seul but de vous contenter, chers lecteurs.
Je vous épargne la vie de Claude François : sa misérable enfance en Egypte auprès d’un père mort sans avoir pu être fier de son fils, son amour pour sa «mamma», ses débuts comme batteur, ses histoires de coeur de la brune perdue aux blondes pas gagnées, son amitié avec Paul Lederman (Benoît Magîmel dans une mauvaise imitation d’Enrico Maccias) parce qu’il fait beau et que vous la connaissez déjà.
J’en viens donc à l’essentiel : mon avis.
Jérémie Rénier est fabuleux : il danse bien, sue bien, pleure bien, est parfait en jaloux maladif, en mégalomane flamboyant, en tombeur de ces drames, en maître de tout ce qui l’entoure sauf de lui.Même obcsession du détail que moi, même jalousie, même narcissisme, même quête du père dans chacune de ses conquêtes, même mèche aussi tiens.
Jérémie Rénier sauve 2 heures 28 de: Je t’aime-je suis jaloux-je te contrôle-tu ne veux pas-je te quitte-j’écris une nouvelle chanson-je suis encore plus une star multiplié par 233. C’est en tous cas l’impression que j’ai eu tellement j’avais envie d’aller aux toilettes.
Mais j’ai battu le rythme à chacune des chansons, eu envie de danser avec les clodettes, j’ai pleuré avec lui chacune de ses ruptures, les miennes ont été les mêmes
Pourtant, à sa mort j’étais heureuse : enfin les toilettes.
Cloclo m'a tellement marquée que je vais prendre un bain.
Pardon papa, pardon maman.
Au cinéma depuis le 14 mars 2012
vendredi 2 mars 2012
Le skylab
Je n’aime pas Julie Delpy même si ses films m’ont toujours été agréables.
Je n’aime pas Julie Delpy parce qu’elle a une tête de végétarienne, alter-mondialiste, une tête à manger du tofu, vêtue d’un sarouel sur le canal saint-Martin.
J’ai donc attendu d’être bien malade pour voir Le skylab.
Ca se passe en 1979 (cette information est la plus fondamentale de tout mon article puisqu’en 1979, je naquis) en Bretagne et plein de gens se réunissent dans une grande maison pour l’anniversaire d’une vioque. Le scénario français de base. A l’image de Nos jours heureux que j’avais bien aimé.
Donc Anna (Julie Delpy) joue son propre rôle de bobo (bohème-bouffie) et elle y excelle : elle est artiste de rue, bassine sa fille de 11 ans avec des films intellos allemands, est féministe et trotskiste et aime Barbara. Je valide ce dernier point.
Son mari, c’est Jean (Eric Elmosino) : un mélange de Carlos en maigre, d’Antoine et de Philippe Gelluck. Il est sympa mais artiste de rue.
C’est un vieux bobo dégueulasse mais il connaît Les anarchistes, de Léo Ferré, ça rattrape.
Autour d’eux plein de caricatures attachantes dont Monique(Noémie Lvosky), la femme aux gros seins qui chante du Dalida, Tante Linette (Aure Atika) en chignon, pas du tout crédible.
Les autres adultes importent peu tant les enfants leur volent la vedette. Albertine est la fille de Marie et Jean, elle est grassouillette et tombe amoureuse d’un beau gosse de 13 ans, elle sait déjà qu’il existe de catégories de journaux : Le monde et d’autre part «Les conneries de droite».
Normal, quand les belles vivent, les moches, elles, savent.
En bien sûr, il y a Christian (Vincent Lacoste) : A 17 ans, il se plaint d’être encore assis à la table des enfants, il fume et boit en cachette, emballe des filles du village qu’il appelle les pupuces (pucelles), il danse, il est beau, drôle et heureusement que j’ai vu ce film après JC comme Jésus Christ car je le re-aime Vincent Lacoste.
Et même si je suis carnivore et capitaliste, j'ai aimé le skylab.
En DVD depuis le 8 février 2012
Je n’aime pas Julie Delpy parce qu’elle a une tête de végétarienne, alter-mondialiste, une tête à manger du tofu, vêtue d’un sarouel sur le canal saint-Martin.
J’ai donc attendu d’être bien malade pour voir Le skylab.
Ca se passe en 1979 (cette information est la plus fondamentale de tout mon article puisqu’en 1979, je naquis) en Bretagne et plein de gens se réunissent dans une grande maison pour l’anniversaire d’une vioque. Le scénario français de base. A l’image de Nos jours heureux que j’avais bien aimé.
Donc Anna (Julie Delpy) joue son propre rôle de bobo (bohème-bouffie) et elle y excelle : elle est artiste de rue, bassine sa fille de 11 ans avec des films intellos allemands, est féministe et trotskiste et aime Barbara. Je valide ce dernier point.
Son mari, c’est Jean (Eric Elmosino) : un mélange de Carlos en maigre, d’Antoine et de Philippe Gelluck. Il est sympa mais artiste de rue.
C’est un vieux bobo dégueulasse mais il connaît Les anarchistes, de Léo Ferré, ça rattrape.
Autour d’eux plein de caricatures attachantes dont Monique(Noémie Lvosky), la femme aux gros seins qui chante du Dalida, Tante Linette (Aure Atika) en chignon, pas du tout crédible.
Les autres adultes importent peu tant les enfants leur volent la vedette. Albertine est la fille de Marie et Jean, elle est grassouillette et tombe amoureuse d’un beau gosse de 13 ans, elle sait déjà qu’il existe de catégories de journaux : Le monde et d’autre part «Les conneries de droite».
Normal, quand les belles vivent, les moches, elles, savent.
En bien sûr, il y a Christian (Vincent Lacoste) : A 17 ans, il se plaint d’être encore assis à la table des enfants, il fume et boit en cachette, emballe des filles du village qu’il appelle les pupuces (pucelles), il danse, il est beau, drôle et heureusement que j’ai vu ce film après JC comme Jésus Christ car je le re-aime Vincent Lacoste.
Et même si je suis carnivore et capitaliste, j'ai aimé le skylab.
En DVD depuis le 8 février 2012
vendredi 17 février 2012
La vie d'une autre
Encore une actrice à la réalisation, Mathieu Kassovitz qui encule le cinéma français et tout à la fois joue dans le "film" DE Sylvie Testud, Juliette Binoche avec du gloss et une bande annonce qui ressemble à la promotion du dernier Nous deux.
Autant de raisons pour lesquelles je ne comptais pas aller voir La vie d'une autre mais la queue était bien trop grosse devant «La dame de fer».
Le film commence comme un épisode de Sous le Soleil, même qu’il y a Blondine, souvenez-vous, c’était la mère de Laure.
Sauf qu’ici, Blondine n’est pas Blondine : c’est la riche mère de Paul Speranski ( Mathieu Kassovitz, endimanché).
C’est l’été, en bord de mer, tout le monde est riche et beau, sauf Marie (Juliette Binoche) qui elle, est seulement belle.
Paul dessine Marie sur la plage et on devine qu’ils vont s’aimer pour l'éternitude comme dans un roman de Marc Lévy.
Sauf que Marie se réveille un matin dans un superbe appartement parisien et qu’elle a tout oublié.
Tout : son mariage, son enfant, sa situation, son permis de conduire, les vélibs, les euros, son arrêt de la cigarette. Elle se réveille à 40 ans avec les souvenirs d’une jeune fille de vingt cinq ans.
Ouais je sais, on dirait une chanson d'Elsa.
Ainsi, au début, ne m'y suis-je laissée berner, je me disais : «Elle bluffe Marie», je voulais pas croire à une histoire si AB Prod’.
Et pourtant.
Marie est devenue Marie Speranski : elle est pétée de tunes, a un fils et un mari qui à priori n’encule plus que le cinéma français tant d'elle, il s’est éloigné.
Au fil de l’histoire, elle apprend qu’elle a un amant, que c’est elle qui avait demandé le divorce, que tellement elle est riche, elle en devenait dédaigneuse.
C’est drôle, au début du film, sur la plage, Marie lit Albertine disparue, de Marcel Proust, un joli clin d’oeil de Sylvie Testud puisque La vie d’une autre est sur le temps retrouvé, mais aussi et surtout le tant retrouvé.
Tant d’amour, tant de vie.
Le temps perdu se retrouve t-il? Allez voir le film, je vous jure qu’il y a la réponse.
J’ai treize ans et demi aujourd’hui parce que moi, quand je lis ces paroles de Barbara : "Tout le temps qui passe ne se rattrape guère, tout le temps perdu ne se rattrape plus", et bien je ne la crois pas.
Au cinéma depuis le 15 février
mercredi 8 février 2012
Elles
J’aime bien les films sur les putes. Sans doute parce que ma vie est un bordel.
Elles raconte l’histoire d’Anne,(superbe Juliette Binoche) journaliste dans un grand magazine féminin pour lequel elle doit enquêter sur les étudiantes prostituées.
Charlotte (Anaïs Demoustier) est l’une d’entre elles : elle est jeune et pour échapper à un destin pull en acrylique, meubles Conforama, elle offre son corps et pas son nom.
Car pour ses clients, elle est Lola.
Lola est une jeune fille en fleurs avec des taches de rousseur, elle est rieuse, d’un client peut tomber amoureuse et a des limites : certes sans préservatif elle suce, mais elle n’accepte point les bouteilles dans l’anus.
L’autre, c’est Alicja (Joanna Kullig) : elle est blonde et polonaise, et pour ne plus à avoir sortir avec un arabe de cité (le délicieux Ali Marhyar, déjà très touchant dans J’aime regarder les filles), se fait pisser dessus par des hommes riches.
Parce qu’elle a très soif d’argent.
Alicja est bien plus une caricature que Charlotte, de celles qu’on voit dans «Zone interdite» sur M6.
Alicja est l'étoile en moins du film.
Mais qu’importe après tout, puisque c’est une fille de l’est.
C’est un bémol évident ce parti prix de la réalisatrice Malgorzata Szumowska, elle même polonaise. Comme si l’origine déterminait le degré de pauvreté et de perdition.
Alicja, en effet, vit mal son métier, est incapable de savoir si c’est elle qui "a le pouvoir" ou pas, tout ce qui l’anime c’est l’excitation qu’elle peut susciter chez le mâle, elle parle peu mais elle danse et quand ce n’est pas dans la pisse, c’est dans la vodka qu’elle noie ses origines qui la condamnent.
Anne la journaliste est quant à elle, mariée à Patrick (Louis-Dominique De Lencquesaing, qui, drôle de clin d’oeil, était un client assidu des filles de l’Apollonide) : il travaille comme un porc, accuse sa femme de l’échec scolaire de son fils, lui demande de ne pas tenir de propos féministe quand elle invite son patron, regarde du porno sur son Mac, désire sa femme seulement quand elle est sur-maquillée et sur-décolletée.
Patrick est LE mari.
Au fil de son enquête, Anne est troublée par sa propre condition, incapable de quitter son confort bourgeois malgré sa prise de conscience toujours plus grande et plus justifiée au fil du film qu'elle aussi est une pute.
Anne mange des concombres au yaourt et fait de la gym devant la télé pour que Patrick n’ait de pute que sa femme.
Les femmes sont toutes des putes, qu’elles soient dépendantes d’un mari, d’une fortune, d’une famille, d’une situation ou de leur corps.
C’est le constat de Malgorzata Szumowska mais ce n’est pas le mien parce que j’ai du talent.
Au cinéma depuis le 1er février 2012
Elles raconte l’histoire d’Anne,(superbe Juliette Binoche) journaliste dans un grand magazine féminin pour lequel elle doit enquêter sur les étudiantes prostituées.
Charlotte (Anaïs Demoustier) est l’une d’entre elles : elle est jeune et pour échapper à un destin pull en acrylique, meubles Conforama, elle offre son corps et pas son nom.
Car pour ses clients, elle est Lola.
Lola est une jeune fille en fleurs avec des taches de rousseur, elle est rieuse, d’un client peut tomber amoureuse et a des limites : certes sans préservatif elle suce, mais elle n’accepte point les bouteilles dans l’anus.
L’autre, c’est Alicja (Joanna Kullig) : elle est blonde et polonaise, et pour ne plus à avoir sortir avec un arabe de cité (le délicieux Ali Marhyar, déjà très touchant dans J’aime regarder les filles), se fait pisser dessus par des hommes riches.
Parce qu’elle a très soif d’argent.
Alicja est bien plus une caricature que Charlotte, de celles qu’on voit dans «Zone interdite» sur M6.
Alicja est l'étoile en moins du film.
Mais qu’importe après tout, puisque c’est une fille de l’est.
C’est un bémol évident ce parti prix de la réalisatrice Malgorzata Szumowska, elle même polonaise. Comme si l’origine déterminait le degré de pauvreté et de perdition.
Alicja, en effet, vit mal son métier, est incapable de savoir si c’est elle qui "a le pouvoir" ou pas, tout ce qui l’anime c’est l’excitation qu’elle peut susciter chez le mâle, elle parle peu mais elle danse et quand ce n’est pas dans la pisse, c’est dans la vodka qu’elle noie ses origines qui la condamnent.
Anne la journaliste est quant à elle, mariée à Patrick (Louis-Dominique De Lencquesaing, qui, drôle de clin d’oeil, était un client assidu des filles de l’Apollonide) : il travaille comme un porc, accuse sa femme de l’échec scolaire de son fils, lui demande de ne pas tenir de propos féministe quand elle invite son patron, regarde du porno sur son Mac, désire sa femme seulement quand elle est sur-maquillée et sur-décolletée.
Patrick est LE mari.
Au fil de son enquête, Anne est troublée par sa propre condition, incapable de quitter son confort bourgeois malgré sa prise de conscience toujours plus grande et plus justifiée au fil du film qu'elle aussi est une pute.
Anne mange des concombres au yaourt et fait de la gym devant la télé pour que Patrick n’ait de pute que sa femme.
Les femmes sont toutes des putes, qu’elles soient dépendantes d’un mari, d’une fortune, d’une famille, d’une situation ou de leur corps.
C’est le constat de Malgorzata Szumowska mais ce n’est pas le mien parce que j’ai du talent.
Au cinéma depuis le 1er février 2012
mercredi 1 février 2012
Detachment
Detachment, c’est Entre les murs de François Bégaudeau version américaine, supplément Dangerous minds.
Le prof, déjà, c'est Adrien Brody : son costard méga repassé, veston, chemise blanche et a du pento dans les cheveux quand François Bégaudeau était sponsorisé par Quesha et la Camif.
D’ailleurs, il ne s’appelle pas Bégaudeau mais Barthes. Commes Roland, madame. Et pas François mais Henry. Comme Henry Miller.
Il représente grave Henry Barthes.
Je suis allée voir ce film parce que savais qu’il parlait de moi et pas seulement parce qu’Henry Barthes représente grave.
Henry Barthes est professeur remplaçant parce que tu comprends, il a vécu des trucs durs dans son enfance, donc ça l’a perturbé, donc il est incapable d'engagement à long terme. Je suis quant à moi enseignate remplaçante parce que j’ai moins de boulot j’avoue : je suis donc la version française donc réaliste d’Henry Barthes.
Henry Barthes est stylé et quand il marche dans les couloirs de son collège, on dirait qu’il présente la dernière collection Kenzo.
Comme moi, version H&M, toujours à cause du réalisme petit budget du cinémoi français. Henry Barthes n’a pas peur de parler aux élèves comme à ses égaux, il craint dégun, même pas de se faire traiter de «dickhead».
Moi c’est pareil, je suis courageuse, un élève m’a déjà traitée de Lady Gaga et j’ai même pas eu peur.
Henry Barthes, comme moi, n'a pas besoin de préparer la classe tant il l'a déjà. Il adore Edgar Poe, pas Marc Lévy.
Henry Barthes est remplaçant dans un lycée dans lequel les professeurs se font cracher dessus et se suicident trois fois par jour.
Moi aussi un jour un élève m’a agressée, je me souviens; il m’a demandé si je ne venais pas de Neuilly sur Seine.
Henry Barthes a du coeur, il sauve une adolescente de la prostitution, la recueille chez lui et lui donne du love, il est comme ça Henry.
Detachment est un constat intéressant sur l’inutilité de notre travail, les limites de l’enseignement et l’impossibilité du détachement face à la misère ambiante.
Me voila de fait dans le pétrin : avant d’avoir vu l’Apollonide, je voulais devenir péripatéticienne jusqu’à ce que je comprenne qu’en fait, c’était sale et Detachment me confirme qu’enseigner, ça craint.
Qui m’embauche?
Au cinéma depuis le 1er février 2012

Le prof, déjà, c'est Adrien Brody : son costard méga repassé, veston, chemise blanche et a du pento dans les cheveux quand François Bégaudeau était sponsorisé par Quesha et la Camif.
D’ailleurs, il ne s’appelle pas Bégaudeau mais Barthes. Commes Roland, madame. Et pas François mais Henry. Comme Henry Miller.
Il représente grave Henry Barthes.
Je suis allée voir ce film parce que savais qu’il parlait de moi et pas seulement parce qu’Henry Barthes représente grave.
Henry Barthes est professeur remplaçant parce que tu comprends, il a vécu des trucs durs dans son enfance, donc ça l’a perturbé, donc il est incapable d'engagement à long terme. Je suis quant à moi enseignate remplaçante parce que j’ai moins de boulot j’avoue : je suis donc la version française donc réaliste d’Henry Barthes.
Henry Barthes est stylé et quand il marche dans les couloirs de son collège, on dirait qu’il présente la dernière collection Kenzo.
Comme moi, version H&M, toujours à cause du réalisme petit budget du cinémoi français. Henry Barthes n’a pas peur de parler aux élèves comme à ses égaux, il craint dégun, même pas de se faire traiter de «dickhead».
Moi c’est pareil, je suis courageuse, un élève m’a déjà traitée de Lady Gaga et j’ai même pas eu peur.
Henry Barthes, comme moi, n'a pas besoin de préparer la classe tant il l'a déjà. Il adore Edgar Poe, pas Marc Lévy.
Henry Barthes est remplaçant dans un lycée dans lequel les professeurs se font cracher dessus et se suicident trois fois par jour.
Moi aussi un jour un élève m’a agressée, je me souviens; il m’a demandé si je ne venais pas de Neuilly sur Seine.
Henry Barthes a du coeur, il sauve une adolescente de la prostitution, la recueille chez lui et lui donne du love, il est comme ça Henry.
Detachment est un constat intéressant sur l’inutilité de notre travail, les limites de l’enseignement et l’impossibilité du détachement face à la misère ambiante.
Me voila de fait dans le pétrin : avant d’avoir vu l’Apollonide, je voulais devenir péripatéticienne jusqu’à ce que je comprenne qu’en fait, c’était sale et Detachment me confirme qu’enseigner, ça craint.
Qui m’embauche?
Au cinéma depuis le 1er février 2012

jeudi 26 janvier 2012
Melancholia
Le monde s’écroule mais le monde, c’est quoi? Juste une grosse boule qui roule sous nos pas.
Julien Baer
Justine (Kirsten Dunst) épouse Michael dans le somptueux manoir de pété de tunes et pragmatique John (Kiefer Sutherland), époux de sa soeur, la triste Claire (triste? Charlotte Gainsbourg, sans blague.)
Au fil des festivités que lui organise la très rationelle Claire, Justine sombre dans une profonde mélancolie et elle confie à sa mère (Charlotte Rampling en pleine caricature d’elle même) qu’elle a peur, ce à quoi, évidemment, la mère répond «Fuck off».
Normal les gars, Lars Von Trier, c’est trop un ouf.
Puis les scandales éclatent parce que Lars Von trier est trop un provocateur de la mort : Justine insulte son patron en lui disant que son agence de pub, c’est du vide (légère métaphore de l’Oeuvre du réalisateur en passant), faute avec un ex futur collègue et perd en une soirée son mari et le courage d’être heureuse.
Allégoriquement, le film aurait pu s’arrêter après le mariage qui signe déjà la fin d’un monde : celui de Justine.
Mais le mystère ne planerait pas autant autour de Lars Von Trier si ce dernier était bon et concis.
Justine sent la fin du monde venir, elle sait que la planète Mélacholia (comme c’est romantique ce nom, Lars), qui se rapporoche de plus en plus de la Terre, tous viendra les emporter, elle a le Shining Justine, elle a lu Stephen King et maté des films de Kubrick, sûr.
«La terre est mauvaise, inutile de se lamenter sur elle», dit-elle à Claire qui se désagrège au fil du drame.
Surtout si la lamentation dure plus de deux heures, Lars.
Quand une aurait suffi.
Melancholia est un film sur l’instinct de survie.
C’est un beau film, tout le monde m’avait dit : «Vois Melancholia, c’est un beau film.»
Wagner envoie du bon son aussi et le thème autant que la réalisation se défendent, contrairement à ceux d’"Antichrist» qui m’avait faite mourir de rire alors que ce n’était pas le propos.
Un film de l’instinct, donc. Dommage que ce soit aussi un film de l’instant.
Alors comment ne pas finir sur un autre philosophe que Lars, le non moins grand Joe Dassin :
Si tu t’appelles Mélancholia, on est fait pour l’oublier ensemble.
EN DVD depuis le 3 janvier 2012
Julien Baer
Justine (Kirsten Dunst) épouse Michael dans le somptueux manoir de pété de tunes et pragmatique John (Kiefer Sutherland), époux de sa soeur, la triste Claire (triste? Charlotte Gainsbourg, sans blague.)
Au fil des festivités que lui organise la très rationelle Claire, Justine sombre dans une profonde mélancolie et elle confie à sa mère (Charlotte Rampling en pleine caricature d’elle même) qu’elle a peur, ce à quoi, évidemment, la mère répond «Fuck off».
Normal les gars, Lars Von Trier, c’est trop un ouf.
Puis les scandales éclatent parce que Lars Von trier est trop un provocateur de la mort : Justine insulte son patron en lui disant que son agence de pub, c’est du vide (légère métaphore de l’Oeuvre du réalisateur en passant), faute avec un ex futur collègue et perd en une soirée son mari et le courage d’être heureuse.
Allégoriquement, le film aurait pu s’arrêter après le mariage qui signe déjà la fin d’un monde : celui de Justine.
Mais le mystère ne planerait pas autant autour de Lars Von Trier si ce dernier était bon et concis.
Justine sent la fin du monde venir, elle sait que la planète Mélacholia (comme c’est romantique ce nom, Lars), qui se rapporoche de plus en plus de la Terre, tous viendra les emporter, elle a le Shining Justine, elle a lu Stephen King et maté des films de Kubrick, sûr.
«La terre est mauvaise, inutile de se lamenter sur elle», dit-elle à Claire qui se désagrège au fil du drame.
Surtout si la lamentation dure plus de deux heures, Lars.
Quand une aurait suffi.
Melancholia est un film sur l’instinct de survie.
C’est un beau film, tout le monde m’avait dit : «Vois Melancholia, c’est un beau film.»
Wagner envoie du bon son aussi et le thème autant que la réalisation se défendent, contrairement à ceux d’"Antichrist» qui m’avait faite mourir de rire alors que ce n’était pas le propos.
Un film de l’instinct, donc. Dommage que ce soit aussi un film de l’instant.
Alors comment ne pas finir sur un autre philosophe que Lars, le non moins grand Joe Dassin :
Si tu t’appelles Mélancholia, on est fait pour l’oublier ensemble.
EN DVD depuis le 3 janvier 2012
mardi 24 janvier 2012
Parlez-moi de vous
D’accord, je vais vous parler de moi, cela tombe bien : c’est le seul domaine où j’ai de vagues connaissances.
Vous vous étonnez sans doute de trouver parmi les films critiqués ici une grande majorité de films français. Rassurez-vous : ce n’est pas mon nationalisme qui est en cause, j’ai subi une opération de la myopie il y a un mois et les sous-titres m’apparaissent encore flous mais il faudra que je vous fasse part tout de même de mon avis sur «Shame», «A dangerous method».
«Edgar J» ne mérite quant à lui aucun mot si ce n’est ce dernier : monstrueux.
Je vous parle de moi encore un peu avant d’en venir au titre, qui hélas, est celui d’un film (j’aurais bien parlé de moi encore beaucoup) :
Je suis la conseillère es couples de toutes mes copines, une sorte de tata Christine toujours au courant de l’infidélité de l’un, du mensonge de l’autre, toujours prompte à recommander tel style d’épilation. Aussi, quand j’ai lu le scénario de «Parlez-moi de vous» et que j’ai cru vaguement comprendre que Nicolas Duvauchelle avait envie de pécho Karin Viard, je me suis fait un devoir d’aller voir ce film pour comprendre comment cela était possible et pour dire à mes copines que si Viard pouvait se taper Duvauchelle, alors tout était possible.
«Parlez-moi de vous» est un film sur l’abandon.
Karin Viard, allias Claire le jour et Mélina le soir est une sorte de Bree Van de Kamp solitaire, elle collectionne les paires de Louboutin dont une paire lui fait office de chaussons, elle est psycho-rigide, très riche et sans ami : en apparence : une caricature.Le soir, elle est la Macha Béranger de Radio France, son émission cartonne, elle déchire sa mère.
Quoique.
Au fil du film on découvre qu’elle a été abandonnée enfant, placée chez les bonnes soeurs et elle apprend avec nous l’existence de sa mère Joëlle et de sa famille, en banlieue.
Horreur.
Elle tente d’entrer dans la vie de gens qui lui sont opposés tant par le milieu social (la grande couronne, tout de même) que par les liens, soudés, qu’ils semblent afficher.
Et Lucas (Nicolas Duvauchelle) apparaît, il est le beau petit-fils de la mère sponsorisée par le motif léopard de Claire et tombe amoureux de Claire parce qu’ (prenez des notes les filles) elle est froide, solitaire, riche et coincée et qu’elle se targue d’un mépris de surface à l’égard du beau Lucas. Ah oui, et parce qu’elle souffre aussi. Mais nous ne sommes pas dupes, nous avons bien compris que Lucas rêve de s’amouracher d’une «cougar» pétée de tunes, lui le fils de prolétaires avide de gloire. Car ouais, vous comprenez, c'est un artiste du quotidien : un photographe qui a pour modèles des inconnus pauvres et banlieusards. Quel écorché vif ce Lucas.
Au delà de l’histoire d’amour à peine ébauchée à laquelle il ne m’est pas possible de croire (désolée les filles!, j’ai versé ma larmichette devant cette femme en quête d’amour maternel.
Et il n’y a aucune morale dans ce film car il nous permet cette question :
«Est-on obligé d’aimer sa famille?»
Le film nous donne des réponses, moi j’en ai une.
Et vous?
Sortie cinéma : 11 janvier 2012
Vous vous étonnez sans doute de trouver parmi les films critiqués ici une grande majorité de films français. Rassurez-vous : ce n’est pas mon nationalisme qui est en cause, j’ai subi une opération de la myopie il y a un mois et les sous-titres m’apparaissent encore flous mais il faudra que je vous fasse part tout de même de mon avis sur «Shame», «A dangerous method».
«Edgar J» ne mérite quant à lui aucun mot si ce n’est ce dernier : monstrueux.
Je vous parle de moi encore un peu avant d’en venir au titre, qui hélas, est celui d’un film (j’aurais bien parlé de moi encore beaucoup) :
Je suis la conseillère es couples de toutes mes copines, une sorte de tata Christine toujours au courant de l’infidélité de l’un, du mensonge de l’autre, toujours prompte à recommander tel style d’épilation. Aussi, quand j’ai lu le scénario de «Parlez-moi de vous» et que j’ai cru vaguement comprendre que Nicolas Duvauchelle avait envie de pécho Karin Viard, je me suis fait un devoir d’aller voir ce film pour comprendre comment cela était possible et pour dire à mes copines que si Viard pouvait se taper Duvauchelle, alors tout était possible.
«Parlez-moi de vous» est un film sur l’abandon.
Karin Viard, allias Claire le jour et Mélina le soir est une sorte de Bree Van de Kamp solitaire, elle collectionne les paires de Louboutin dont une paire lui fait office de chaussons, elle est psycho-rigide, très riche et sans ami : en apparence : une caricature.Le soir, elle est la Macha Béranger de Radio France, son émission cartonne, elle déchire sa mère.
Quoique.
Au fil du film on découvre qu’elle a été abandonnée enfant, placée chez les bonnes soeurs et elle apprend avec nous l’existence de sa mère Joëlle et de sa famille, en banlieue.
Horreur.
Elle tente d’entrer dans la vie de gens qui lui sont opposés tant par le milieu social (la grande couronne, tout de même) que par les liens, soudés, qu’ils semblent afficher.
Et Lucas (Nicolas Duvauchelle) apparaît, il est le beau petit-fils de la mère sponsorisée par le motif léopard de Claire et tombe amoureux de Claire parce qu’ (prenez des notes les filles) elle est froide, solitaire, riche et coincée et qu’elle se targue d’un mépris de surface à l’égard du beau Lucas. Ah oui, et parce qu’elle souffre aussi. Mais nous ne sommes pas dupes, nous avons bien compris que Lucas rêve de s’amouracher d’une «cougar» pétée de tunes, lui le fils de prolétaires avide de gloire. Car ouais, vous comprenez, c'est un artiste du quotidien : un photographe qui a pour modèles des inconnus pauvres et banlieusards. Quel écorché vif ce Lucas.
Au delà de l’histoire d’amour à peine ébauchée à laquelle il ne m’est pas possible de croire (désolée les filles!, j’ai versé ma larmichette devant cette femme en quête d’amour maternel.
Et il n’y a aucune morale dans ce film car il nous permet cette question :
«Est-on obligé d’aimer sa famille?»
Le film nous donne des réponses, moi j’en ai une.
Et vous?
Sortie cinéma : 11 janvier 2012
lundi 23 janvier 2012
De bon matin
Souvent, quand je sors d’un film américain qui avait pour héros une bonnasse de mec au sourire tonyglandyl et aux muscles Habitat et que ce dernier m’a laissée une bonne impression, je me demande si, avec Gérard Jugnot comme héros, ce même film m’aurait plu.
Il n’y a pas de musique dans «De bon matin» est les initiales de Jean-Pierre Daroussin sont JPD. Pourtant, je mets 3 M à «de bon matin».
1er M : Quand Jean-Pierre Daroussin mange des céréales dans une tasse en caleçon robe, ni je suis dégoûtée, ni je m’enfile un Xanax.
2er M : J’ai tiré de ce film une leçon qui va simplifier ma vie : il ne faut pas s’investir dans son travail. Je suis enseignante, demain nous regarderons secret story 24h/24 avec mes élèves.
3ème M : Malgré la monté de la violence et de l’injustice, je ne m’attendais pas du tout à cette fin.
Un film américain, on en veut encore, ce film là, il nous prend au corps.
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